ARC, Actualité /16 06 10/ ©

Economie d’énergie :

le colloque des 1er et 2 juillet ne sera pas de trop

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Un article du Nouvel Observateur de la semaine dernière montre à quel point la rénovation énergétique des copropriétés s’annonce difficile (tout en restant indispensable).

Raison de plus de venir au colloque des 1er et 2 juillet (voir www.planetecopropriete.com)  où nous montrerons non seulement qu’il existe des solutions, mais aussi des démarches efficaces pour contourner les obstacles bien connus.

 

Voici l’article.

 

« Ma copro consomme

 

« Malgré la bonne volonté de la Ville, ce seront bien les  copropriétaires qui mettront Paris à l'heure écolo. Et il y a du boulot !

I.                  Des votes difficiles

La prochaine assemblée générale de l'immeuble du 81, rue Pascal (13è), barre chic de la fin des années 1960 à la façade totalement vitrée, se tiendra au mois de juin. Grand jour pour Hervé de Chastenet. Cet architecte, propriétaire et membre du conseil syndical, œuvre depuis un  an pour convaincre ses voisins de voter des travaux d’économies d’énergie. Le bâtiment consomme 220 kWn/m2/an. Soit un peu moins que la moyenne parisienne (247 kWh/m2/an) mais beaucoup trop au regard des objectifs fixés par le Plan Climat de Paris (80 kWh/ m2/an). Sans parler des lourdes factures de chauffage, eau chaude et électricité.

Cette année, l'architecte doit faire admettre aux copropriétaires, même aux retraités, qu'ils ont intérêt à vivre à 19 °C au lieu des 23 °C de coutume. Jouable.

Mais qu'il serait bon aussi de poser des robinets thermostatiques sur chaque radiateur, ce qui coûtera 530 euros par logement... Ce n'est rien par rapport à ce qui pourrait suivre : isolations (parking, cave, pignon : 750 euros), pose d'une ventilation mécanique (1 900 euros), remplacement des baies vitrées (8 700 euros).

Hervé de Chastenet est sans illusion : « Pour les fenêtres, je n'y crois pas trop. Elles ont été changées il y a dix ans. Les ponts thermiques, points de déperdition de chaleur, n'ont pas été supprimés mais l'opération a laissé un souvenir financièrement difficile. »

Pas simple de mettre son immeuble à l'heure écolo ! La rénovation du parc privé, ancien comme moderne, représente l'enjeu essentiel de la chasse aux déperditions énergétiques. Mais, entre les réticences des voisins, l'indifférence des syndics et le rythme annuel des assemblées générales, tout, dans le fonctionnement des copros, fait obstacle à ces travaux. Changer les fenêtres ou refaire l'isolation de la toiture, priorités dans l'haussmannien, n'est jamais urgent Ni très intéressant quand on sait que le retour sur investissement, avec ou sans aides de l'Etat, n'aura pas lieu avant une bonne décennie. « Dans un immeuble du 19e, tous sont partants sauf la principale propriétaire, qui détient 66 % des lots, qu'elle loue,  raconte Emilie Rosé, conseillère dans un Espace Info Energie, passage obligé pour les motivés. Du coup, rien ne peut se faire ».

II.              L’assistance aux copropriétés

Pour surmonter ces difficultés, et atteindre l'objectif fixé par le Plan Climat -100 000 immeubles de logements privés réhabilités d'ici à 2050 -, Ville, Région et Ademe (l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Ener­gie) jouent l'incitation. Le programme Copropriétés : Objectif Climat ! (COC), lancé fin 2008, offre par exemple le coaching d'un conseiller Info Energie et finance 70 % de l'audit énergétique (entre 4 000 et 10 000 euros).

Par le biais de l'Anah (Agence Nationale de l'Habitat), la Ville donne aussi un coup de pouce aux copropriétaires modestes et aux propriétaires bailleurs, habituellement les plus réticents à sortir le chéquier. Et ce n'est pas tout : pour gagner du temps, elle prend en charge, depuis novembre dernier, la totalité de l'audit énergétique sur les parcelles les plus énergivores du 13e, bâties entre 1940 et 1981.

Une Opération programmée Amélioration thermique et énergétique des Bâtiments (OPATB) novatrice, qui pourrait être rééditée ultérieurement autour de la place de la République. Les résultats ? Longs à venir.

Dans le cadre de l'OPATB, 28 diagnostics sont réalisés ou en cours. Et sur les 480 copropriétés qui ont pris contact avec le dispositif COC, un petit tiers s'est engagé dans l'audit et 14 seulement ont voté des interventions. Souvent modestes d'ailleurs. « Si on dit aux gens ; que pour passer de 200 kWh à 80 kWh, il faut débourser 5 000 euros au minimum par logement, personne ne suivra », justifie Jean-Baptiste Martin, chef du service du Logement et  de financement à la Ville.  Aux Buttes-Chaumont (I9e) ; dans un immeuble de briques années 1920, les habitants se sont contentés de changer le régulateur et le programmateur de la chaudière.

Ailleurs, des copropriétaires architectes, ingénieurs, souvent retraités, greffent des propositions écolos sur des travaux obligatoires.

Un ravalement ? Un problème d'étanchéité  de toiture ? Une chaudière au fuel en rade.

Autant de prétextes à isolation ou à raccordement au chauffage urbain parisien (CPCU), assuré à 47 % par la valorisation des déchets.

Dans leur immeuble cossu de la rue Jean-Baptiste Pigalle (9é), Franck Toubiana, entrepreneur, et Jean-Michel Boris,  retraité de l’Olympia, ont rebondi après un incendie et après l'audit de sécurité qui a suivi pour basculer dans l'énergétiquement correct Le bouchage des courettes techniques, la pose d'une ventilation mécanique, le changement des fenêtres sont en cours. Ils espèrent aussi pouvoir, un jour, se chauffer à la géothermie.

Mais en fin de parcours.  Car en toute cohérence, « on commence par réduire ses besoins, après seulement on produit des énergies renouvelables », conseille Emilie Rosé. La cerise sur le gâteau.

 

Morgane Bertrand ».

 

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