Voici
un petit article paru dans
un des « gratuits » le plus diffusé, le journal 20 minutes.
Immobilier. Face aux
abus, de plus en plus de copropriétaires
s’organisent bénévolement.
« DIX mille syndics font leur loi en France »
« Opaques, trop chers, trop lents : les syndics de copropriété sont sous le feu
des critiques. Le secteur, qui
n'a pas été régulé depuis quarante
ans, vit une actualité mouvementée. Il est dans
le viseur du ministère
du Logement, qui prépare
une loi pour plus de transparence.
Et deux Salons de la copropriété en rendent compte, dont le Salon « indépendant »
de l’ARC et de l’UNARC.
Bruno Dhont, directeur de l’Association des responsables de copropriété (A.R.C), défend le principe des syndics
bénévoles,
Que reprochez-vous aux syndics professionnels ?
Bruno DHONT : Leur mauvaise
gestion et leur opacité. L'objectif des syndics professionnels est trop souvent de générer une grosse trésorerie, qu'ils placent ensuite pour percevoir des intérêts. Avec des effets pervers sur toute la gestion : on fait traîner les travaux,
pour bénéficier plus longtemps de son tapis de trésorerie.
On paye les fournisseurs à
180 jours : ça coûte plus cher, c'est le copropriétaire qui paye, et cela fait
plus d'argent à
placer. Sans compter les
conflits d’intérêts :
85 % des syndics sont, par
exemple, aussi courtiers en
assurance.
Que
pensez-vous du projet de réforme des syndics ?
Bruno
DHONT : Il n'ose pas intégrer un outil indispensable : le compte séparé pour chaque copropriété. Il permettrait
pourtant de mieux faire le tri dans les frais et les honoraires et d’éviter
bien des abus.
C’est comme cela partout en Europe,
sauf en France, où dix mille
syndics font leur loi face
à 8 millions de copropriétaires.
Comment
élire un syndic bénévole ?
Bruno DHONT : C’est simple : avant la fin du contrat avec
le syndic on envoie une lettre
recommandée au syndic pour
présenter la candidature d’un
syndic bénévole et on
vote la décision en assemblée générale. Pas besoin d'avoir
fait Polytechnique pour gérer une petite
copropriété ! Les frais sont
remboursés et des associations
de syndics bénévoles comme l’ARC
(la plus grande et forte association)
fournissent assurances, assistance
et achats groupés pour environ 150 € par an. En France, 11 % des syndics sont bénévoles, le chiffre a plus que doublé en dix ans.
Recueilli
par Gilles WALLON
– (le 17.11.2010)