Nous
reproduisons un article du journal
« Le Monde » paru le 7 février et très éclairant.
N’oubliez
pas que le fioul se négocie tous
les jours et que sur le site de
copropriété-Services vous pouvez
- si vous êtes adhérent - comparer
les prix obtenus par votre syndic
et ceux obtenus par notre coopérative.
Vous
pouvez aussi - pour vos prochaines
commandes et toujours si vous êtes
adhérents collectifs à l’ARC -
consulter la coopérative
(au moins pour faire baisser les
prix de votre fournisseur).
Actuellement
nous sommes moins cher que les...
« grandes surfaces ». C’est
dire !
« Le pétrole restera cher et même extrêmement cher »
Entretien
Poussé par
la crise égyptienne, le baril de
brent
a franchi, lundi 31
janvier à Londres, la barre des
100 dollars, au plus haut
depuis plus
deux ans. Patrick Artus, directeur
de la recherche de la banque Natixis, revient sur les raisons et les conséquences de cette
hausse.
Pourquoi le prix du baril dépasse-t-il à nouveau
les 100 dollars ?
Toutes les
matières premières sont en hausse
depuis début 2009 et le phénomène
s'est accéléré en 2010.
Mais les causes ne sont pas les
mêmes. Dans les cas des métaux ou des céréales, les banques privées et les fonds d'investissements
destinés aux particuliers poussent
ceux-ci à y investir.
Dans le cas du
pétrole, on ne constate pas de positions financières
importantes. En revanche, la demande a progressé en un an de presque 3 %, alors que la production stagne. Il existe bien un spéculateur, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui crée la rareté en refusant de suivre la demande. Son argumentaire est le suivant : «Pourquoi voulez-vous que nous extrayions plus de barils pour recevoir en
échange un dollar
qui se déprécie ? Nous préférons conserver notre pétrole sous terre dans l'attente
d'une meilleure rémunération.»
Le baril à 100
dollars est-il une catastrophe pour les pays consommateurs?
C'est un énorme problème pour les pays développés. Mais la situation
est très différente des chocs
pétroliers de 1974 et de 1980
: les salaires étaient alors indexés
sur l'évolution des prix. Aujourd'hui, les salariés ne bénéficient plus d'un rapport de forces
favorable et les profits ont la
part belle.
Calculons : le déficit en énergie
de la zone euro représente 2,5 % du
produit intérieur brut (PIB).
Imaginons que le pétrole reste
à 100 dollars, contre 80 en moyenne
en 2010, et que l'euro baisse de 10 % ; rapporté aux 2,5 %
de PIB, cela donne 0,75 % de PIB perdu. Affinons
encore : quand nous achetons pour
100 euros aux pays pétroliers, nous
leur vendons environ 40 euros de
biens divers, soit 60 % de déficit. Rapporté
au 0,75
% de PIB perdu, ce rattrapage réduit
la perte de croissance à un demi-point. Cela fait mal, sauf aux pays exportateurs comme l'Allemagne.
Pour les pays en développement,
la réalité est tout autre. Ce n'est
pas la hausse du prix du pétrole
qui les plombe, mais celle de
l'alimentation, qui pèse un tiers
dans les dépenses des ménages.
Jusqu'où le prix du baril montera-t-il?
Pour l'heure, ce n'est donc pas une question de ressources,
puisque la capacité de production
est de 4 millions de barils/jour au-dessus de la demande mondiale de
pétrole. En revanche, l'Agence internationale
de l'énergie (AIE) et les
pétroliers nous annoncent que celle-ci va croître de1,5%
par ail et la capacité de
production de 0,4%. Dans cinq ans, au prix actuel, nous serons en présence d'une
insuffisance physique. Nous manquerons
de pétrole. Compte tenu de l'élasticité
faible de la consommation pétrolière
par rapport au prix, soit 0,005,
il, faudrait que les prix augmentent
jusqu'à 200 dollars en 2020 pour
susciter les investissements qui
permettraient une hausse plus rapide
de la production. On peut prédire
que le pétrole restera cher et même
extrêmement cher.
Peut-on maîtriser les fluctuations des cours des matières premières - dont
le pétrole -, comme le souhaite
l'Elysée?
En
matière de métaux ou de denrées
alimentaires, il serait sage de
restreindre la capacité des investisseurs
à en acheter et il existe
une vraie légitimité à réduire l'usage
des matières premières comme actifs financiers. Mes amis banquiers
hurleront, mais le G20 doit se pencher
sur cette limitation. Acheter une montagne de cuivre, c'est effrayant ! Cela n'augmente en rien la production de ce métal. Le prix du pétrole, lui, rien relève
pas du domine de la régulation financière
en raison de l'effet de sa rareté.
Quelle
est la solution ?
Avec Antoine d'Autuine, Philippe
Chalmin et Jean-Marie Chevalier, nous avons présenté en novembre
2010 un rapport « Les effets du
prix du pétrole élevé et volatil» - au Conseil d'analyse économique
du premier ministre qui formule
des propositions pour faire face
à ce défi.
Nous pensons
qu'il faut utiliser toutes les formes
d'énergie sans exclusive ni préférence, l'hydraulique comme le
pétrole, le solaire comme
le nucléaire.
C'est trop
tard, hélas, mais il eût fallu instituer
une taxation carbone tout de suite,
quitte à la faire disparaître progressivement
au rythme de l'augmentation du prix
de l'énergie. Il nous semble impératif
qu'il n'y ait à l'avenir aucune
exemption pour la taxation des émissions
de gaz à effet de serre, ni pour
les ambulanciers, ni pour les patrons
pêcheurs, ni pour les smicards,
etc.
Enfin, il est essentiel d'accélérer l'isolation de notre parc immobilier
et le renouvellement de notre parc
transports.
Propos recueillis par Alain Faujas ».