ARC, Actualité /10 10 07/ ©

Honoraires de syndic :

l’avis du C.N.C. (Conseil National de la Consommation) ;

pourquoi nous sommes contre ;

ce que nous proposons

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Après neuf mois de travail d’un groupe spécial du Conseil National de la Consommation réunissant les représentants des usagers (dont l’ARC) et les syndicats professionnels (FNAIM, CNAB, CSAB, SNPI), le Conseil National vient de rendre un avis.

I-                    Le côté positif

Cet avis fait d’abord état d’un accord entre usagers et professionnels concernant une liste des tâches de gestion devant rentrer dans le forfait de base (donc NON facturables en plus).

C’est bien, et nous sommes d’ailleurs très satisfaits d’avoir obtenu cet accord dont les professionnels ne voulaient pas au départ et qui a demandé de longues heures de négociation.

II-                  Le côté négatif

Pourtant cet avis n’est pas satisfaisant pour autant.

Le côté TRÈS négatif de cet avis est évidemment que le CNC ne prévoit pas pour le moment de publier un arrêté pour obtenir la traduction de ces accords dans la réalité, mais compte uniquement sur la « bonne volonté » des syndics, ce qui est totalement surréaliste !

Nous n’avons évidemment pas l’intention de nous satisfaire de ce « marché de dupes » et avons d’ores et déjà adressé à Luc CHATEL, le Secrétaire d’état à la consommation, une lettre lui demandant de prendre la seule mesure efficace : un arrêté incluant l’« accord » conclu entre copropriétaires et les syndics.

Vous trouverez dans ce dossier :

  1. le texte de l’AVIS ;
  2. l’accord concernant les tâches de gestion courantes NON fracturables en plus du forfait de base ;
  3. notre analyse de cet avis ;
  4. la lettre adressée à Monsieur Luc CHATEL, Ministre de la Consommation,
  5. les questions posées à Monsieur Luc CHATEL.

 

1. Texte intégral de l’AVIS du Conseil National de la Consommation relatif à

l’amélioration de la transparence tarifaire des prestations des syndics de copropriété

(27 septembre 2007)

 

Le bureau du Conseil National de la Consommation a donné mandat à un groupe de travail pour réfléchir aux moyens d’améliorer l’information des consommateurs sur la nature et les modalités de tarification des prestations fournies par les syndics de copropriété.

Cet exercice s’inscrit dans la lignée des travaux menés par la Commission des clauses abusives qui avait, en janvier 1996, adopté une recommandation relative notamment au caractère abusif de certaines clauses introduites dans les contrats proposés par les syndics et à la restriction de la notion de gestion courante par l’accumulation de prestations particulières ou diverses. Un avis du Conseil national de la consommation avait été également adopté le 18 février 1997 par les deux collèges professionnel et consommateur et proposait notamment une répartition des tâches entre la gestion courante et les prestations particulières. Cet avis n’a pas reçu les suites espérées.

En effet, la situation actuelle voit persister un manque de lisibilité des contrats de syndics, notamment en ce qui concerne les honoraires dus. Cela limite la comparabilité des offres et, partant, la concurrence entre les cabinets, dans un contexte où, depuis l’ordonnance du 1er décembre 1986, les honoraires des syndics sont fixés librement dans le cadre d’une négociation avec les copropriétaires.

Le choix d’un syndic est très largement basé sur les informations contenues dans la proposition de contrat qu’il soumet à l’assemblée générale des copropriétaires. En l’absence de normalisation de ce document, la nature et la présentation des informations qu’il contient varient considérablement d’un cabinet à l’autre, ce qui rend difficile la comparaison des prix et des prestations offertes.

L’arrêté n° 86-63/A du 2 décembre 1986 a introduit une distinction entre prestations dites « de gestion courante » et prestations particulières. De fait, la quasi totalité des cabinets de syndics distingue dans ses contrats la rémunération de ces deux catégories de prestations, les premières faisant généralement l’objet d’un forfait annuel, les secondes d’une facturation séparée sous des formes diverses (à la tâche, à la vacation etc.). Au fil du temps, l’absence de définition réglementaire de la notion de gestion courante a permis aux syndics de réviser, souvent à la baisse, le périmètre des prestations facturées dans le cadre du forfait, au bénéfice des modes de facturation séparée. Cette pratique affecte très sensiblement la prévisibilité des honoraires que les copropriétaires doivent acquitter.

Sur la base de ce constat partagé, les deux collèges se sont entendus sur les points suivants :

1.      la contrepartie de la liberté tarifaire dont jouissent les syndics est une information préalable, claire et détaillée des copropriétaires sur le contenu des contrats et sur les modalités de calcul de leurs honoraires ; en particulier doivent être distinguées dans les contrats les prestations relevant de la gestion courante des autres prestations qualifiées de variables  ;

2.      une liste de prestations fournies par les syndics dans toutes les copropriétés a été établie par le groupe de travail. Cette liste de prestations est récapitulée sous forme du tableau présenté en annexe ;

3.      Dans la pratique, toutes les prestations mentionnées dans ce tableau correspondent à la gestion courante et doivent à ce titre être facturées par le syndic dans le cadre d'un forfait annuel prédéterminé;

4.      Pour les prestations non identifiables dans le cadre d’un forfait annuel (intervention en cas de sinistre, convocation d’une assemblée générale extraordinaire etc.), qui ne figurent pas dans ce tableau, le syndic est fondé à les facturer séparément en fixant pour chacune un prix unitaire dans son contrat sauf impossibilité manifeste ;

5.      l’article 33 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 dispose que « Le syndic détient les archives du syndicat ». Il choisit d’assurer cette détention, sous sa responsabilité, selon le mode qui lui semble le plus approprié dans le cadre de la gestion de son cabinet..

Le Conseil national de la consommation recommande que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes fasse un bilan de l’application du présent avis d’ici le 31 décembre 2008. Si ce bilan était négatif, un arrêté de publicité des prix devra être pris par le ministre chargé de la consommation, sur la base des recommandations du présent avis.

 


Liste des prestations de gestion courante

issue du groupe de travail du CNC

et annexée à l’avis du CNC du 27 septembre 2007

 

Prestations invariables

I Assemblée Générale Annuelle

I-1Elaboration et envoi de la convocation, des documents à joindre à la convocation et des projets de résolutions (*)

I-2Réunion du Conseil  Syndical précédent l’assemblée générale – Objet de la réunion

I-2-1 Etablissement de l’ordre du jour

I-2-1 Présence du syndic ou de son représentant suivant les horaires définis dans le contrat

I-3 Mise à disposition de tous les copropriétaires des différentes pièces comptables et justificatives dans les conditions prévues à l’article 18-1 de la loi du 10 juillet 1965

I-3Tenue de l’Assemblée Générale

I-3-1 Établissement de la feuille de présence, émargement, vérification des voix et des pouvoirs

I-3-2 Tenue du registre des procès-verbaux

I-3-3 Procès-verbal : rédaction du procès-verbal lorsque le syndic est élu secrétaire

I-3-4 Envoi et notification du procès-verbal (*)

I-3-5 Affichage dans les parties communes de la copropriété d’un procès-verbal abrégé mentionnant les résolutions relatives à l’entretien de la copropriété et aux travaux

I-3-6 Présence du syndic ou de son représentant suivant les horaires définis dans le contrat.

II Comptabilité Générale de la copropriété

 

II-1 Etablissement du compte de gestion générale et des annexes conformément au décret n° 2005-240 du 14 mars 2005 relatif aux comptes du syndicat des copropriétaires

II-1-1 Présentation des comptes en conformité avec la réglementation en vigueur

II-1-2 Établissement du budget prévisionnel, en collaboration avec le conseil syndical

 

II-2 Compte Copropriétaire

II-2-1Etablissement et mise à jour de la liste des copropriétaires

II-2-2 Tenue des comptes des copropriétaires

II-2-3 Appel des provisions sur budget prévisionnel (*)

II-2-4 Imputations des consommations individuelles d’eau lorsque les compteurs d’eau sont déjà installés lors de la désignation du syndic

 

II-3 Compte Fournisseurs – Factures

II-3-1Vérification et paiement des factures

 

II-4 Remise, au syndic successeur, de l’état financier, de la totalité des fonds, de l’état des comptes des copropriétaires et des comptes du syndicat.

 

II-5 Compte bancaire séparé ou le cas échéant compte du cabinet en cas de dispense (possibilité de prix différencié selon le choix de la copropriété).

 

III Administration et gestion de la copropriété

en conformité avec le règlement de copropriété

 

III-1 archives du syndicat

III-1-1 détention (divergence de position entre les consommateurs et les professionnels) :

-          position des consommateurs : « Conservation et mise à disposition des archives du syndicat. »

-          Position des professionnels : « Détention, conservation des archives « non dormantes »selon la recommandation n° 20 de la CRC »

III-1-2 Transmission des archives au syndic successeur.

III-1-3 Elaboration et transmission au conseil syndical du bordereau récapitulatif des archives transmises au syndic successeur.

 

III-2Conseil Syndical – Obligations administratives

III-2-1 Mise à disposition et communication au conseil syndical de toutes pièces ou documents se rapportant à la gestion du syndicat. (*)

 

III-2-2 Recueil des avis écrits du Conseil Syndical lorsque sa consultation est obligatoire

 

III-3 entretien et  maintenance

III-3-1 Visite(s) de la copropriété dans les conditions définies au contrat (nombre et modalités)

III-3-2 Négociation, passation, suivi des marchés des prestataires et gestion des contrats à l’échéance dans le cadre du budget prévisionnel.

III-3-3 Gestion des diagnostics/dossiers obligatoires.

III-3-4 Carnet d’entretien : établissement, mise à jour pour les informations mentionnées aux articles 3 et 4 du décret n° 2001-477 du 30/05/2001

III-3-5 Appels d’offre, étude des devis et mise en concurrence résultant de la demande d’une pluralité de devis ou de l’établissement d’un devis descriptif soumis à l’évaluation de plusieurs entreprises lorsque celle-ci est obligatoire  dans le cadre des travaux de maintenance définis à l’article 45 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967

III-3-6 Gestion des travaux d’entretien et de maintenance.

 

IV Assurances

 

IV-1 Souscription des polices d’assurance au nom du syndicat.

 

 

IV-2 Déclaration des sinistres concernant les parties communes et/ou les parties privatives lorsque le dommage a sa source dans les parties communes

 

IV-3 Règlement des indemnités aux bénéficiaires

 

V Gestion du Personnel

 

V-1 Recherche et entretien préalable (les coûts de la publication des annonces ne sont pas compris)**.

 

V-2 Etablissement du contrat de travail et, le cas échéant, de ses avenants**

 

V-3 Paiement du salaire et de toute indemnité, prime… due au salarié**

 

V-4 Tenue du livre des salaires et édition des bulletins de paie**.

 

V-5 Déclarations et paiement aux organismes fiscaux et sociaux.**

 

V-6 Attestations et déclarations obligatoires **

 

V-7 Gestion des remplacements pendant les congés, arrêts-maladie et maternité.**

 

V-8 Mise en place du DUERSST et mise à jour. (**)

 

V-9 Gestion de la formation du personnel du syndicat.**

 

VI Divers

 

VI-1 Calcul des intérêts légaux au profit du syndicat

 

(*) Les professionnels ont souligné que ces prestations devaient s’entendre hors frais de tirages,

    d’affranchissements et d’acheminements.

(**) Prestations effectuées de façon habituelle si présence de personnel du syndicat des copropriétaires.

 


NEGOCIATION SUR LES HONORAIRES DE SYNDIC AU CNC
(Conseil National de la Concurrence)

 

Le Conseil National de la Consommation s’apprête à publier un avis adopté après huit mois de travail et de douloureuses négociations. Celui-ci peut se résumer en trois points.

1)     Une liste de tâches de gestion courante rentrant obligatoirement dans le cadre des honoraires de base forfaitisés, a fait l’objet d’un accord entre syndics et copropriétaires.

2)     Quinze mois sont, néanmoins, donnés aux syndics pour appliquer cet accord.

3)     S’il apparaît, fin 2008, que les syndics ne respectent pas l’accord, un arrêté

sera alors pris pour imposer celui-ci par voie réglementaire.

 

Nous allons donner ci-dessous :

 

Analyses de l’ARC concernant cet avis et nos réactions.

I.                    LE POINT DE DÉPART : RAPPEL

Partant du fait que les « honoraires particuliers » des syndics hors honoraires de base se multipliaient de façon très inflationniste et déguisée, empêchant par là toute prévisibilité budgétaire et toute vraie mise en concurrence des syndics, les consommateurs et l’A.R.C demandaient, dans le cadre du groupe de travail mis en place par le CNC, début 2007 :

-          l’établissement d’une liste de taches de gestion courante entrant dans le « forfait de base » ;

-          la publication d’un arrêté reprenant tout simplement cette liste et s’imposant aux syndics.

II.                  LE TRAVAIL RÉALISÉ

Un long travail de négociation a été mené par les consommateurs et l’A.R.C au sein du groupe de travail du C.N.C et a permis d’établir une liste (satisfaisante, pour nous à 90 %)  des tâches dites de gestion courante obligatoires.

Si cette liste est respectée, de très nombreux abus constatés depuis dix ans seront, ainsi, rendus impossibles. Rentreront désormais, par exemple, dans la gestion courante, les prestations suivantes, non susceptibles de facturation complémentaire :

  1. la tenue du conseil syndical préparatoire à l’assemblée générale ordinaire (le contrat devra fixer les heures souhaitées par la copropriété) ;
  2. la tenue de l’assemblée générale ordinaire (le contrat devra fixer les heures souhaitées par la copropriété) ;
  3. la mise en place et la tenue du carnet d’entretien ;
  4. la mise en place et la tenue du Document Unique d’Evaluation des Risques ;
  5. la gestion de tous les diagnostics obligatoires ;
  6. la transmission de toutes les archives et comptes au successeur ;
  7. les déclarations de sinistres ;
  8. les visites « techniques » des parties communes et équipements des copropriétés (visites dont le nombre devra être fixé dans le contrat) ;
  9. la négociation et le suivi des contrats de prestation ;
  10. la négociation, la commande et le suivi des travaux rentrant dans le budget courant ;
  11. la gestion du personnel, y compris la gestion des remplacements, etc. etc.

En conséquence, toutes les prestations complémentaires facturées actuellement sur ces postes devront disparaître, dans les meilleurs délais, des contrats de syndic, ce dont on ne peut que se réjouir.

III.                UN ARRETÉ DIFFERÉ, MALHEUREUSEMENT

Néanmoins, alors que chacun est conscient (nous parlons des copropriétaires mais aussi de tous ceux qui connaissent les problèmes de copropriété) que seul un arrêté peut réellement imposer ces nouvelles règles à tous les syndics, l’avis retient donc un dispositif différent :

a)     les syndics auront quinze mois pour appliquer ces accords ;

b)     si dans quinze mois l’Administration s’aperçoit que ce n’est pas le cas, un arrêté sera alors pris (l’avis emploie bien le futur, non le conditionnel)

Pourquoi cela ? tout simplement parce que les syndics ne veulent pas d’un arrêté et que l’Administration a cédé à leurs exigences.

« Mais pourquoi avez-vous tellement peur d’un arrêté si vous êtes prêts à appliquer loyalement l’accord ? cela ne pourrait que vous aider à faire appliquer cet accord ? », avons-nous demandé aux syndics.

Les syndics n’ont, naturellement, pas répondu…

IV.               L’A.R.C EN ÉTAT D’ALERTE

Nous prenons acte de cet arrêté…différé et ne pouvons que nous incliner, même si nous regrettons vivement ce dispositif « mou », personne ne pouvant croire sérieusement que la profession est en mesure de faire appliquer cet accord à tous les syndics. En conséquence, nous allons nous doter de moyens pour « suivre » l’application de cet accord et, surtout, identifier et quantifier les manquements inévitables.

a)     D’abord, nous allons mettre en place, en partenariat avec les A.R.C régionales, une méthode simple de contrôle des nouveaux contrats de syndics, contrôle que pourra assurer n’importe quel copropriétaire.

b)     Ensuite, nous allons mettre en place un site Internet spécial permettant de recueillir de façon rigoureuse et large les informations fournies par les copropriétaires.

c)     Enfin, nous allons d’ores et déjà programmer pour fin 2008 un colloque national dont l’objectif sera de faire un « bilan » de l’accord, colloque qui associera naturellement les organisations de consommateurs, les fédérations de syndics, l’Administration…

En quelques mots, nous allons assurer une vigilance constante sur quinze mois de façon à pouvoir évaluer exactement le niveau d’application des accords et aider (voire inciter) l’Administration et le pouvoir politique à en tirer les conclusions.

Ceci dit, que de travail en perspective alors qu’un arrêté reprenant l’accord aurait été si simple.

Trop simple, peut-être ? Trop efficace ?

 

 

Monsieur CHATEL
Secrétaire d’État
Ministre de l’Economie
et des Finances

139, rue de Bercy
75012 PARIS


Paris, le 5 Octobre 2007

Objet : honoraires de syndic et avis du C.N.C.

Monsieur le Secrétaire d’état,

Vous avez été destinataire de l’avis du Conseil National de Consommation concernant les honoraires de syndic.

La présidente du groupe de travail vous aura sans doute fait savoir que cet avis ne recueillait pas l’approbation de nos organisations (ARC et UNARC) et que - en tant que seules associations des copropriétaires invitées à siéger aux côtés des organisations de consommateurs - nous avions émis clairement les plus expresses réserves sur la pertinence de cet avis dit de « compromis ».

Nous le redisons et le redirons publiquement :

1)     Comment imaginer qu’un « accord » pris par les seuls responsables des syndicats professionnels ait la moindre chance d’être suivi par l’ensemble des professionnels concernés ?

2)     Même si nous ne mettions pas en doute la capacité des syndicats professionnels à obtenir l’application de cet accord par tous leurs adhérents (ce qui démonterait de notre part une dose inquiétante de naïveté…), comment peut-on ignorer que les cabinets non « syndiqués » (qui sont très nombreux et sont souvent ceux dont les comportements sont les moins orthodoxes) pourraient se ranger à cet avis ?

3)     Comment expliquer que les professionnels puissent loyalement accepter d’un côté d’appliquer intégralement un accord et refuser d’un autre côté toute perspective d’un d’arrêté, (comme ils l’ont dit et redit au Conseil National de la Consommation), qui est le seul dispositif susceptible pourtant de favoriser l’application réelle de cet accord ?

4)     Comment peut-on croire (sauf, là encore, à être atteint de naïveté pathologique) que dans quinze mois (voire six comme vous l’avez dit dans votre conférence de Presse du 4 octobre) nous pourrions constater l’application à 100 % d’un accord négocié difficilement après neuf mois de vives confrontations et qui recueille encore aujourd’hui l’hostilité d’une partie de la profession (certes, minoritaire mais agissante) ?

5)     Comment enfin, peut-on prétendre - s’il n’y a pas d’arrêté - garantir la pérennité de cet accord nécessairement fragile et comment croire sérieusement, en l’absence d’arrêté, que cet accord ne disparaîtra pas progressivement dans le temps ?

C’est pourquoi nous vous demandons instamment, Monsieur le Secrétaire d’état, de ne pas suivre cet avis, sachant d’ailleurs que le consentement des organisations de consommateurs a été acquis (malgré notre vive opposition) uniquement parce qu’il leur a été dit qu’un mauvais avis valait mieux que RIEN.

Non, un mauvais avis ne vaut pas mieux que rien, il ne vaut rien et les problèmes vont rester, à savoir :

-          des syndics qui abuseront forcément du pouvoir que leur confère leur position en l’absence de cadre réglementaire ;

-          des copropriétaires victimes d’abus tarifaires toujours plus importants et nombreux, copropriétaires à qui on essaye de faire croire qu’ils ont une possibilité collective de négocier des contrats qui sont des modèles de complexité et de subtilité (pour ne pas dire malignité).

C’est pourquoi nous vous demandons une fois encore d’écouter la voix de la raison et de prendre l’arrêté que TOUS les copropriétaires attendent depuis des années.

Pour finir, nous voudrions dire ceci :

a)     les problèmes ne vont pas être traités par cet avis, et que chacun le sait parfaitement ;

b)     le ressentiment des copropriétaires ne va cesser de s’amplifier ;

c)     nos organisations continueront à dénoncer les pratiques en vigueur et à mobiliser les copropriétaires ;

d)     le bilan de l’accord sera forcément négatif ;

e)     nous nous retrouverons donc dans six, dix ou quinze mois dans une situation encore plus difficile, encore plus sinistrée.

Est-ce vraiment cela que vous voulez ?

Nous ne le pensons pas et, comptant sur votre réalisme et votre détermination, nous espérons que vous pourrez très vite publier l’arrêté tant attendu.

Recevez, Monsieur le Secrétaire d’état, l’assurance de notre haute considération.

 

                                                                                              Fernand CHAMPAVIER

                                                                                              Le Président.

 

 


Questions à Luc CHATEL

 

Luc CHATEL est le Ministre de la Consommation. Le 4 octobre 2007 il a fait savoir au cours d’une conférence de Presse, que si les syndics ne respectaient pas l’avis du Conseil National de la Consommation concernant la tarification de leurs honoraires, il publierait un arrêté sur les honoraires dans six mois.

Bien sûr les chambres syndicales se sont précipitées pour faire savoir à tous qu’elles allaient tout mettre en oeuvre pour inciter leurs adhérents à appliquer cet accord.

On nous prend décidemment pour des « demeurés ».

C’est pourquoi nous posons de nouveau quelques questions à Monsieur Luc CHATEL qui permettent de revenir sur TERRE. Voici ces questions :

  1. « Sachant qu’il y a à peu près 15 000 syndics en France, comment allez-vous faire, Monsieur le Secrétaire d’état,  pour « contrôler » l’application de cet avis alors même que les fonctionnaires de la DGCCRF sont de moins en moins nombreux et sont déjà dans l’incapacité d’exercer les multiples  contrôles qu’ils doivent effectuer ?
  1. Sachant qu’il y a environ 30 % de syndics qui ne sont affiliés à aucune chambre, comment peut-on demander à ces syndics d’appliquer un avis qu’aucun d’eux n’aura accepté ?
  1. Sachant par ailleurs que, d’ores et déjà, les chambres syndicales signataires de l’avis sont bien en peine d’obliger leurs adhérents à respecter les textes incitatifs (les recommandations de la Commission Relative à la Copropriété ou les arrêts des tribunaux), voir la loi elle-même, comment peut-on s’imaginer raisonnablement qu’elles parviendront à faire appliquer à 100 % de leurs adhérents un avis qu’une partie d’entre eux conteste déjà ?
  1. À partir de quel pourcentage de non suivi de l’avis déciderez-vous, Monsieur le Secrétaire d’état, que celui-ci ne sera pas respecté et en premier lieu de quels moyens disposez vous pour comptabiliser ces manquements ».
  1. Enfin, comment, en l’absence d’un arrêté pouvez-vous garantir une application - même très partielle - de cet accord dans la durée ?

Ces questions montrent bien le caractère surréaliste de la démarche adoptée par le Secrétaire d’état. C’est un peu comme si on disait : « Inutile d’introduire la limitation de vitesse dans le Code de la route. Contentons-nous d’un engagement des associations d’automobilistes à respecter des vitesses maximales. Sinon, on avisera… ».

C’est absurde. Or comme nos dirigeants ne sont pas absurdes, soit ils se moquent de nous, ce que nous n’osons imaginer, soit ils vivent sur une autre planète !

 

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