Dans
son numéro du 21-22 octobre 2007, le MONDE a consacré
un dossier complet à la Copropriété,
en faisant largement référence à notre association
et à son action.
Nous
avons sélectionné quatre articles dont nous donnons
de larges extraits.
- Les « nouveaux
syndics » (le développement des groupes de syndics propriété
de banques et les conséquences pour les copropriétaires).
- Les abus en matière d’honoraires.
- Alléger le poids des charges en Copropriété.
- Le témoignage de responsables de Copropriété (tous
adhérents à l’ARC) qui ont fait baisser les charges
dans leur immeuble.
1. Les
« nouveaux »
syndics
APRÈS le constat sévère dressé par une récente enquête
de la direction générale de la concurrence, de la
consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF)
dans le secteur de l'immobilier, Luc Chatel, secrétaire d'État chargé de la
consommation et du tourisme, se dit résolu à ne pas
relâcher la pression sur les agents immobiliers, les
administrateurs de biens et les syndics.
Un nouveau projet de loi, qui sera débattu en décembre,
doit doter la
DGCCRF de pouvoirs étendus de contrôle
et de sanction. Les admonestations ministérielles
parviendront-elles à stimuler la concurrence et à
renforcer la transparence d'une profession en pleine
mutation ? C'est l'un des thèmes qui seront abordés
lors du Salon de la copropriété, qui se déroule à
Paris, porte de Versailles, du 24 au
26 octobre.
De grands groupes d'administrateurs de biens se constituent
sous la houlette d'établissements bancaires, comme
Foncia, racheté par la banque Natexis, Nexity (Caisses d'épargne), qui rassemble les réseaux Century21, Guy Hoquet et Gestrim
Lamy,
deuxième administrateur de biens français, Avis
(groupe Crédit mutuel) ou encore Square Habitat (Crédit
Agricole).
La taille du gâteau fait saliver les banques. En effet,
le marché immobilier a quadruplé entre 1997 et 2007.
Les copropriétés, dont relèvent 7,5 millions de logements
sur un parc total de 30 millions, vont se multiplier.
Fédérés au sein du club Pluriance,
les quatorze plus grands groupes (Foncia,
Nexity, Urbania, Cytia, Tagerim, Loiselet & Daigremont,
etc.) cherchent à s'émanciper de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim).
Ce puissant syndicat, fort de 12 000 adhérents, soit
la moitié de la profession, est un organisme qui délivre,
au prix fort, la garantie financière obligatoire pour
exercer. Le cabinet Oralia, dont le fondateur, Serge Déglise,
est aussi président de Pluriance,
a vu plusieurs de ses antennes régionales, de Dijon
ou de Lyon,
être exclues de la Fnaim
pour avoir choisi un autre garant.
Or les groupes filiales de banques vont chercher auprès de leur actionnaire
une garantie à meilleure compte. FONCIA, qui pèse
près de
10 % du chiffre d’affaires de toute la profession,
s’apprête à quitter le navire FNAIM. D’autres, comme
GESTRIM LAMY, devraient suivre. Face à cette hémorragie,
la FNAIM risque d’être, à terme,
privée d’adhérents et de sa principale ressource financière.
Les clients, eux, se verront
proposer par ces groupes des offres de plus en plus
complètes : la vente d’un logement neuf ou ancien,
un crédit immobilier, une assurance maison, la gestion
éventuelle des biens locatifs et tous les diagnostics
réclamés lors d’une vente.
Il n’est pas sûr que les consommateurs y gagneront,
s’ils sont ligotés à un prestataire unique omnipotent,
à la fois promoteur, syndic, courtier d’assurances
et représentant des bailleurs.
« Certains copropriétaires occupants ont, dès lors, moins de marge de manœuvre
que leur voisin locataire. Sans oublier que dans ces
grands cabinets, le turnover des gestionnaires d’immeubles
est impressionnant, et il est très pénible pour les
copropriétaires de changer sans cesse d’interlocuteur »,
explique Bruno DHONT, directeur de l’Association des
responsables de copropriété (ARC).
2. Les
abus en matière d’honoraires
LES HONORAIRES que facturent les syndics professionnels
(soit le représentant et le gestionnaire de la copropriété)
sont, depuis des années, une source de litiges avec
les copropriétaires.
Les organisations de consommateurs, notamment la Fédération
des copropriétaires - Consommation, logement et cadre,
et l'Association des responsables de copropriété (ARC)
ont dénoncé la multiplication des frais pour prestations
particulières venant s'ajouter au forfait annuel,
comme la relance pour impayés (qui peut aller jusqu'à
50 euros la lettre recommandée), les démarches à l'occasion
de la vente d'un lot, la gestion d'un sinistre ou
l'archivage.
Les dépenses annexes peuvent ainsi égaler, voire dépasser,
le forfait de base, lui-même vidé de sa substance.
Cette double facturation rend surtout impossible la
comparaison d'honoraires d'un syndic à l'autre. La
pratique consistant à offrir un forfait de base à
tarif attractif, par exemple 150 euros par an et par
lot, puis à multiplier les facturations hors forfait
de prestations particulières, devient courante. Une
dérive confirmée par l'enquête réalisée entre novembre
2006 et janvier 2007 par la direction générale de
la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes (DGCCRF).
Le contrat de syndic est soumis au vote de l'assemblée
générale des copropriétaires et approuvé à la majorité
de l’article 25. Individuellement, un copropriétaire
n'a aucun moyen de discuter ces honoraires et, a fortiori,
de mettre un syndic en compétition avec d'autres.
Son seul recours est de vérifier que les sommes facturées
correspondent au barème approuvé en assemblée générale.
Collectivement, les copropriétaires ou le conseil syndical
(équipe constituée de copropriétaires élus pour trois
ans) vont, désormais, disposer de deux moyens de contrôle
sur le gestionnaire. Les nouvelles règles comptables,
en vigueur depuis le 1er janvier, modifient
les modes de présentation des comptes de l'exercice
2007, qui seront soumis aux assemblées générales courant
2008.
Elles font obligation au syndic de regrouper, sous une
même rubrique, l'ensemble des honoraires facturés,
gestion courante et prestations particulières, ce
qui en simplifiera la lecture et la comparaison d'une
année sur l'autre.
Le type de contrat est ensuite mis au point suite aux
négociations qui ont eu lieu entre organisations de
consommateurs et de copropriétaires et syndicats professionnels
: Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim),
Confédération nationale des administrateurs de biens
(CNAB), Conseil supérieur de l'administration de biens
(CSAB) et Syndicat national des professionnels de
l’immobilier (SNPI).
Adopté jeudi 18 octobre, l’avis du CNC qui reprend ces
négociations a fourni la liste minimale et impérative
des tâches que doit englober le forfait de gestion
courante. Il n’est plus question de facturer en sus
la préparation, d’un conseil syndical, la tenue de
l’assemblée générale, la mise en place et la tenue
du carnet d’entretien, la fourniture du document unique
d’évaluation des risques (DUER) ou des diagnostics
obligatoires, la transmission des archives au successeur
ou une déclaration de sinistre. Plusieurs visites
techniques sont également incluses dans le forfait
annuel.
Deux points mécontentent cependant les organisations
de consommateurs et l’ARC.
Les frais d’archivage, d’abord, ne sont pas dans le
forfait minimal, et beaucoup de professionnels font
appel à des prestataires spécialisés, donc payants.
La solution est, peut-être, d’aménager dans l’immeuble
un placard sécurisé pour accueillir ces dossiers.
Surtout, l’application de cet accord repose sur la bonne
volonté des signataires et n’a pas force de loi. Luc
CHATEL, secrétaire d’État à la consommation, a toutefois
promis qu’un bilan serait dressé d’ici à la fin 2008
et, s’il est négatif, un arrêté de publicité des prix
sera publié, avec une valeur contraignante.
3. Alléger le poids des charges
Pour
la première fois, les charges de copropriété ont dépassé
les 20 euros par m2 en 2006. Tout porte à croire que
ce montant va croître dans les prochaines années.
« Il semble que l’on se dirige vers une hausse
de 4 % et 4,5 % »,
déclare l’économiste Michel MOUILART, après une évolution
de 4,8 % en 2005.
Parmi
les postes les plus lourds : le chauffage, l’eau
et les frais de personnel, qui peuvent représenter
jusqu’à 50 % de la facture annuelle. Viennent ensuite
les travaux de mise en conformité (amiante, saturnisme,
ascenseurs) et d’aménagement (sécurité et confort).
Sans oublier le poste assurance.
Reste les honoraires des syndics, régulièrement
dénoncés par les copropriétaires. « Les charges
liées au syndic, et à l'administration de la copropriété
peuvent représenter jusqu'à 15 % du total des charges
», déclare Bruno Dhont,
directeur général de l'Association des responsables
de copropriété (ARC). Une dépense qui ne correspond
pas toujours au travail effectué.
« On constate régulièrement des écarts importants entre les honoraires
votés lors de l'assemblée générale et la facture finale,
avec une plus-value pour le syndic qui peut atteindre
plus de 50 % », estime l'association Consommation,
logement et cadre de vie (à l’ARC, on parle de 100
%).
«
II faut refuser un maximum de|
tâches de gestion dites « particulières »,
et, dans tous les cas, négocier leur indexation sur
le même indice que les honoraires de gestion courante
», recommande l'Association des responsables
de copropriété (ARC) dans son guide Copropriétaires
: comment baisser vos charges en 10 leçons ? (guide gratuit distribué au Salon de la Copropriété
puis disponible à l’ARC).
Dix leçons qui permettent de diminuer de 20 % à 30 %
le montant annuel des charges, assure l'association.
Première leçon : l'élaboration du budget prévisionnel.
« Si
une copropriété vote un budget de 100 000 euros, le
syndic dépensera 100 000 euros. Voter un budget serré
obligera parfois le syndic à la prudence »,
conseillent les auteurs.
« Au-delà de toutes les recettes, la gestion des charges
demande du temps et de la méthode »,
ajoute le directeur de l'ARC. Du temps pour vérifier,
voir renégocier les contrats ; surveiller le suivi
des consommations sur plusieurs années ; refuser d'anticiper
la hausse des prix du combustible. Il est préférable
d'engager le syndic à maîtriser les consommations
d'eau chaude et de chauffage plutôt que de prévoir
des hausses de combustible.
Etre présent lors des visites d'entretien empêche souvent
qu'elles ne se transforment en simple « passage ». Il faut aussi refuser les postes « petits travaux » ou « iimprévus » ; exiger au besoin le contrôle des factures avant
paiement ; enfin, dépoussiérer les contrats de gardiennage
et remplacer des tâches devenues obsolètes (astreinte
de nuit) par d'autres plus utiles.
Pour conclure, la méfiance est de mise vis-à-vis de
toutes les propositions de travaux liés à la santé
ou à la sécurité. Les abus sont légion alors que la
loi définit très clairement les obligations des copropriétaires.
4. Les
adhérents de l’ARC sont formidables
Dans le dossier du MONDE consacré
aux économies de charges, on relève trois témoignages
détaillés. Or ces trois témoignages émanent tous d’adhérents
de l’ARC : une présidente de conseil syndical
et deux syndics bénévoles.
Voici ces témoignages :
« Opter pour un syndic bénévole s’avère rentable »
ANCIENNE acheteuse dans une grosse société de transport
parisien et présidente du conseil syndical depuis
25 ans, Myriam L. est syndic bénévole à Gonesse adhérente
à l’ARC (Val-d'Oise), depuis le mois de juin. «Après
le refus total du syndic de renégocier ses honoraires,
alors que nous nous apprêtions à engager plusieurs
milliers d'euros de travaux, nous avons décidé de
mettre un terme à son contrat et de passer à un syndic
bénévole », explique-t-elle.
À force de rigueur et de travail, le conseil syndical
a réussi à limiter la facture et, depuis sept ans,
les charges de la copropriété n'ont pas augmenté.
« Nous ne faisons appel à des sociétés extérieures
que pour les gros travaux. Nous nous chargeons de
l'entretien courant (nouvelles clés, ampoules,peinture...)».
Même politique pour le budget de la copropriété, les
contrats et les factures qui sont passés au peigne
fin régulièrement. Pour les travaux, « il faut
bien séparer la matière de la main-d'œuvre et être
souvent présent pour suivre l'évolution des travaux
».
L'assurance de l'immeuble a été revue à la baisse (-
3 %), après vérification de l'indice annuel. Une
économie de 10 000 à 15 000 euros pour un budget
annuel de
91 500 euros.
« L’ensemble
des contrats ont été repris à zéro »
DIRECTRICE de l’Audi dans une entreprise pendant plusieurs
années et présidente du conseil syndical depuis treize
ans à Romainville adhérente à l’ARC (Seine-Saint-Denis),
Marie-Noëlle A. ne ménage pas sa peine.
« Depuis
que nous avons changé de syndic, nous avons toujours
travaillé ensemble. Nous avons repris tous les contrats
à zéro, extériorisé certaines tâches d’entretien,
fait poser des compteurs d’eau individuels. Nous avons
galéré, mais aujourd’hui le bilan est largement positif ».
Les charges ont baissé de 12 % par rapport à 1994
et sont revenues au niveau de 1996.
« Nous avons
réduit l’addition de moitié »
EX-PILOTE de ligne, Alain P. est aujourd’hui syndic
de son immeuble à Bourg-la-Reine (Haust de Seine).
Non-professionnel lui aussi
adhérent à l’ARC, il reçoit chaque mois une rémunération
de 800 euros, votée en assemblée générale.
« Gérer une
copropriété, c’est comme gérer ses affaires personnelles,
affirme-t-il. On
est mieux place que le syndic professionnel pour négocier
les contrats, on connaît nettement mieux que lui l’immeuble,
et on ne fait que les travaux vraiment nécessaires ».
À force de rigueur, le syndic, a réussi à diviser par
deux le montant des honoraires et « à
faire baisser les charges quand la tendance générale
est à la hausse. En 2006, nous avons réussi à réduire
le budget annuel de 20 %, ajoute-t-il. Mais nous avons bénéficié d’un hiver doux et
d’un été pluvieux qui a permis d’économiser de l’eau ».
Mais la tâche est quotidienne et requiert quelques connaissances
juridiques, comptables et administratives pour pouvoir
suivre les dossiers et négocier les contrats.
« Et en
cas de problème, on peut toujours appeler l’Association
des responsables de copropriété (ARC), qui nous couvre
au niveau de la responsabilité civile ».
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