ARC Actualité (17 09 03 ) ©


La concertation sur certains articles de la loi
" Un logement pour tous " a démarré


 


1- Gilles de Robien, comme il l'avait annoncé, prépare une nouvelle loi sur le logement baptisée " Le logement pour tous ".

2- Le 4 septembre, le directeur de la qualité du Ministère du Logement a convoqué une trentaine d'organisations nationales (dont l'ARC) pour recueillir leurs observations sur certains articles de ce projet.

3- Ces articles concernent les points suivants :

a. Le comptage de l'eau froide

- obligation de prévoir des installations de comptage de l'eau froide dans les immeubles neufs
- correction du texte de l'article 93 de la loi SRU pour le rendre plus clair et plus facile à appliquer.

b. L'obligation de prévoir dans les zones exposées des systèmes de protection anti-sismiques

c. Les diagnostics obligatoires lors de la vente de logement

· Le projet concerne l'harmonisation et l'apport de précisions (voire d'innovations )relatives à la réalisation et à la délivrance des diagnostics en cas de vente, sur les aspects suivants :

- loi CARREZ (mesurage)
- amiante
- peinture au plomb
- état parasitaire
- installation gaz
- installation électrique ( NOUVEAU diagnostic qui serait rendu obligatoire par cette loi )

· Le projet de loi corrige certains délais de péremption de ces diagnostics (exemple : l'état parasitaire sera valable 6 mois et non plus 3 mois)
· Le projet de loi précise aussi (ce que nous souhaitions) qu'à défaut d'obligations législatives expresses les diagnostics ne concerneront QUE les parties privatives.

d. Le certificat de performance énergétique

· Le projet de loi prévoit par ailleurs que devra être joint le " certificat de performance énergétique " qui est prévu dans la directive européenne concernant la lutte contre " les gaz à effet de serre " (une autre loi sera cependant nécessaire pour définir ce qu'il y aura dans ce certificat…)

e. Le diagnostic des " vices apparents " pour les pavillons

· Pour les " pavillons ", le projet de loi prévoit l'obligation NOUVELLE de faire un diagnostic des vices apparents pouvant affecter la solidité de l'ouvrage (on peut s'interroger sur la réelle utilité de ce nouveau diagnostic).

f. Les compétences des " diagnostiqueurs "

· Le projet de loi prévoit en effet des dispositions ( renvoyées en grande partie à des décrets d'application) permettant de mieux encadrer et contrôler les " diagnostiqueurs ". Ainsi (par exemple) ne sera t- il plus possible à n'importe qui de faire des " états parasitaires " concernant la présence des termites….

 

 

4- Bien qu'il confirme et amplifient l'inflation des diagnostics en cas de vente (ce qui pour nous est très regrettable et en partie inutile) , le projet permet de mieux cantonner ceux-ci aux parties privatives, ce qui évitera au moins les dérives et abus que nous dénonçons sur " parties communes ".

Par ailleurs ce projet est satisfaisant en ce qu'il :

- confirme et précise les choix en matière de comptage de l'eau froide ou d'individualisation des abonnements d'eau ;
- pose la première pierre d'un dispositif permettant un meilleur contrôle des diagnostiqueurs ; en espérant que le futur dispositif sera meilleur que celui mis en place pour la recherche d'amiante, qui sera d'ailleurs peut être revu pour l'occasion (actuellement les diagnostiqueurs " amiante " peuvent se contenter d'un certificat de compétence délivré après une simple formation " certifiée " de deux jours!!).

5- Nous avons adressé au ministère une première réaction écrite pour mettre en évidence quelques insuffisances de ce projet, réaction que vous trouverez ci-dessous.

6- Enfin précisons que nous allons profité de ce projet pour demander au ministre de bien vouloir corriger la loi SRU sur trois points précis concernant la copropriété, DONC le logement, à savoir :

- le plan comptable
- Le carnet d'entretien
- L'adaptation des règlements de copropriété

Nous vous renvoyons pour plus de précision à ce courrier.


 

Monsieur le Directeur,


Pour faire suite à la réunion du 4 septembre courant que vous avez organisée à la Grande Arche et qui a concerné certains articles du projet de loi " un logement pour tous ", nous vous prions de bien vouloir trouver ci-dessous nos remarques :

1 - Compteurs d'eau froide

De même que pour l'eau chaude ce n'est pas seulement l'installation de compteurs qui devrait être obligatoire, mais l'utilisation de ces compteurs pour répartir la facture. Nous pensons donc préférable que le texte prévoit l'obligation d'une installation permettant le comptage ET de sur l'utilisation.

En effet, à défaut, risquent de se poser des problèmes pratiques dans les immeubles neufs :

- la facture d'eau des premiers occupants sera répartie aux millièmes, donc pèsera sur les derniers occupants au prorata de leur millième ;
- quand se prendra la décision d'utiliser les compteurs ? si la question n'est pas mise à l'ordre du jour de la première assemblée générale, comment cela se passera t-il ? etc.

 

Nous demandons donc que l'obligation d'utilisation des compteurs soit AUSSI prévue par la loi ce qui paraît comme toute cohérent.

2 - Accessibilité des installations et comptabilité avec la mise en place de l'individualisation des contrats d'eau

Nous souhaitons - dès la loi - que le principe du compteur UNIQUE par lot accessible sans pénétration dans le lot soit précisé. Cela aura l'avantage non seulement d'éviter la pression des promoteurs au niveau du décret mais aussi d'obliger les promoteurs - dès promulgation de la loi et sans attendre le décret - à éliminer certains systèmes (comptage non accessible, colonnes multiples).

Nous souhaitons aussi que la loi prévoie que l'utilisation non privative (parties communes) de l'eau fasse aussi l'objet d'un comptage.

3 - Individualisation des contrats d'eau

Comme vous le savez, l'individualisation des contrats se heurte actuellement à une exigence exorbitante des compagnies : l'obligation, pour que l'individualisation des abonnements soit effective, que TOUS les propriétaires ou occupants de lots aient contracté un tel abonnement.

Comme nous l'avons écrit et démontré cette exigence est de nature à empêcher l'individualisation - surtout dans les copropriétés fragiles où ce système s'impose - car il y aura toujours des situations difficiles (succession vacante ; lots en voie de saisie ; bien vacant sans maître, etc.).

Nous proposons donc un ajout permettant de surmonter cet obstacle :

" En copropriété, dès lors que le syndicat des copropriétaires reste titulaire du contrat concernant l'ancien compteur général, le règlement de service ne peut inclure une disposition selon laquelle l'individualisation des contrats ne sera effective que lorsque TOUS les propriétaires de lots ou occupants aurons contracté un abonnement individuel ".

4 - Risques sismiques

Nous souhaiterions que l'adverbe " particulièrement " (" particulièrement exposés aux risques sismiques ") soit retiré et que lui soit substituée une notion plus objective (exemple : " constructions situées dans la zone…. ").

En général les juristes recommandent de ne pas utiliser d'adverbe en matière législative.

5 - Amiante

Nous souhaiterions que la loi précise qu'en attendant la réalisation dans les copropriétés d'un diagnostic complet concernant la présence de matériau contenant de l'amiante, la LOI précise que le vendeur pourra s'exonérer " valablement de la garantie des vices cachés par la seule production des diagnostics partiels obligatoires sur parties communes ".

6 - Diagnostiqueurs

Il est important de préciser que les diagnostiqueurs ne doivent avoir de lien ni avec les propriétaires ni avec leur mandataire.

De même, il serait souhaitable de préciser qu'en copropriété, pour les diagnostics sur parties communes, il ne peut y avoir de lien entre le diagnostiqueur et le syndic. A noter que certains grands groupes (FONCIA par exemple) ont créé une filiale d'expertise…

7 - Carnet d'entretien

Bien que ce point ne soit pas abordé dans le projet de loi, il nous semble essentiel - comme nous le demandons depuis bientôt deux ans et demi -qu'un " rattrapage " de la loi S.R.U. soit effectué sur ce point à l'image de l'article 93.

Nous vous renouvelons nos analyses et propositions :

- Le décret sur le carnet d'entretien fait en effet que la loi S.R.U. - sur ce point - n'est pas satisfaisante.

- La raison est la suivante : la loi a en effet assigné deux objectifs contradictoires au carnet d'entretien :

· être un outil de gestion au service de la copropriété (d'où le mot " carnet d'entretien ") ;
· être un document d'information au service de l'acquéreur.

- Le " législateur " aurait du tenir compte du fait banal suivant :

a) si un carnet d'entretien est bien tenu et s'il est un outil de gestion permettant de suivre l'entretien de TOUS les équipements et parties d'ouvrages (toiture ; escaliers ; électricité ; plomberie, etc.) il ne peut, au fil des années, que devenir un DOCUMENT IMPORTANT ;
b) comment dès lors (et pourquoi ?) remettre ce gros document à tout candidat acquéreur ?

- Les services du ministère chargés du décret d'application ont bien vu la difficulté et l'ont réglé ainsi : " il faut limiter le carnet d'entretien au strict minimum ; de cette façon le document pourra aisément être transmis aux candidats acquéreurs ".

- Le carnet - ainsi réduit à une grosse fiche d'information - réalise l'exploit suivant :

· il ne renseigne que très faiblement l'acquéreur ;
· il est quasi inutile pour la copropriété ;
· il crée de nouveaux problèmes entre syndics et copropriétaires.

- Fermer les yeux sur la situation actuelle n'est pas possible. Il faut avoir le courage de faire un BILAN et des PROPOSITIONS en particulier pour modifier et améliorer sensiblement le décret du 30 mai 2001 qui précise ce que doit être le carnet de base.


Nous proposons donc :

1) De modifier légèrement la loi S.R.U. en réécrivant ainsi l'article consacré au droit des candidats acquéreurs : " Les candidats à l'acquisition d'un lot en copropriété peuvent prendre, à leur demande, connaissance de la partie du carnet d'entretien concernant la liste des gros travaux réalisés durant les dix dernières années ".

2) De modifier ensuite le décret sur le carnet d'entretien, décret qui pourrait prévoir trois parties distinctes à chaque carnet ayant des fonctions différentes :

a) une partie introductive descriptive réduite à " une fiche " récapitulative concernant les gros travaux :

· entrepris au cours des dix dernières années ;
· prévus à court terme dans la copropriété.

Cette fiche de simple information pourra être transmise simplement à tout candidat acquéreur ;

b) une partie centrale permettant de savoir QUI intervient dans la copropriété POUR QUOI FAIRE et Á QUEL COUT, cette partie est le carnet d'entretien proprement dit, outil de gestion à la disposition du conseil syndical et du syndic ;

c) une partie annexe permettant le recueil de documents d'archive indispensables ; cette partie serait différente pour les immeubles neufs ou à construire, les immeubles de MOINS de dix ans et les autres.

Grâce à cette proposition, on pourrait ainsi :

· satisfaire aux exigences d'information des acquéreurs ;
· mettre en place de VRAIS carnets d'entretien ;
· commencer à poser les problèmes concernant les archives.


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