L’ANAH
- Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat - vient de
décider de deux mesures qui devraient contribuer largement à favoriser
le redressement des copropriétés en difficulté.
Première mesure : lorsqu’une copropriété sera mise sous administration
judiciaire, l’administrateur pourra obtenir une subvention de
50 % pour les travaux nécessaires sur parties ou équipements communs.
Cela
fait des années que nous demandions cette mesure et sommes donc
très heureux.
Deuxième mesure : lorsqu’un Maire ou un Préfet prendra un arrêté concernant
la remise en état d’un équipement, ou bien la sortie d’insalubrité
ou de péril, là encore, l’ANAH pourra subventionner le syndicat
des copropriétaires (via le syndic) à hauteur de 50 % des travaux.
Nous
présentons de façon séparée ces deux mesures dans les articles
qui suivent et donnons ci-dessous le texte de l’instruction de
l’ANAH :
« L'Agence peut accorder des subventions, aux
syndicats de copropriétaires lorsque les travaux portent sur les
parties communes et équipements communs d'un immeuble en copropriété
(…).
« Dorénavant ces dispositions s'appliquent également
- en plus des copropriétés faisant l’objet d’un plan de sauvegarde,
ou situées dans le périmètre d’une opération programmée d’amélioration
de l’habitat - lorsque
:
-
un arrêté d'insalubrité a été pris en application des
articles L. 1331-26 et suivants du code de la santé publique,
-
une notification de travaux a été prise en application
de l'article L. 1334-2 du même code (travaux d'élimination des
peintures au plomb),
-
un arrêté de péril a été pris en application des articles
L.511-1 et suivants du CCH,
-
ou un arrêté A ÉTÉ pris PAR LE MAIRE D’UNE COMMUNE en application des
articles L. 129-1 et suivants du CCH (travaux de sécurité des
équipements communs D’UNE COPROPRIÉTÉ).
« CES DISPOSITIONS s'appliquent
également, pour le financement des travaux nécessaires au fonctionnement
normal de la
copropriété, lorsqu'un administrateur provisoIre
a été désignÉ par le président du tribunal de grande instance,
conformément aux dispositions de l'article 29-1 de la
loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant LE statut
de la copropriété (c’est-à-dire lorsque l’équilibre financier du syndicat
est gravement compromis…).
« Ces opérations
peuvent être subventionnées dans les mêmes conditions que les
immeubles en Plan de sauvegarde, soit 50 % hors plafond de
travaux ».
1- L’ANAH au secours des copropriétés déclarées judiciairement en difficulté
I-
Une véritable innovation
Les
administrateurs judiciaires nommés dans le cadre de l’article
29-1 de la loi du 10 juillet 1965 (« copropriété
en difficulté ») vont enfin pouvoir bénéficier d’un VRAI
moyen d’intervention.
L’ANAH
vient, en effet, de décider que, lorsqu’une copropriété a été
placée sous administration judiciaire par le juge sur le fondement
de cet article de loi, l’administrateur pourrait mobiliser une
subvention de l’ANAH égale à 50 % des dépenses concernant le « financement
des travaux nécessaires au fonctionnement normal de la copropriété ».
Cela
vise (après avoir eu confirmation de l’ANAH) aussi bien les travaux
sur équipement (chauffage, ascenseur) que les travaux de sécurité,
voire de mise hors d’eau (toiture ; infiltrations, etc.).
Ainsi,
le dispositif de l’article 29-1 devient-il un véritable dispositif
opérationnel et non plus simplement un cadre « judiciaire ».
II-
Comment utiliser efficacement cette nouvelle disposition ?
Deux
cas de figure sont possibles :
a)
Vous
êtes dans une copropriété qui est déjà sous administration judiciaire
article 29-1 ; dépêchez-vous d’informer votre administrateur
judiciaire de la bonne nouvelle et demandez-lui d’une part de
demander des devis, d’autre part de se précipiter auprès du délégué
départemental de l’ANAH pour qu’il puisse savoir comment obtenir
ces aides.
b)
Vous
êtes dans une copropriété en difficulté, mais aviez renoncé -
jusqu’à présent - à faire nommer un administrateur, en vous disant :
« Mais que pourra-t-il faire de plus ? ». Dans ce cas,
vous pouvez utiliser les dispositions de l’article 29-1 qui permettent
à des copropriétaires représentant 15 % des millièmes seulement,
de faire nommer un administrateur judiciaire. Une fois cet administrateur
désigné, vous procéderez comme indiqué au point précédent).
Vous pouvez également utiliser un autre nouveau dispositif
de l’ANAH, ceci en concertation avec le Maire de votre Commune.
Voir pour cela notre article suivant : « Un nouveau dispositif possible : Copropriété - Maire - ANAH ;
comment en profiter ? ».
2- Un nouveau dispositif possible
« Copropriété - Maire - ANAH ».
Comment en profiter ?
I-
Retour sur la loi « BORLOO »
Ø
L’article
18 de la loi BORLOO du 1er août 2003 a prévu que le Maire d’une Commune pouvait
obliger, par arrêté, une copropriété à entreprendre des travaux
quand un équipement (exemple :
chauffage, ascenseur) présentait un danger pour les copropriétaires
ou rendait difficile la vie dans cette copropriété (exemple :
chauffage hors-service).
Ø
La
seule difficulté non résolue par la loi est néanmoins celle-ci :
comment un arrêté municipal peut-il permettre, à lui seul, de
trouver de l’argent là où il n’y en a - en général - pas ou pas
assez (ce qui explique la situation de déshérence de certains
équipements) ?
Ø
L’ANAH
- Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat - vient peut-être
de nous apporter la solution.
Ø
Avant
de préciser comment, nous rappelons ci-dessous le texte de la
loi du 1er août 2003 et du décret correspondant.
« Article 18 de la loi du 1er août
2003
Le titre II
du livre du code de la construction et de l’habitation est complété
par le chapitre IX intitulé « Sécurité des immeubles collectifs
à usage principal d’habitation » et comprenant les articles
L. 129-1 à 129-7 ainsi rédigés :
« ART. L. 129-1. – Lorsque, du fait de la
carence du ou des propriétaires, des équipements communs d’un
immeuble collectif à usage principal d’habitation présentent un
fonctionnement défectueux ou un défaut d’entretien de nature à
créer des risques sérieux pour la sécurité des occupants ou à
compromettre gravement leurs conditions d’habitation, le Maire
peut, par arrêté, prescrire leur remise en état de fonctionnement
ou leur remplacement, en fixant le délai imparti pour l’exécution
de ces mesures ».
« Décret N° 2004-1142 du 23 décembre 2004.
Pris pour l’application
de l’article 18 de la loi 2003-710 du 1er août 2003
et relatif à la sécurité des immeubles collectifs à usage principal
d’habitation.
« ART. R. 129-1. – Les équipements communs
mentionnés à l’article L. 129-1 sont les suivants :
-
les installations et conduits de ventilation et de désenfumage
des circulations communes ;
-
les installations de ventilation mécanique contrôlée ;
-
les installations et appareils d’éclairage et d’éclairage
de sécurité des escaliers, couloirs, corridors et circulations
communes ;
-
les installations de production et de distribution d’eau
chaude et d’eau froide, ainsi que les systèmes de sécurité des
installations de production d’eau chaude ;
-
les installations et conduits de production et de distribution
de chauffage collectif, ainsi que leurs systèmes de sécurité ;
-
les installations, canalisations et réseaux divers d’alimentation
en énergie (gaz et électricité) ainsi que les canalisations et
réseaux d’évacuation (eaux usées, eaux pluviales) ;
-
les systèmes de sécurité contre l’incendie, ainsi que
les équipements et installations de protection et de lutte contre
l’incendie ;
-
les installations de stockage des hydrocarbures liquéfiés ;
-
les ascenseurs ».
II-
Une subvention exceptionnelle de 50 % du montant des
travaux
Ø
L’ANAH
vient donc de décider dans l’instruction nationale applicable
à partir du 1er janvier 2006 et citée en introduction
à notre dossier que, lorsqu’une copropriété faisait l’objet d’un
arrêté municipal sur la base de l’article 18 de la loi BORLOO,
une subvention de 50 % du montant des travaux correspondants
pourrait être accordée au syndicat des copropriétaires. Cette
disposition devrait ainsi permettre de débloquer la situation,
même en cas de difficultés financières graves.
III-
Comment agir si vous êtes concernés ?
Ø
Si
vous êtes dans une copropriété dans laquelle un « équipement » (chauffage ; ascenseur ; électricité ;
réseau d’eau, etc.) est tellement vétuste qu’il compromet la sécurité
ou les conditions d’habitabilité, alors vous devez :
a)
fournir
à votre Maire les textes de la loi BORLOO qui lui permettent d’agir,
en lui demandant poliment de prendre un arrêté sur la base de
ces textes et en lui précisant que s’il ne fait rien, il pourrait
voir engager sa responsabilité en cas d’accident (du fait même
que vous l’aurez prévenu) ;
b)
lui
indiquer surtout (ce qu’il ne sait pas forcément) que cet arrêté
permettra de débloquer une subvention de l’ANAH égale à 50 % de
la dépense.
En effet, votre Maire risque de refuser de prendre un
arrêté s’il pense que cela pénalisera les « bons » copropriétaires. En l’informant que cet arrêté permettra
d’obtenir le financement à 50 % des travaux, gageons que votre
Maire verra le problème différemment et volera à votre secours.