ARC. DOSSIER DU MOIS DE DECEMBRE 2004 ©

Ascenseurs : les arrêtés du 18 novembre 2004 sur les travaux de sécurité et l’entretien.


 

Pour bien comprendre les arrêtés qui viennent de sortir, nous vous conseillons :

 

a)      de lire le dossier qui suit ;

b)      de lire les chapitres 18 et 32 de la dernière édition (novembre 2004) du Manuel du Conseil Syndical qui traitent des travaux et des contrats d’ascenseurs

c)      de lire quand il paraîtra - mi janvier - le guide que l’ARC finit de rédiger et qui sera publié par les éditions VUIBERT intitulé : « Ascenseurs : comment éviter le pire ? ».

d )      de lire le guide réalisé par le Ministère du Logement et auquel l'ARC a participé activement ;

-   Comment s'articule la nouvelle réglementation avec les textes existants
- Travaux
- Entretien
- Contrôle technique
- Droit d'information des occupants de l'immeuble
- Illustrations des améliorations attendues des dispositifs obligatoires

- Textes réglementaires :

- Extrait de la loi n° 2003-590 du 2 juillet 2003 urbanisme et habitat ( documents pdf)

- Décret n° 2004-964 du 9 septembre 2004 relatif à la sécurité des ascenseurs et modifiant le code de la construction et de l'habitation ( J.O. du 10 septembre 2004)

- Arrêté du 18 novembre relatif aux travaux de sécurité à réaliser dans les installations d’ascenseurs ( J.O. du 28 novembre 2004)

- Arrêté du 18 novembre relatif à l’entretien des installations d’ascenseurs ( J.O. du 28 novembre 2004)
- Annexe : Liste des opérations minimales d’entretien et fréquences minimales de vérification (ascenseurs électriques & hydrauliques)(doc pdf)

- Arrêté du 18 novembre relatif aux contrôles techniques à réaliser dans les installations d’ascenseurs ( J.O. du 28 novembre 2004)
- Annexe :Liste des contrôles et conditions de réalisation (doc pdf)

 


N.B : le Ministère du Logement devrait par ailleurs faire paraître un guide à la rédaction duquel l’ARC a participé et qui répond aux questions que peuvent poser ces arrêtés.

    Plan du dossier

      1. Introduction à lire absolument.
      2. Les travaux : ce dont il faudra se méfier :
        1. les enjeux financiers ;
        2. les 17 points de sécurité : ce qu’il faut savoir, ce dont il faut se méfier.

         

      3. Les nouveaux contrats.
        1. Présentation des nouvelles obligations concernant les ascensoristes :
          • avant le contrat ;
          • pendant le contrat ;
          • à la fin du contrat.

                1. Quelles sont les clauses obligatoires minimum qu’un nouveau contrat doit contenir ?
                2. Quelles sont les opérations d’entretien minimum obligatoires ?
                3. Quelle est la nouvelle liste des pièces dont le changement est obligatoire ?
                4. Quelques conseils pour bien négocier le contrat.

           

          A- Introduction à lire absolument

          Les arrêtés " travaux de sécurisation " et " entretien " concernant les ascenseurs étant publiés (Journal Officiel du 28 novembre 2004), rien n’arrêtera plus désormais l’appétit des ascensoristes.

          Il faut donc être bien informé pour résister à la désinformation commerciale dont les copropriétaires sont déjà et seront les cibles.

          Or, ayant longuement négocié les arrêtés, nous sommes bien placés pour savoir qu’il existe de nombreux moyens pour éviter les travaux inutiles puisque nous-mêmes avons réussi (parfois après de nombreuses négociations) à introduire des dispositions particulières. Prenons deux exemples, parmi trente :

          1. Les serrures : les ascensoristes auraient voulu imposer des protections spéciales systématiques contre tout risque de projection de liquide ; or nous avons fait rajouter une disposition dans l’arrêté qui dit que cette protection spéciale n’est à mettre en place que : "  lorsque la présence ou la projection de liquide est constatée, ". Il suffira donc soit de faire savoir à l’ascensoriste qu’il n’y a pas eu " constat " de projection, soit d’adresser une note à l’employé d’immeuble ou la société de nettoyage lui demandant de ne pas nettoyer la cabine à grande eau ; ainsi vous pourrez échapper à cette obligation coûteuse.
          2. Dispositif anti-contact : l’arrêté prévoit la mise en place de dispositif anti-contact quand il n’y a rien, mais nous avons obtenu que quand existait déjà un dispositif dit de " contact  de choc " (la porte heurte le corps ou l’objet mais se ré-ouvre), cela suffirait. Avec cette information vous pourrez donc écarter le " commercial " qui voudrait vous vendre un rideau électronique de confort pour 2.000 Euros.

          Dans le présent dossier nous donnons un certain nombre de conseils, extrait de notre guide le Manuel du Conseil Syndical (édition novembre 2004). Nous allons sortir aux éditions VUIBERT un ouvrage beaucoup plus complet de 300 pages dès le 15 janvier qui ira encore plus loin dans l’analyse et la mise en lumière des pièges possibles. Un peu de patience, donc et, en attendant bonne lecture du présent dossier.

          B- Les travaux de sécurisation

          1. Les enjeux financiers concernant les travaux

            • Prenons le cas d’un ascenseur ancien dont la " mise en conformité " pourrait ne coûter QUE 20 000 E ;
            • grâce à l’habilité commerciale des uns, la pseudo mise en concurrence des autres, les informations partiellement (in)exactes concernant les obligations qui pèsent sur les usagers, et la pratique coûteuse de la sous-traitance (pour la serrurerie, par exemple, ou la mise en conformité de l’électricité) nous arrivons facilement aujourd’hui à 40 000 Euros.

          L’enjeu n’est donc ni plus ni moins – si l’on ne fait rien – que le doublement du prix de la mise en conformité, ceci portant sur des sommes considérables.

          Il faut donc être plus que vigilant et prêt à résister à tous les prêchi-prêcha des uns et des autres. Lisez attentivement le point 7 ci-dessous.

          II- Les 17 points de sécurité : ce qu’il faut savoir, ce dont il faut se méfier

          L’arrêté concernant les travaux donne des précisions parfois très subtiles qui permettront, dans bien des cas, de limiter les travaux, voire de refuser de céder à la pression commerciale des ascensoristes.

          Nous donnons ci-dessous quelques indications et renvoyons ceux qui sont concernés par ces problèmes au guide complet (300 pages) que nous allons consacrer à ces problèmes et qui sortira aux éditions VUIBERT le 15 janvier 2005.

          1. Verrouillage sécurisé des portes battantes palières (tous les immeubles) : 3 juillet 2008 (il s’agit de la date limite)
          2. Les portes doivent avoir des serrures munies de dispositifs de contrôle de la fermeture et du verrouillage des portes palières.

            L’objectif principal est d’empêcher l’ouverture de la porte palière si la cabine n’est pas arrêtée à ce palier.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Sur les 17 points de sécurité à traiter c’est sans doute l’un des plus réellement préoccupants (problèmes des enfants). Ceci dit il faudra faire attention aux abus.-

            Deux abus en particuliers seront à écarter :

            – la volonté commerciale de certains ascensoristes de changer des serrures conformes mais ayant seulement le défaut d’avoir quelques années...

            – la proposition de mise en place (à la place des portes battantes existantes) de portes coulissantes qui écartent le problème des serrures mais coûtent très cher.

             

          3. Dispositions antivandalisme concernant le déverrouillage des portes battantes des ascenseurs : 3 juillet 2008
          4. Il s’agit de mettre en place en cas de " nécessité " (exemple : immeuble fortement vandalisé, par exemple) un système soit avertissant les usagers en cas de danger (porte déverrouillée en l’absence de l’ascenseur, par exemple), soit empêchant ou rendant très difficiles les possibilités d’actes de vandalismes portant atteinte au verrouillage.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Ces obligations seront fonctions de la " nécessité ", elle-même appréciée par le propriétaire de l’appareil, donc la copropriété. Nous avons, en effet, réussi à empêcher que le décret n’oblige toutes les copropriétés situées en " zones sensibles " à respecter ces obligations.

            Il faudra résister, cependant, aux pressions des ascensoristes, qui – dans les immeubles difficiles – vont essayer de faire peur à la copropriété sur l’air de : " attention, si vous ne mettez pas certains équipements en place et qu’il y a un accident, votre responsabilité sera lourdement engagée ".

            Nous pouvons vous aider – pour échapper à ce piège – à faire vous-même une " étude de risque " qui couvrira la copropriété.

          5. Système anticontact sur les portes coulissantes : 3 juillet 2008
          6. L’obligation (si la porte ne dispose pas déjà d’un contact de choc) est d’avoir un système de détection de présence de personnes dans le champ de la porte coulissante pour l’empêcher de se refermer.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Cette mesure est une mesure plus de " confort " que de sécurité que certains ont réussi à imposer pour des raisons commerciales. Méfiance, donc.

            À noter que cela ne concerne que les ascenseurs qui n’ont qu’une seule porte coulissante.

            Les ascensoristes vont essayer d’imposer des systèmes coûteux (rideaux électroniques). Méfiance, donc.

            Par ailleurs, si votre ascenseur date au moins de 1982 vous n’êtes, en principe pas concernés. Mais même s’il est antérieur, il est possible que vous puissiez échapper à cette obligation.

          7. Clôture satisfaisante des gaines d’ascenseur : 3 juillet 2008
          8. Il s’agit d’assurer une fermeture sécurisée de la gaine (hauteur suffisante mais aussi maillage assez fin en cas de grille).

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Pour beaucoup d’appareils le coût de remplacement du grillage sera très élevé notamment dans les installations d’avant 1950.

            Dans ces cas le risque est d’arrivée à un prix supérieur à celui d’un appareil neuf quand on fait la somme totale des obligations et travaux à effectuer. Dans un tel cas la solution la plus sage et la plus économique sera donc de changer d’appareil.

          9. Protection en cas de survitesse en descente pour les ascenseurs électriques : 3 juillet 2008
          10. Il faut que l’appareil soit équipé d’un " parachute " (qui soit approprié) ou d’un limiteur de vitesse (lui aussi approprié) en descente (ascenseur électrique).

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            À noter que, heureusement, rares sont les appareils qui ne sont pas équipés de ces systèmes.

            Un cahier doit être réalisé par l’AFNOR (l’Association Française de Normalisation, dont fait partie l’ARC) permettant de savoir précisément QUAND les travaux seront nécessaires et QUE faire (comme pour les serrures palières). Il est en cours de réalisation et ne sera pas prêt tout de suite. Là encore, méfiez-vous de ceux qui voudront vous presser.

          11. Protection contre la chute en gaine des usagers : 3 juillet 2008
          12. Il s’agit de disposer d’un système de protection empêchant la chute en gaine d’un usager lorsque l’ascenseur est arrêté entre deux étages et que la porte palière est ouverte.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Lorsqu’un ascenseur est bloqué entre deux étages, il arrive souvent que les usagers se désincarcérent eux-mêmes en arrivant à ouvrir les portes ; ils sautent alors sur le palier et se retrouvent devant le trou béant de la cage. Or il est arrivé quelques très rares fois que certains rebondissent sur le palier et tombent dans la gaine.

            Il faudra en principe mettre en place une plaque de 0,75 cm sous l’ascenseur. Pour cela il faut disposer d’une fosse de l’ordre de 1,10 m en raison de la présence d’un ressort de fond de fosses. Or beaucoup de fosses ne dépassent pas 0,80 cm.

            Diverses solutions sont possibles si la fosse n’est pas assez profonde.

            Il est cependant possible que des esprits ingénieux mettent au point des systèmes nouveaux d’ici quelques années. Donc, là encore :

            - étudiez le problème ;

            - n’acceptez pas les solutions onéreuses ou sophistiquées ;

            - consultez-nous.

          13. Pouvoir arrêter la cabine depuis la cuvette, la gaine ou le toit de la cabine : 3 juillet 2008
          14. Il s’agit d’avoir un dispositif permettant aux ouvriers de maintenance d’arrêter la cabine depuis la cuvette, la gaine ou le toit de la cabine.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            En principe un ascensoriste " normal " qui a le souci de la sécurité de son personnel aurait du depuis le décret de juin 1995 mettre en place ces interrupteurs dont la pose (à prix coûtant) est d’un montant très faible. Faites donc attention, si depuis 1995 (neuf ans !) l’ascensoriste ou les ascensoristes n’ont rien fait.

            On se méfiera aussi des ascensoristes qui proposeront le changement de boutons STOP installés relativement récemment, ceci pour de simples questions de hauteur.

            À noter : pour les points de sécurité N° 7, 8, 9, 14, 15 et 16, faire très attention :

            a) les copropriétés ont soit jusqu’au 3 juillet 2008 soit jusqu’au 31 juillet 2013 pour faire les travaux ;

            b) en attendant – et même si votre ascensoriste dit le contraire – il reste responsable des problèmes (décret 95-826).

            Donc :

            1) pas de précipitation ;

            2) si votre ascensoriste veut que les travaux soient faits rapidement qu’il propose des prix raisonnables.

             

            A noter : l’arrêté a introduit dans ce septième point une nouvelle obligation, celle concernant l’éclairage de la gaine ; or ce problème aurait dû être traité dans la mesure numéro 16. La conséquence est que le délai est ramené de 2013 à 2008.

            Nous allons saisir le ministère de ce point considérant qu’un arrêté non visé par le Conseil d’État ne peut pas aller plus loin que le décret ; en attendant, refusez cette mesure.

          15. Accès sécurisé aux locaux techniques : 3 juillet 2008
          16. Il faut que le matériel en place (échelle, trappe) permette un accès sécurisé aux locaux de machines ou des poulies.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Les " mises aux normes " ont – très souvent – déjà été faites depuis juin 1995 ; de très nombreux abus ont d’ailleurs été constatés, les échelles étant vendues à prix d’or et les crosses de rétablissement au poids de l’argent.

            Un conseil : si vous n’avez pas encore procédé à ces travaux, faites appel à votre serrurier ; vous paierez deux fois moins cher.

          17. Protection du personnel lorsqu’il pénètre en gaine ou en cuvette : 3 juillet 2008
          18. Il faut avoir un système d’ouverture des portes de visite de la gaine et de la cuvette permettant l’arrêt de l’ascenseur lors de l’ouverture de ces portes par les intervenants.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            La plus grande partie du parc n’est pas concernée.

            Le dispositif est simple et ne doit pas coûter cher (juste un contact de porte).

          19. Précision d’arrêt suffisante de la cabine aux paliers : 3 juillet 2013
          20. On aura neuf ou quatorze ans pour disposer, si ce n’est pas le cas, d’un système permettant d’assurer une précision d’arrêt de plus ou moins 2 centimètres (2013 pour les ascenseurs installés avant le 1er janvier 1983, 2018 pour ceux installés après 1983) à tous les niveaux.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            L’ARC s’est battue deux ans pour éviter que la précision d’arrêt soit de 1 centimètre, comme le voulaient les ascensoristes. En effet s’il avait été imposé, ce niveau de précision aurait été impossible à obtenir par réglage…

            À noter : il est quand même incroyable qu’on ait essayé de faire croire qu’au-delà de 1 centimètre, la sécurité des usagers était en jeu ! À 4 ou 5 centimètres, d’accord, mais pas à 1,5 centimètres !

            1. Refusez – si votre ascenseur a un moteur deux vitesses pouvant descendre à 0,25 mètre /seconde – la pose coûteuse d’un variateur de fréquence.

            2. Exigez que l’ascensoriste procède à des réglages.

             

          21. Protection des usagers bloqués dans l’ascenseur : 3 juillet 2013
          22. Il faut disposer d’une part d’un dispositif de téléalarme entre la cabine, la cuvette, le toit de la cabine et un service d’intervention et, d’autre part d’un éclairage de secours dans la cabine.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Il s’agit de permettre aux personnes qui sont bloquées dans l’ascenseur d’une part d’être assurées que leur appel est pris en charge, d’autre part de ne pas rester dans le noir complet en attendant les secours.

            Évitez la télé-surveillance, la téléalarme (téléphone mains-libres) étant nettement suffisante.

            En ce qui concerne l’éclairage de sécurité, faites en sorte qu’il soit associé à l’alimentation secours du téléphone.

          23. Absence de dangerosité des portes palières vitrées : 3 juillet 2013
          24. Il faut avoir des vitrages de portes palières suffisamment résistants.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Il s’agit d’éviter que les vitres des portes d’ascenseur (dites : " oculus " du latin oculus qui veut dire " petit œil ") ne se cassent et ne blessent des usagers.

            Naturellement il faudra faire attention qu’on ne vous change pas de vitrage, alors que vous avez déjà du verre de sécurité.

          25. Protection contre les survitesses en descente (ascenseur hydraulique) : 3 juillet 2013.
          26. Il s’agit de disposer d’un dispositif de protection contre la chute libre, la survitesse ou la dérive (ascenseur hydraulique).

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Très peu d’ascenseurs hydrauliques sont concernés.

            Donc soyez vigilant.

          27. Protection du personnel de maintenance contre l’électrocution : 3 juillet 2013
          28. Il faut disposer de systèmes de protection concernant les armoires ou tableaux électriques.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Il s’agit de mieux protéger les ouvriers contre les risques d’électrocution.

            Ne passez surtout pas par votre ascensoriste pour faire ce travail ; votre électricien vous prendra deux fois moins cher.

             

          29. Protection du personnel de maintenance en machinerie : 13 juillet 2013
          30. Il faut disposer d’un dispositif de protection contre le happement (poulie et câbles).

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            Il s’agit d’éviter que les vêtements du personnel de maintenance ne soient happés par des câbles, voire également les doigts.

            On note beaucoup d’exagérations dans ce domaine, alors que la pose d’un capot devrait être très bon marché.

            Lire le nota bene sous le point (7).

          31. Éclairement suffisant en local machinerie : 3 juillet 2013
          32. Il faut disposer d’un éclairage " suffisant " dans le local des machines ou des poulies.

            Ce qu’il faut en penser

            Les pièges à éviter

            L’objectif (louable) est de permettre aux personnels de maintenance de travailler de façon plus confortable et plus sécurisée.

            Là encore ne laissez pas l’ascensoriste faire un travail que votre électricien pourra faire pour beaucoup moins cher...

             

          33. Protection contre la survitesse en montant (ascenseur électrique de PLUS de 300 kilogrammes) : 3 juillet 2018

          Il faut disposer d’un dispositif contre la survitesse en montée d’un ascenseur électrique (de plus de 300 kilogrammes, cependant ; faire attention).

          Ce qu’il faut en penser

          Les pièges à éviter

          Le ministère a voulu lutter contre un risque quasi inexistant, les rares accidents constatés sur ce point venant souvent d’un défaut de maintenance.

          Par ailleurs de nouveaux brevets permettront sans doute d’ici quatorze ans de faire face à cette obligation pour beaucoup moins cher qu’aujourd’hui. Donc, pas de précipitation.

           

          C- Les nouveaux contrats

           

          1. Présentation des nouvelles obligations concernant les ascensoristes

          1. Avant la signature du contrat

          1. Établissement d’un état initial de l’installation établi contradictoirement
          2. Avant toute signature de contrat le prestataire doit faire un état des lieux. Ainsi il dira ce qui va et ne va pas et, à défaut de réserves de sa part, il devra assurer l’entretien à ses frais.

            Cette disposition est bien entendu capitale. En effet si l’ascensoriste émet des réserves on pourra alors se retourner – avec des arguments – contre l’ancien titulaire.

            À défaut le nouveau prestataire ne pourra pas se prévaloir de problèmes concernant l’appareil pour ne pas assumer son contrat.

          3. Établissement d’un PLAN d’entretien ou de maintenance des appareils.
          4. L’ascensoriste doit établir un plan d’entretien qui doit indiquer comment sont intégrées les données propres aux caractéristiques du site (y compris ses caractéristiques " sociales " ou la présence de populations difficiles), au trafic prévisionnel et à la technologie de l’appareil.

            Le décret indique que ce plan d’entretien est remis " à titre d’information ". Qu’est-ce que cela veut dire ? Que ce plan est seulement " indicatif " ? Que si l’ascensoriste ne le respecte pas, il ne risque rien ? C’est ce que certains croient.

            Or penser cela, c’est confondre : " à titre d’information " et " à titre indicatif ". Une information, en effet, peut valoir " contrat " et il faudra faire en sorte que cela soit le cas.

            ENCART

            Important : l’annexe au décret sur l’entretien des ascenseurs fournit la liste des opérations minimum d’entretien. Vous pouvez vous y reporter avec profit pour mieux négocier votre plan d’entretien.

          5. Établissement d’un contrat incluant de nombreuses clauses obligatoires.
          6. L’ascensoriste doit désormais établir un contrat où il intègre obligatoirement des clauses minimales nombreuses. Nous étudions plus loin ces clauses minimales.

            À noter : l’existence de clauses minimales n’empêche pas de négocier des clauses allant au-delà.

            À noter encore : certains ascensoristes vont vouloir augmenter de façon importante le prix de leur contrat en raison de la présence de ces clauses. Nous verrons que cela ne doit pas être le cas et vous donnerons des arguments pour cela.

             

          7. Obligation d’assurance

          L’ascensoriste doit avoir une assurance couvrant sa responsabilité (en cas de dommages corporels et matériels causés à l’occasion de ses interventions).

          2. Pendant le contrat

           

          1. L’ascensoriste doit assurer des opérations d’entretien minimum et la réparation ou changement de certaines pièces

          Le décret de 1977 est abrogé. Il est fixé une nouvelle liste :

          • des opérations d’entretien et de leur périodicité ;
          • de la réparation ou changement de certaines pièces.

          Nous donnons aux points 3 et 4 (un peu plus loin) la liste de ces opérations et pièces.

          A noter : l’ascensoriste devra dans les nouveaux contrats assurer la désincarcération 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et les dépannages 7 jours sur 7.

          1. L’ascensoriste doit assurer la tenue d’un carnet d’entretien
          2. Le carnet d’entretien doit indiquer :

            • la date, l’heure d’arrivée et de départ ; le nom et la signature du technicien ;
            • les observations, les interventions, les travaux, les modifications, les remplacements de pièces qui ont été effectués ;
            • en cas de dépannage, la date et la cause des incidents et des réparations.

            1. L’ascensoriste doit assurer l’information du propriétaire et des tiers
            2. Là encore, décret et arrêté prévoient des obligations précises :

              a- l’ascensoriste devra assurer l’accessibilité au carnet d’entretien,

              b- si un système de " traçabilité " existe (c’est-à-dire un système informatique permettant de savoir quelles ont été les interventions effectuées) sur l’ascenseur, il devra en assurer l’accès gratuitement au client,

              c- tous les ans il devra établir et fournir un rapport sur l’entretien des appareils,

              d- à la demande du syndic il devra fournir une attestation d’assurance.

            3. Transparence des factures

            L’ascensoriste devra adresser des factures comprenant :

            a- les références de son assurance obligatoire,

            b-les justifications (indices et calculs) en cas d’augmentation du prix du

            contrat.

              3. En fin de contrat

            Lorsque le contrat arrive à terme, n’est pas renouvelé et qu’il y a changement d’ascensoriste, les nouveaux textes prévoient une obligation ; on notera néanmoins un oubli.

            1. Remise de la notice d’instruction
            2. Cette obligation doit permettre au successeur – surtout s’il n’est pas le constructeur – d’assurer plus facilement la maintenance.

              À noter : si aucune notice d’instruction n’avait été remise au titulaire sortant en début de contrat, le décret prévoit que l’entreprise aura DÛ

              – pendant le cours de son contrat – élaborer cette notice. Pas d’échappatoire, donc.

            3. Établissement d’un état des lieux contradictoire

            Nous n’avons pas encore obtenu satisfaction sur cette vieille revendication concernant l’obligation légale d’un état des lieux contradictoire en fin de contrat (entre l’ascensoriste et le client aidé, soit par le futur ascensoriste, soit par un bureau d’études). Nous reviendrons à la charge.

            1. Quelles sont les clauses obligatoires qu’un nouveau contrat doit comprendre ?
            2. Nous donnons la liste des clauses minimums obligatoires :

              1– Mise en œuvre des dispositions minimales d’entretien et de changement de pièces (voir plus loin).

              2 – Indication de la durée du contrat plus précision sur les modalités de reconduction et de résiliation. NB : un conseil ; refusez que la durée de préavis dépasse trois mois.

              3 – Conditions de disponibilité et de fourniture des pièces de rechange.

              4 – Indication du délai de garantie du remplacement des petites pièces.

              5 – Dépannage et déblocage : délais pour les déblocages, les dépannages et les remises en service.

              6 – Précision concernant l’obligation du transfert au prestataire successeur de la notice d’installation de l’ascenseur.

              7 – Descriptif de l’état initial de l’ascenseur, établi contradictoirement.

              8 – Pénalités encourues en cas d’inexécution ou retard d’exécution ou mauvaise exécution des obligations contractuelles.

              9 – Modalités de règlement des litiges.

              10 – Tenue du carnet d’entretien.

              11 – Description des garanties apportées par les contrats d’assurance du prestataire.

              12 – Identification des opérations de sous-traitance éventuelle avec leur modalité d’exécution.

              13 – Conditions dans lesquelles peuvent être passés des avenants.

              14 – Formule détaillée de révision des prix.

              15 – La date de révision annuelle des prix doit être mentionnée.

               

               

              L’ARC va mettre au point un contrat type pour ses adhérents collectifs qui précise ces clauses et va au-delà ; si vous êtes adhérents collectifs vous pourrez d’ici quelques semaines vous procurer ce contrat type à prix coûtant.

            3. Quelles sont les opérations d’entretien minimum obligatoires ?
            4. 1- L’opérations de vérification régulières

              Toutes les six semaines

              L’ascensoriste devra effectuer une visite toutes les six semaines1 pour :

              ● surveillance du fonctionnement des installations,

              ● réglage,

              ● mises à niveau nécessaires,

              ● vérification de l’efficacité des serrures,

              ● vérification des dispositifs antidéverrouillage,

              N.B : pour plus de détail, il faut absolument lire l’annexe à l’arrêté " entretien ".

              Tous les six mois

              Examen des câbles.

              Tous les ans

              ● vérification des parachutes,

              ● nettoyage de la cuvette, du toit, du local machine.

              Autant que de besoin

              Lubrification et nettoyage des pièces.

               

              1. Une visite de dépannage ne peut tenir lieu de visite mensuelle.

              À noter : jusqu’à présent, l’arrêté de 1977 prévoyait une visite mensuelle – donc toutes les quatre semaines. La nouvelle disposition va donc permettre à l’ascensoriste de gagner du temps, beaucoup de temps (donc de l’argent) ; nous estimons, à l’ARC, que ce gain devra compenser le surcoût lié aux nouvelles obligations. Conséquence : contrat nouveau = augmentation ZÉRO.

              2. Opérations occasionnelles

              ● Assurer la réparation ou le remplacement des petites pièces usées ou hors d’usage (une liste de ces pièces est fournie par l’arrêté ; voir plus loin)

              ● Assurer les mesures d’entretien préconisées dans le cadre du contrôle technique périodique obligatoire

              ● Assurer les mesures permettant la désincarcération ou le dégagement des personnes bloquées en cabine

              ● Prendre les dispositions nécessaires pour assurer le dépannage des ascenseurs.

               

            5. Quelle est la nouvelle liste des pièces dont le changement est obligatoire ?
            6. L’ascensoriste doit la réparation ou le remplacement de toutes les pièces suivantes. Nous avons obtenu que certaines pièces non prévues dans l’ancien contrat simple soient désormais intégrées dans le contrat de base. Voici les principales pièces :

              Cabine : boutons de commande y compris leur signalisation lumineuse et sonore, paumelles de portes, contacts de porte, ferme porte automatique de porte battante, coulisseaux, galets de suspension et contact de porte, interface usager d’appel de secours (boutons avec leurs signalisations, haut parleur), dispositif mécanique de réouverture de porte.

              Paliers : ferme porte automatique de porte battante, serrure, contacts de porte, paumelles de porte, galets de suspension, patins de guidage des portes et boutons d’appel y compris voyants lumineux, contre poids ou ressort de fermeture des portes palières.

              Machinerie : balais du moteur et tous fusibles.

              Gaine : coulisseaux de contrepoids.

              Éclairage : ampoules, cabine, machinerie et gaine, ainsi que l’éclairage de secours (batteries, piles et accumulateurs).

              Quelles sont les autres obligations concernant les remplacements des pièces ?

              1- L’ascensoriste doit le remplacement (en s’adressant au fabricant d’origine ou non) des pièces prévues dans le contrat.

              2- Si l’adaptation est nécessaire elle se fera sous la responsabilité de l’entreprise de maintenance.

              3- Pour les pièces comprises dans le contrat l’ascensoriste a une obligation d’indiquer dans le contrat la durée de garantie de remplacement.

            7. Quelques conseils pour bien négocier le nouveau contrat

            La négociation des contrats sera difficile ; d’abord parce qu’il y a des risques que les principaux ascensoristes ne se soient entendus pour rendre celle-ci difficile (NB : les ascensoristes ont plusieurs fois été condamnés pour ententes en France et, actuellement, une enquête est en cours au niveau européen) ; ensuite parce que les délais assez courts fixés par les textes ne vont pas faciliter une réelle mise en concurrence.

            À l’ARC nous mettons en place des moyens pour aider nos adhérents collectifs (guides ; contrats types...) et sommes même en train de négocier avec des PME d’ascensoristes ; n’hésitez donc pas à nous contacter. Néanmoins, en attendant voici quelques conseils.

              1. Quand devez-vous signer un nouveau contrat ?

            Deux cas de figure :

            • Si votre contrat vient à échéance avant le 30 septembre 2005, vous devez renégocier un nouveau contrat avant cette date.

            Un conseil : si vous êtes pris par le temps, vous pourrez signer un avenant au contrat actuel jusqu’au 30 septembre 2005 ; donc, pas de panique.

            • Si votre contrat vient à échéance après, c’est la date d’échéance qui s’impose.

             

              2. État des lieux de départ

            En cas de changement du titulaire, la loi oblige désormais à faire un état des lieux " contradictoire " (en présence des deux parties). On fera bien attention à cet état des lieux, de façon :

            • d’une part à savoir si l’ancien titulaire a bien fait son travail (et, sinon, se retourner contre lui) ;
            • d’autre part à ne pas se retrouver au bout de quelques semaines avec un ascensoriste qui vous dit qu’il faut changer le moteur...

            Vous pourrez avoir intérêt à vous faire assister dans cette opération.

              3. Plan d’entretien

            On a vu plus haut que le plan d’entretien n’était pas simplement une formalité et qu’il devait tenir compte des usages et du trafic ; en fait c’est un élément important du contrat et qui vous permettra un contrôle très efficace. À noter que dans les petits immeubles avec un trafic faible, cela peut être l’occasion de renégocier à la baisse le plan d’entretien et donc le prix du contrat.

            Méfiez-vous de deux choses différentes :

            • la première serait que l’ascensoriste vous demande de définir vous-même vos " besoins " (ce serait un piège) ;
            • la deuxième serait que l’ascensoriste vous impose un plan très au-dessus du minimum requis pour justifier des hausses de contrat ; exemple : dans des secteurs difficiles on peut s’attendre à ce que les ascensoristes prévoient non pas une visite toutes les six semaines mais une toute les trois semaines (en doublant le contrat) et, en cas de refus, à décharger leur responsabilité...

            Il serait trop long d’expliquer comment échapper au piège (si ce n’est de venir nous voir) ; sachez cependant qu’il faudra refuser de signer un plan avec réserve (" l’ascensoriste préconise vingt-quatre visites par an et décharge sa responsabilité en cas de refus ") ; signalez-nous ce genre de pratiques.

            Autre point : le contrat devant être fonction du trafic, exigez de l’ascensoriste qu’il mette un compteur et qu’il prévoit un plan effectivement en fonction du trafic (nombre d’appels et de kilomètres parcourus); sans quoi demandez-lui comment il va faire...

              4. Comment garder le bénéfice du contrat complet antérieur (si c’est le cas) ?

              Si vous avez actuellement un contrat complet, pensez bien à mettre dans votre nouveau contrat une obligation concernant le changement des mêmes grosses pièces que dans l’ancien. À défaut vous perdriez le bénéfice de votre ancien contrat.

              Lisez aussi le point suivant.

              5. Pourra-t-on encore négocier un contrat complet ?

              Dans sa première version le décret prévoyait un " contrat de base " et un " contrat élargi ". Le ministère, semble-t-il sur la demande du Conseil d’État, a supprimé cette deuxième version. Néanmoins pour échapper à la multiplicité des contrats " élargis " difficiles à comparer (donc pour échapper à une difficulté de mise en concurrence) l’AFNOR – dont fait partie l’ARC – va élaborer un modèle unique de " contrat élargi " qui permettra de faire des appels d’offre sur les mêmes bases. N’hésitez pas à nous en parler (l’ARC fait partie du groupe chargé d’élaborer ce contrat).

              6. Augmentation du prix

              Les nouveaux textes précisent de nouvelles obligations, comme on l’a vu ; dès lors les ascensoristes s’apprêtent à relever les prix de façon sensible (de 20 % à 30 % !).

              Ceci serait inadmissible pour deux raisons :

              a- d’abord parce qu’alors que la périodicité des visites selon les anciens textes était de douze visites par an, elle ne sera plus que de huit visites par an, soit un tiers de moins ;

              b- ensuite parce que 80 % des contrats (et sans doute le vôtre) intégraient déjà des obligations nouvelles (exemple : entretien d’un téléphone mains-libres).

              Une seule conclusion : refusez les augmentations ; et même mieux : si vous êtes dans un immeuble très tranquille et que le trafic est faible, négociez une baisse !

              7. Pénalités

              Les textes obligent maintenant à intégrer une clause de pénalité dans les contrats pour délais d’intervention non respectés, mais aussi pour tout manquement au contrat.

              Faites attention, cependant, à ne pas vous laisser imposer une clause trop " légère ". Consultez-nous pour obtenir notre clause type si vous êtes adhérents collectifs.

              8. Les travaux hors contrat

            Exigez de l’ascensoriste qu’il précise bien les conditions des travaux hors contrat :

            • prix horaire ;
            • voire forfait pour certains types de travaux.

            C’est ce qu’on appelle un bordereau de prix. À défaut, vous seriez pieds et poings liés le jour venu.

              9. Téléalarme ou télésurveillance ?

            Dans les devis pour l’installation ou la modernisation d’un ascenseur, on vous propose au choix :

            • la téléalarme et téléphone " main libre " ;
            • la télésurveillance.

            Quelques explications sur les deux systèmes :

            La téléalarme et le téléphone " main libre " permettent à la personne bloquée d’être en communication téléphonique avec l’ascensoriste en appuyant sur le bouton d’alarme.

            La télésurveillance. En cas d’appel de l’usager bloqué dans la cabine, l’ascensoriste peut interroger l’appareil à distance en passant en revue un certain nombre de points de contrôle prédéfinis permettant de localiser l’origine de la panne.

            Quel système privilégier ? La téléalarme a de nombreux avantages par rapport à la télésurveillance. En effet, l’installation d’un simple téléphone d’appel en cabine peut permettre d’avoir un système remplaçable en cas de changement d’ascensoriste. La copropriété est (en général) propriétaire de son installation, alors que dans la télésurveillance elle paie une location élevée, permettant des gains de productivité dont profite l’ascensoriste, sans qu’il y ait diminution automatique du prix du contrat.

            Très important : comme vous l’avez découvert dans l’introduction, l’ARC va sortir d’ici quelques semaines (mi-janvier) un guide de 300 pages sur le sujet, intitulé : " Ascenseur, comment éviter le pire ". (Editions VUIBERT).

            D’ores et déjà, néanmoins vous pouvez lire la nouvelle édition du → Manuel du Conseil Syndical où nous consacrons deux chapitres à ces problèmes et d’où sont extraits certains passages qui nous ont permis de réaliser le présent dossier.

            N’oubliez pas que si l’ARC a pu anticiper la sortie des arrêtés c’est parce que nous les négocions depuis deux ans et avons réussi a introduire des dispositions que nous nous faisons un plaisir de mettre en évidence.

 thèmes du mois

nous contacter