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ARC. DOSSIER DU MOIS D' AVRIL 2004©
Les syndics,
l’ARC et les experts comptables
Depuis quelques temps des conseils
syndicaux adhérents à l’ARC nous font remonter le problème
suivant : à la suite d’un contrôle des comptes et
de gestion effectués par le conseil syndical avec l’aide d’un
contrôleur de l’ARC, leur syndic - souvent lourdement mis en cause
dans le rapport établi par le contrôleur - se met à
contester les compétences de l’ARC et surtout à mettre
en doute la valeur de ces rapports dans la mesure où (disent
les syndics) ils n’ont pas été réalisés
par des experts-comptables.
Si nous comprenons bien qu’il est
particulièrement désagréable de se faire lourdement
épingler, nous ne pouvons pas laisser prospérer de tels
arguments et allons ci-dessous montrer :
- non seulement que l’aide apportée par
l’ARC aux conseils syndicaux est bien préférable à
celle que peut apporter un expert-comptable (disons, pour ne froisser
personne : la majorité des experts-comptables) ;
- mais encore que l’intervention d’un expert-comptable
(comme quelques adhérents ont pu le constater à leurs
dépens) peut même - dans certains cas - avoir des effets
négatifs.
I - Comptabilité
et copropriété
- Aujourd’hui il n’existe AUCUN " plan
comptable " ni aucune règle comptable applicable
aux syndicats de copropriété :
- ni nomenclature des comptes ;
- ni règles impératives concernant
la tenue des comptes ou leur présentation ;
- ni obligation ou interdiction particulière.
(N.B : même
si le décret comptable devait sortir, celui-ci ne s’appliquerait
sans doute qu’aux comptes à partir du 1er janvier
2006, ce qui veut dire que les comptes 2003, 2004 et 2005 ne seraient
toujours pas concernés par ces règles).
- Dès lors demander à un expert-comptable
ou un commissaire aux comptes de contrôler les " comptes "
d’un syndicat de copropriétaires n’a que peu de sens puisque
celui-ci ne va pas pouvoir mesurer la différence entre la norme
existante et la réalité. Mais cela n’est qu’une partie
des problèmes.
- En effet, la vraie question est qu’en copropriété
- outre les problèmes de comptabilisation - se posent de nombreux
problèmes concernant les dépenses elles-mêmes
qui n’ont rien à voir avec la comptabilité : engagement
légal ou non ; conformité aux contrats, stricte
application des décisions d’assemblées générales,
contrôle des consommations de fluide (cohérence) respect
des dispositions de la convention collective des gardiens ou employés
d’immeuble, etc, etc. L’expert-comptable n’est pas du tout formé
à ce travail. Nous allons d’ailleurs le démontrer.
II - Contrôle
de comptes et copropriété
- Pour cela il faut préciser ce que recouvre
la notion de " contrôle de comptes ".
Beaucoup de conseils syndicaux mais aussi de syndics et des comptables
(experts ou non) estiment que le contrôle se réduit à
vérifier les dépenses ou, de façon encore
plus restrictive, vérifier que les factures imputées
aux copropriétaires existent bien.
- Evidemment si ce pointage élémentaire
est AUSSI à faire (on repère encore actuellement
lors des contrôles des factures qui ne concernent PAS la copropriété
ou ont déjà été imputées
sur l’exercice passé), ce n’est qu’une toute petite partie
de ce qu’on appelle le contrôle des comptes.
- Pour bien comprendre ce que celui-ci recouvre
nous allons donner la liste (non exhaustive) des opérations
de contrôle auxquelles nous nous livrons, à l’ARC. Nous
expliquerons ensuite :
- pourquoi les experts-comptables ne peuvent
pas (sauf rares exceptions) procéder à ces contrôles ;
- pourquoi les syndics préfèrent
les experts-comptables à l’ARC.
III
- La liste des opérations de contrôle effectuées
par l’ARC
Un contrôle comporte au moins
trois parties :
- Analyse des dépenses et de la répartition
des dépenses, à savoir :
- analyse des factures et de leur conformité
aux dispositions réglementaires sur les prix ;
- analyse de la régularité, par
le syndic, des engagements de dépense :
- respect des résolutions d’assemblée
générale ;
- respect des dispositions du paragraphe 2
de l’article 21 de la loi du 10 juillet 1965 ;
- respect des obligations contractuelles et
légales du syndic ;
- analyse des factures en regard des contrats ;
- analyse des factures en regard des devis, ordres
de service, bons d’attachement.
- analyse des consommations et de leur cohérence
(eau ; électricité ; combustible) ainsi
que de la gestion des répartitions (cas des compteurs divisionnaires) ;
- analyse des contrats et du respect de leurs
dispositions financières :
- directes (prix, clause d’indexation) ;
- indirectes (intéressement, pénalités…) ;
- analyse des frais de personnel et vérification
de la bonne application de la convention collective des gardiens
et employés d’immeuble.
b) Analyse des comptes, à
savoir :
- Étude des comptes des copropriétaires
débiteurs et créditeurs (analyse des historiques) :
- repérage des éventuelles anomalies
comptables ET extra-comptables ;
- analyse, le cas échéant, des
mesures de recouvrement engagées (coûts, efficacité,
adaptation).
- Étude des comptes fournisseurs :
- Étude des comptes " travaux "
et " sinistres "
- Étude des comptes d’attente.
(N.B : Ces analyses
se font par étude des historiques complets, des justificatifs
comptables fournies et des explications EXTRA-COMPABLES).
- Rapprochement bancaire éventuel.
c) Analyse des recettes ;
à savoir entre autre :
- Contrôle des déclarations de sinistres
et donc études des dossiers sinistres
- Contrôle des indemnités de sécurité
sociale
- Contrôle des intérêts de retard,
pénalités judiciaires et donc des dossiers de recouvrement
IV - Pourquoi les
experts-comptables ne peuvent pas faire ces contrôles
(sauf cas exceptionnel)
- Le cahier des charges évoqué dans
le point précédent correspond,
selon nous, à un VRAI contrôle des comptes.
Il ne peut en aucun cas être
fait par un expert-comptable seul car il requiert des connaissances
très spécifiques et approfondies :
- en droit de la copropriété ;
- en droit relatif à certains domaines
(convention des gardiens, par exemple) ;
- en gestion immobilière (contrats ;
chauffage ; eau, etc.) ;
- en droit de la consommation (réglementation
des prix, par exemple).
- Ce n’est donc pas faire injure aux experts-comptables
que de dire qu’ils ne peuvent faire ce travail. L’expert-comptable
fait un contrôle " comptable " ;
parfois il étudie certains problèmes de gestion (dérive
du budget prévisionnel ; analyse des charges sociales)
en aucun cas un " contrôle des comptes "
au sens rappelé plus haut. Il s’agit d’un constat de bon sens…..
- Par ailleurs nous avons remarqué que même
l’analyse des " comptes de bilan " (appelés
" état des dettes et des créances ")
était souvent faite de façon trop superficielle
par un expert comptable. Prenons trois exemples :
- comptes des copropriétaires débiteurs
vendeurs : l’expert n’ira pas chercher si l’existence d’un
solde débiteur (a priori anormale) est bien justifiée ;
- comptes " fournisseurs " :
l’expert n’ira pas contrôler que la dette est bien " certaine " ;
- comptes d’attente : l’expert n’ira
pas demander les explications extracomptables qui, souvent, permettent
de contester juridiquement les soldes constatés, etc. etc.
V - Pourquoi les
syndics préfèrent les experts-comptables
- Les comptes des syndics - même en l’absence
de normalisation comptable - sont en général bien tenus.
Chez eux aussi " un et un font deux ".
- Lorsqu’un syndic - sous prétexte de faire
venir (au frais des copropriétaires) un vrai " professionnel
du chiffre " - exige que le conseil syndical fasse appel
à un expert-comptable, il fait ainsi une double bonne opération :
- d’abord il " échappe "
à un VRAI contrôle de sa gestion comme nous l’entendons
; ainsi personne ne relèvera ses erreurs éventuelles
en matière de gestion des payes ; de gestion (ou absence
de gestion) des compteurs d’eau ; de suivi (ou d’absence de suivi)
des contrats, d’absence de réaction par rapport à des
dérives de chauffage, de facturation illégales, etc.
- ensuite il obtient - toujours aux frais des copropriétaires
- un certificat de bonne tenue de comptes de la part d’un expert-comptable
qu’il n’aura aucun mal à transformer en certificat de rigueur
plus honnêteté plus bonne gestion ; " Vous
voyez, dit-il, l’expert-comptable est venu et n’a rien trouvé
(si ce n’est deux ou trois tout petit rien) ; DONC je suis
au-dessus de tout soupçon de mauvaise gestion ".
Ceci dit au-delà des
problèmes de gestion, l’ARC dispose AUSSI d’une expertise
reconnue en matière " comptable ".
Voyons cela.
VI - Les " références "
de l’ARC
- Outre le fait que l’ARC est désormais
reconnue comme une des trois organisations nationales de copropriétaires
représentatives, aussi bien par le Ministère du Logement,
celui de la Justice, celui de l’Économie et des Finances, celui
du Travail, celui de la Santé celui de la Ville, celui de l’Industrie,
celui de l’Écologie, précisons SURTOUT que l’ARC est
l’une des deux seules associations à avoir siégé
dans la commission de travail mise en place par le Conseil National
de la Comptabilité pour élaborer le PLAN COMPTABLE ADAPTÉ
à la copropriété et que dans cette commission
elle siégeait à égalité avec l’Ordre des
experts-comptables.
- Cela prouve que les plus hautes autorités
comptables de ce pays non seulement estiment que l’ARC a une véritable
expertise en ce domaine, expertise visiblement partagée par
peu de personnes morales, mais qu’en plus elles pensent que cette
expertise peu aider à définir une NORME comptable. A
noter d’ailleurs que le Gouvernement vient de nommer une commission
d’experts pour finaliser le décret comptable applicable à
la copropriété et que, dans cette commission qui ne
regroupe que sept experts on trouve, comme par hasard, le Directeur
de l’ARC, Bruno DHONT qui représente l’ARC ès qualité.
- A cela s’ajoute le fait que l’ARC est désormais
reconnue comme expert également par des collectivités
territoriales de toutes natures et de toutes tendances (Conseils Régionaux ;
Conseils Généraux ; Communes) ainsi que par des
agences publiques (ANAH), l’État (Préfectures ;
Ministère du Logement et Ministère de la Ville) - qui
dans le cadre de commandes publiques missionnent régulièrement
l’ARC pour assurer des audits de comptes et de gestion des copropriétés
classées en difficulté.
- A cette double reconnaissance officielle rajoutons
que l’ARC est la seule organisation à avoir :
- réalisé un guide comptable uniquement
centré sur la comptabilité des copropriétés ;
- mis au point une méthode de contrôle
des comptes et de gestion adaptée à la copropriété.
VII - Le contrôle
des comptes et le futur décret comptable
- Le futur décret comptable (à la
rédaction duquel l’ARC est associée, rappelons-le) introduira
sans doute une NORME comptable pour les copropriétés.
Nous reviendrons très très longuement sur ce décret
quand il sera paru. Une chose est certaine :
- ce décret va complexifier la comptabilité ;
- dès lors la tentation sera grande de faire
contrôler le respect de la norme par un expert-comptable ;
- le problème est que, pas plus qu’aujourd’hui,
celui-ci ne rentrera dans les VRAIS problèmes de gestion ;
- le problème sera également que
n’importe quel bon comptable spécialiste de la copropriété
aura plus de facilité qu’un expert comptable pour contrôler
le respect de la nouvelle norme adaptée à la copropriété
(or, les comptables travaillant à l’ARC sont naturellement
des spécialistes de la copropriété) et ceci pour
une raison simple : la norme comptable ne partira pas du plan
comptable général ; elle concernera une vingtaine
de points très spécifiques au fonctionnement même
de la copropriété qui restera toujours un peu opaque
aux non-spécialistes et non-praticiens de la Copropriété.
- Le moment venu nous expliquerons COMMENT des
conseils syndicaux pourront faire pour contrôler ET le respect
de la norme comptable ET la qualité de la gestion de leur syndic
sans pour autant devoir " casser leur tirelire "
en faisant appel à des experts dont les coûts de prestation
peut facilement être cinq à dix fois supérieurs
à ceux de l’ARC pour une efficacité bien différente
comme on l’a vu.
- De toute façon, comme indiqué plus
haut cela ne sera à l’ordre du jour qu’en 2006, voire plus
certainement en 2007… Nous aurons donc tout le temps de revenir dessus.
Vous saurez maintenant reconnaître
un syndic qui n’a pas trop envie qu’on regarde sa gestion de près.
C’est celui qui, paradoxalement, vous dira : " Un
expert-comptable, oui (à vos frais) ; l’ARC, non ! ".
Désormais, aussi, vous saurez pourquoi et quoi
répondre.
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