|
ARC ACTUALITE ASCENSEUR / 16 12 03 / © Décret et arrêté sur la sécurité des ascenseurs * Nouvelle intervention de l’ARC auprès du Premier Ministre
et du Conseil d’État avant qu’il ne soit trop tard Après une première intervention auprès du Premier Ministre pour souligner TROIS anomalies LAJEURES du projet de décret concernant les travaux de sécurité dans les ascenseurs, l’ARC vient d’effectuer une nouvelle intervention auprès du Premier Ministre et du Conseil d’État : 1- pour souligner une quatrième anomalie concernant les personnes qui seront chargés des contrôles techniques obligatoires (nous pensions jusqu’au dernier moment que le texte serait corrigé sur ce point) ; 2- pour revenir sur le problème du transfert sur les copropriétaires des frais de travaux concernant la sécurité du personnel de maintenance. Voici le texte de cette nouvelle lettre au Premier Ministre, adressée par ailleurs au Conseil d’État et aux instances européennes.
Monsieur le Premier Ministre, Dans la continuité de
notre courrier du 9 octobre 2003 et suite à la clôture des négociations
concernant le décret évoqué en objet, nous nous permettons de revenir
vers vous sur deux points majeurs. 1- Contrôle technique obligatoire :
inégalité des bureaux d’études devant la loi Depuis le début des négociations
engagées par le Ministère du Logement et où nous représentons les copropriétaires,
nous avons mis en avant le problème suivant : d’après-nous il serait
dangereux de ne pas prévoir que les futurs contrôleurs techniques ne
fassent pas l’objet d’une habilitation « intuitu personae »,
seul moyen : -
d’obtenir que les experts
soient réellement compétents et expérimentés en matière de contrôle
du bon fonctionnement des appareils ; -
d’empêcher que les petits
bureaux d’études indépendants ne finissent par être victimes de cette
nouvelle obligation. Or, il apparaît que l’orientation
prise par le décret prévoit deux voies d’accès à l’habilitation des
contrôleurs techniques : -
une voie automatique
pour les bureaux notifiés ou agréés ; -
une voie difficile et
coûteuse pour les autres qui seront obligés de passer par un dispositif
de « certification » (complexe et entièrement à mettre en
place) qui aura très certainement pour conséquence que les bureaux d’études
indépendants renonceront à assurer ces contrôles obligatoires. Nous voudrions donc attirer
votre attention non seulement sur ce qui semble être une disposition
de nature à fausser voir empêcher la concurrence, mais aussi une disposition
pouvant entraîner à terme la disparition totale de ces B.E.T. En effet il y a de fortes probabilités pour que - à terme
- ceux qui assureront les missions de contrôle périodique obligatoire
assureront aussi - en option - un rôle plus large de conseil en matière
de maintenance, rôle souvent exercé aujourd’hui dans les copropriétés
par des petits bureaux d’études. En effet, les propriétaires ne feront
pas appel à DEUX BET différents, ceci pour des raisons de coût ! Les copropriétés qui
sont en effet, comme vous le savez, souvent elles-mêmes des « petits
ensembles immobiliers » (en moyenne trente logements) ont une tendance
naturelle à faire appel - comme conseil - à ces bureaux d’études. La disparition programmée
de ceux-ci - suite à la mise en œuvre de la loi et du décret - non seulement
privera les copropriétés d’un interlocuteur naturel et proche, mais
supprimera toute culture d’intervention « libérale » (au sens
de « profession libérale ») et donc, à notre avis, toute concurrence véritable. Nous nous permettons d’ailleurs
de vous préciser que d’autres contrôles techniques déjà obligatoires
dans l’immobilier ne prévoient qu’une
seule voie d’accès à l’habilitation (exemple : l’amiante), celle-ci
concernant la personne ( intuitu personae ) et non la structure. Il serait donc curieux qu’en matière de sécurité
des ascenseurs, cela ne soit pas AUSSI le cas. C’est la raison pour
laquelle nous nous permettons aussi d’insister pour que le décret n’entérine
pas cette double voie d’accès au contrôle technique, qui nous semble
injuste (voire peut-être illicite) dans son principe
mais aussi dangereuse pour les raisons exposées. 2- Prise en charge par les copropriétaires
des travaux concernant la sécurité du personnel de maintenance Nous nous permettons
d’autre part de revenir sur ce sujet, car nous pensons que nous n’avons
pas encore réussi à bien expliquer notre point de vue sur ce sujet compliqué
et très sensible financièrement. a- D’abord précisons qu’il est évident que nous nous préoccupons comme
chacun de la sécurité du personnel de maintenance. Nous rappelons seulement que le décret numéro
95.380 y a pourvu et que, depuis,
celui- ci a permis de résoudre
les problèmes de sécurité. A noter que
nous n’avons jamais pu obtenir les statistiques
d’accident du travail depuis 1996,
ni obtenu de savoir
précisément si des accidents étaient
imputables à l’absence
d’équipements dès lors que les mesures nécessaires avaient été prises. Par contre, nous avons observé à de nombreuses
reprises que des équipements
installés au frais des copropriétaires (exemple dans les fosses ou sur les toits des ascenseurs) ne fonctionnaient pas… b- Ensuite nous voulons dire qu’il nous semble normal que le Ministère
du Travail soit favorable à ce que les copropriétaires soient astreints
à faire poser à leurs frais des équipements qui sécurisent mieux le
travail des intervenants : nous comprenons bien que le Ministère
préfère deux précautions à une seule, de même que certaines personnes
portent des bretelles et une ceinture. Ceci dit l’accord de ce Ministère
n’emporte pas notre adhésion et ne vaut pas argument. c- Enfin nous voudrions expliquer que lorsque ces travaux deviendront
obligatoires au frais des propriétaires, le coût de ceux-ci augmentera
de façon importante (ce que nous constatons déjà) et que plus aucune
possibilité de négociation n’existera. Des devis nous parviennent aujourd’hui où il apparaît que
les seuls travaux concernant
la sécurité des personnels de maintenance peuvent atteindre 15.000 Euros, la mise aux normes intégrale pouvant
atteindre 50.000 Euros. Nous sommes très loin des 20 à 30.000 Euros annoncés en
juillet 2002 par le Ministère
du Logement. Ainsi en sacrifiant à
une certaine forme de facilité bien compréhensible (faire payer aux
propriétaires des travaux concernant la sécurité du personnel de maintenance
au lieu de continuer à obliger les ascensoristes à assurer cette sécurité)
non seulement on n’améliorera pas forcément la sécurité des intervenants
mais on créera obligatoirement des difficultés financières supplémentaires
aux propriétaires et ceci alors même que la version finale de la
loi Habitat et Urbanisme a rétabli un équilibre entre
les obligations des ascensoristes et celles des propriétaires,
que ne restitue pas le décret, D’où nos objections de FOND et de
FORME. Espérant que ces nouvelles
réflexions que nous allons adresser également à la Commission Européenne
et au Conseil d’État pourront être prises en compte (dans la mesure
où elles mettent en avant essentiellement des préoccupations non catégorielles
et sociales) et vous en remerciant, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de
notre très haute considération.
|