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Objet : Sécurité des ascenseurs existants et stratégie des principaux ascensoristes Monsieur le Ministre Votre ministère a bien voulu consulter notre association sur l'opportunité d'un décret rendant obligatoires pour les immeubles existants certains dispositifs susceptibles d'améliorer la sécurité des ascenseurs et proposés par la commission ad - hoc de l'AFNOR, dont nous sommes membres. Nous avons répondu par écrit au courrier de votre administration et venons de participer à la réunion de présentation du 12 juin courant au cours de laquelle des bailleurs sociaux ont fait connaître leur préférence pour telle ou telle mesure. Nous formulons la plus solennelle mise en garde à l'encontre de la stratégie des principaux ascensoristes du marché français et leur action auprès des pouvoirs publics. Rappelons que les pratiques de cette profession ont été successivement punies ou dénoncées par les organismes officiels de protection de la consommation. Les motifs de notre défiance sont exposés dans l'annexe jointe. Elle est essentiellement fondée sur plusieurs facteurs. Ils montrent que les ascensoristes ont d'abord conquis leur marché en installant des machines au coût minimisé en négligeant des mesures de sécurité appliquées depuis des décennies en d'autres secteurs professionnels. La crise de la construction neuve venue, ils ont cherché à se créer un marché de substitution dans la rénovation des installations existantes. Animant les instances de normalisation, ils ont fait évoluer celle-ci afin de déclasser le parc installé, choisissant le forum le plus susceptible d'accueillir la mesure préconisée (ISO, CEE, AFNOR) pour l'imposer à des instances plus réticentes. Suivant les principes des écoles de vente à l'arraché, ils ont cherché à culpabiliser le prospect et exploitent le sentiment sécuritaire dont MASLOW a montré l'importance comme besoin à satisfaire chez l'homme. En l'occurrence, les multiples accidents rapportés par les médias résultent de cette défaillance généralisée de la maintenance que nous dénonçons. Parmi les mesures proposées pour être rendues obligatoires certaines performances devraient être obtenues avec les moyens actuels et un entretien satisfaisant. Selon l'expérience acquise auprès de nos adhérents, la première mesure de sécurité serait de contraindre les ascensoristes à exercer une maintenance correcte des installations qui leurs sont confiées, conformément aux prescriptions de l'arrêté du 11 mars 1977. Nous appelons en particulier votre attention sur les dépenses supplémentaires successives, exposées en annexe, dont le copropriétaire privé résident est accablé, alors qu'il ne peut prétendre à déduction avant impôt, au contraire d'une société commerciale ou d'un bailleur. Déjà on a constaté dans le passé que les bailleurs sociaux ne consommaient pas tous les crédits disponibles car les conditions de replacement financier des prêts accordés étaient devenues insuffisamment rentables. On observe une crise des logements disponibles à la location. Il est à redouter que les dépenses supplémentaires imposées aux immeubles collectifs ne découragent les propriétaires actuels et potentiels. Le renchérissement du coût de la construction s'oppose même au développement réclamé de logements de première urgence. Telles sont les observations que nous avons l'honneur de devoir porter à votre connaissance. En conséquence, si nous sommes favorables à la préconisation des mesures de sécurité envisagées, nous sommes défavorables à ce qu'elles soient rendues obligatoires dans les installations existantes. Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre très respectueuse considération. Le Président
Références : Ces industriels pendant des années ont installé des machines ne présentant pas des mesures de sécurité, appliquées depuis longtemps dans les ateliers. Depuis les années de crise dans la construction neuve, ils se sont efforcés de se créer un marché de substitution par la rénovation et le déclassement du parc existant par la modification de la normalisation. Ils ont exploité le sentiment sécuritaire pour créer artificiellement de nouveaux besoins, imposant au client la charge financière des mesures de sécurité initialement négligées. Volontairement ou sous la pression de contraintes sociales, les ascensoristes ont négligé la maintenance de leurs installations, contrairement aux obligations de l'arrêté du 11 mars 1977. Dès 1998 des techniciens dénonçaient l'obligation dans laquelle ils étaient de ne plus faire que de la maintenance corrective et de négliger les opérations préventives. Les services commerciaux exploitent le mécontentement des utilisateurs pour promouvoir des opérations de rénovation. Ainsi que nous l'avons montré dans l'étude "Normalisation et copropriété", adressée à vos services par le courrier cité en référence, la commission de normalisation ascenseurs est entièrement menée par des responsables de la fédération professionnelle, sans que les utilisateurs puissent s'exprimer utilement. L'origine des mesures soumises à votre approbation n'est qu'un avatar supplémentaire de la recherche par les industriels de l'accroissement de leur chiffre d'affaires au détriment d'un marché prisonnier. Dans les instances de normalisation, si les ascensoristes s'appliquent à multiplier les normes de sécurité susceptibles d'accroître leur chiffre d'affaires, ils se gardent bien, contrairement à nos demandes, d'étudier des normes de standardisation, d'interchangeabilité ou d'interopérabilité qui permettraient au client de choisir plus librement son prestataire de maintenance. Les ascensoristes se pressent au contraire, avant toute normalisation, de développer des systèmes automatisés à logique programmable qui rendront impossible de choisir une entreprise de maintenance différente du constructeur, ainsi que le permet encore actuellement la technologie électro-mécanique. Ainsi qu'en témoignent les documents que nous avons remis en séance aux organisateurs de la réunion, s'agissant d'immeubles de grande hauteur, le relevé de contrôles semestriels de l'APAVE montre que OTIS, contrairement aux demandes réitérées du Bureau de contrôle, n'a pas procédé dans le délai imposé par le règlement de sécurité des IGH au remplacement d'organes conditionnant directement la sécurité des utilisateurs. Il s'agit en l'occurrence des câbles de suspente de trois ascenseurs et des câbles du limiteur de vitesse de six machines. Nous ne pouvons que constater que les ascensoristes ont successivement bénéficié de mesures réglementaires rendant obligatoires : Il convient de relever les pratiques déloyales constamment mises en uvre par la plupart des ascensoristes. Déjà le ministre des finances avait imposé de fortes amendes au syndicat des ascensoristes et à la plupart d'entre eux pour pratiques anti-concurrentielles. La commission des clauses abusives dans une recommandation dénonçait celles relevées dans les contrats de maintenance. La DGCCRF instruit actuellement la recherche d'éventuelles pratiques concertées contraires à l'application de la loi sur les 35 heures. Du seul point de vue du copropriétaire, on doit relever : Nombre des mesures proposées comme obligatoires n'ont pour but que de promouvoir de nouvelles technologies plus simples d'entretien (variation de fréquence, barrières de détecteurs d'ondes). Elles auraient dû être réalisées lors de l'installation initiale ou seraient rendues inutiles par une maintenance conforme aux prescriptions de l'arrêté de 1977. Tel est le cas : L'ascensoriste aurait dû, dès les plans initiaux, refuser l'installation d'une machinerie dans le local prévu par l'architecte. Mesures réglementaires imposant des dépenses supplémentaires au propriétaire |