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ARC ACTUALITE / 08 12 04 / ©
L’arithmétique des charges
impayées
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ou : l’impossible redressement
financier des copropriétés en difficulté
ou : le cercle vicieux ou :
la triple peine
Une copropriété en difficulté
doit résoudre deux problèmes financiers. Or, en l’absence
de dispositifs spécifiques adaptés, les tentatives actuelles
de résolution de ces problèmes par les syndics contribuent
à aggraver la situation au lieu de la résoudre.
Il est nécessaire :
- de comprendre ce paradoxe ;
- d’en comprendre également les conséquences ;
- ensuite d’accepter de mettre en place les moyens adaptés.
1. Le Problème des arriérés de charges irrécouvrables
- Toute copropriété en difficulté a accumulé
un montant de charges définitivement irrécouvrables
qui peut atteindre trois à six mois de charges courantes,
voire plus.
- Or, pour financer ou compenser ces montants, le syndic doit utiliser
des artifices financiers qui, soit aggravent la situation de la
copropriété, soit accélèrent le départ
des copropriétaires non captifs, soit entraînent de
nouveaux copropriétaires dans l’impayé.
- l’augmentation du fonds de roulement ;
- la création d’un fonds de solidarité ;
- pire : utilisation des fonds travaux constitués
antérieurement.
C’est ce qu’on pourrait appeler la " double
peine " : non seulement les propriétaires
à jour de leurs charges (70 % des propriétaires au moins)
vivent dans des conditions précaires en raison des impayés
de charges qui empêchent une gestion normale de leur copropriété,
mais ces mêmes propriétaires à jour du paiement
de leurs charges finissent par devoir payer une partie de ces impayés,
directement ou indirectement via les fonds travaux. On va voir qu’il
y a encore plus préoccupant.
2. Le problème des charges en cours
- Tant qu’une copropriété n’est pas financièrement
redressée (impayés traités ; saisies immobilières
abouties) le fonctionnement normal de cette copropriété
en difficulté reste quasi impossible. Pourquoi ?
- Tout simplement parce que pour 100 Euros appelés le syndic
n’obtient au mieux que 80 Euros. Cette situation tient au fait que,
dans ces copropriétés, il existe forcément
des noyaux durs d’impayés : personnes insolvables dont
il faut saisir le logement, ce qui prend du temps ; successions
refusées en raison des dettes ; biens délaissés,
etc.
- Là encore les moyens de fortune mis en œuvre par les syndics
ne font que renforcer les problèmes. Que sont ces " moyens
palliatifs " !
- Le plus utilisé est le suivant : si le syndic a
besoin de 100 Euros, au lieu d’appeler 100 Euros il appellera
120 Euros. Conséquence : les charges continuent d’augmenter.
Après la double peine, voici donc la triple peine.
- D’autres moyens sont - là encore - d’appeler des fonds
de solidarité, d’utiliser les fonds travaux (ce qu’il en
reste) ou tout simplement de continuer à ne pas payer tous
les fournisseurs, ce qui empêche donc tout vrai redressement
de la copropriété.
3. Aide financière zéro pour les syndicats en difficulté
- Malgré nos demandes, les pouvoirs publics - y compris dans
les dispositifs curatifs lourds (Plans de sauvegarde ; OPAH)
- n’ont prévu AUCUNE mesure permettant d’alléger la
prise en charge de la solidarité de palier, ce qui
- même lorsque le problème a été identifié
- contribue à maintenir les copropriétaires bon payeurs
dans une situation particulièrement tendue et les copropriétés
en dessous du seuil de fonctionnement normal. Les copropriétaires
doivent en effet :
- assumer leurs propres charges (souvent encore trop lourdes avant
que ne se fasse sentir le plan d’économie de charges) ;
- assumer les charges irrécouvrables ;
- assumer les déficits de charges en cours.
4. Il faut des vraies réponses
- Nous disons : non à la triple peine.
- Les copropriétaires encore présents et qui font
l’effort de payer leurs charges ne doivent plus continuer à
vivre dans une situation précaire et payer les charges irrécouvrables
plus le déficit des charges en cours.
- Il existe pour cela des moyens mis en œuvre ici et là et
qui s’appellent :
- abandon de créances sous contrôle judiciaire
;
- moratoire des charges en cours, moratoire qui doit être
fonction du calendrier des ventes judiciaires à venir.
Nous demandons qu’on veuille bien étudier
avec les organisations représentatives mettre en place ces
dispositifs sans lesquels le redressement des copropriétés
en grande difficulté est impossible ou quasi impossible.
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