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ARC. DOSSIER DU MOIS DE JUIN 2005©
Des syndics professionnels
à but non lucratif,
ça existe
Introduction.
Les copropriétaires sont bien
souvent aujourd’hui les otages (voire les victimes) de l’appétit
grandissant de certains syndics. Ceux-ci sont, en effet de plus en plus,
des grands groupes qui se doivent de rémunérer au mieux
leurs actionnaires.
Les conséquences sont les suivantes :
- les honoraires augmentent très vite bien
que parfois de façon déguisée (honoraires complémentaires) ;
- les gestionnaires gèrent trop de copropriétés
et donc ne gèrent pas toujours bien celles qu’ils ont en portefeuille ;
- ces syndics s’intéressent aux copropriétés
le plus souvent pour les produits dérivés (gérance,
transaction) ;
- enfin ces syndics cherchent à faire travailler
lez plus possible des filiales créées pour augmenter le
chiffre d’affaire du groupe (filiales d’assurance, de diagnostics, voire
de travaux).
Le fait que nous décrivions
souvent ce tableau peu réjouissant de la situation explique d’ailleurs
en partie l’hostilité que montrent à notre égard
les grands groupes.
Dès lors la question, pour
les copropriétaires, n’est plus : " Comment tempérer
l’ardeur de ces syndics ? " ou : " Comment
modifier cette logique ? ".
Cette ardeur et cette logique sont,
en effet, implacables.
La question aujourd’hui serait plutôt :
" Comment échapper à ces syndics ? ".
Et à cette question il n’y a, malheureusement, que peu de réponses.
La première réponse
que nous donnons aux copropriétaires est celle-ci : " Passez-vous
de professionnel et gérez vous-même votre copropriété ".
C’est le fameux : " On n’est jamais mieux servi que
par soi-même ".
Le problème est que cette réponse
n’est pas toujours adaptée à la réalité (copropriétés
complexes, populations fragiles, etc.).
Il y a peut-être une autre réponse :
ce sont les syndics professionnels à but NON lucratif, qui font
l’objet du présent article.
I. Des professionnels
à but non lucratif ?
Le monde HLM est un monde multiple.
En son sein on remarque une famille particulière : celle des
sociétés HLM dite coopératives.
Sans rentrer dans le détail
disons qu’il s’agit souvent de petites sociétés HLM qui
font de la construction de qualité et produisent des logements
pour la vente à des personnes à revenu moyen ou modeste
(location-accession ou accession sociale).
Or, ces sociétés coopératives
ont décidé de renforcer leur pôle " syndic ".
À l’ARC nous nous sommes dit
: " Et si ces sociétés pouvaient apporter une
solution alternative à la gestion trÈs lucrative que nous
subissons de façon de plus en plus pesante ? ".
On entend déjà les réflexions
de certains : " HLM ? Vous êtes fous ?
Quel est le rapport entre HLM et copropriété ? ".
Nous allons, dans l’article qui suit,
tenter de faire une double démonstration :
- d’abord montrer que la façon dont ces sociétés
coopératives gèrent les copropriétés est
proche des aspirations des copropriétaires ;
- ensuite montrer que ces sociétés
coopératives, sans forcément gérer demain des copropriétés
de standing, pourraient déjà fort bien prendre en gestion
des copropriétés dites " fragiles "
on " en difficulté " puisqu’il
apparaît de plus en plus que les syndics à but lucratif
n’en veulent plus…
Un mot encore : aujourd’hui la
Fédération des Coopératives est présidée
par une femme qui a une particularité : être une ancienne
ministre du logement.
II. Les
sociétés coopératives et la gestion des copropriétés
À l’occasion de leur congrès
annuel (2005) les sociétés coopératives ont livré
une étude très intéressante de leur activité
de syndic. Voici ce que nous avons retiré :
1 ) Quelle activité ?
- Ces sociétés coopératives
gèrent actuellement (essentiellement en Rhône-Alpes et
en Ile de France) 747 immeubles représentant 42.655 lots principaux.
- La taille moyenne des copropriétés
est de 35 logements.
Cela veut dire que ces sociétés
ont une bonne expérience des petites copropriétés
(et non des monstres HLM), ce qui, pour nous, est un atout.
2 ) Quel type de gestion financière ?
- près des deux tiers des copropriétés
gérées par ces sociétés coopératives
ont opté pour un système de " fonds
travaux placés ", système que
nous préconisons (parce qu’il garantit l’avenir), mais
qu’il est pratiquement impossible de mettre en place avec des
syndics à but lucratif ;
- 46 % des copropriétés gérées
par ces sociétés coopératives ont, par ailleurs
un compte séparé et 20 % des coopératives
adossent ce compte séparé à un livret d’épargne
(le livret A).
Tout ceci est d’ailleurs normal :
ne recherchant pas d’abord leur intérêt, ces sociétés
développent des outils de gestion patrimoniale à long
terme et des outils de transparence financière.
Sur ce point, on constate donc
une bonne convergence entre les pratiques de ces sociétés
et nos aspirations.
3 ) Les honoraires
- Il ressort de l’étude de la Fédération
deux chiffres importants :
- les honoraires de gestion courante sont en moyenne :
- de 105 € par an et par lot principal pour les
copropriétés prises récemment en gestion ;
- de 86 € pour les copropriétés
en gestion depuis plus longtemps ;
- mieux : seulement 60 % des sociétés
coopératives prennent des honoraires particuliers dont le
niveau moyen atteint seulement 47 € par an.
- Il suffit de comparer ces chiffres avec ceux
qui concernent les syndics à but lucratif ; les chiffres
établis par l’ARC sont en effet les suivants :
- honoraires de base : 125 € en moyenne ;
- honoraires particuliers (pratiqués par
100 % des syndics) : entre 75 et 100 % des honoraires de base,
ceci sans intégrer les honoraires pour travaux.
4 ) Le suivi des copropriétés
- Autre chiffre passionnant : en moyenne,
précise l’étude de la Fédération, " 484
lots sont gérés par un emploi en équivalent plein
temps ".
- Demandez maintenant à votre syndic de
vous donner le chiffre qui le concerne (celui-ci sera au moins le
DOUBLE, soit 1 000 lots pour un équivalent plein temps).
- Sachant que la qualité de gestion est
essentiellement basée sur ce chiffre, cherchez la différence.
*
Voici donc quelques une des caractéristiques
de gestion de ces sociétés coopératives que l’étude
de la Fédération permet de mettre en lumière.
Nous avouons que ces diverses " particularités "
relatives à la gestion financière, au niveau des honoraires,
à l’absence de surcharge de travail imposée aux gestionnaires,
sont des particularités qui nous intéressent spécialement,
sans qu’il soit nécessaire d’insister sur l’importance que cela
peut avoir pour les copropriétaires.
- Alors ? Prendre comme syndic une société
coopérative HLM ? Voyons cela.
III. Les
sociétés coopératives et les copropriétés
non HLM
- Il n’y a pas les " copropriétés
HLM " et les autres. Il y a des copropriétés
dont la promotion peut être HLM ou pas.
- Si l’on considère les villes nouvelles,
de nombreuses copropriétés - qui sont désormais
totalement comparables aux autres - ont une origine dite HLM (promotion
HLM).
- Les questions qu’on peut néanmoins se
poser sont : " Pourquoi aller chercher un gestionnaire
du monde HLM ? " et : " Cela
ne va-t-il pas donner un caractère " social "
(donc un peu dévalorisant) à la copropriété ? ".
- À cette question nous n’avons pas de réponse
et ne voulons pas en donner. Nous souhaitons être plus pragmatiques
et répondre ceci :
- aujourd’hui il existe de nombreuses copropriétés
qui vont mal, sont occupées par des populations modestes,
souffrent de mauvaise gestion, sont situées dans des quartiers
difficiles, etc ;
- ces copropriétés (souvent adhérentes
à l’ARC) ont du mal à trouver des syndics qui soient
à la fois :
- compétents ;
- motivés ;
- intéressés par autre chose
que les honoraires ;
- disponibles.
- Nous nous posons simplement la question :
" Pourquoi pas ces sociétés coopératives ? ".
- La réponse sera apportée par nos
adhérents.
- Ce que nous allons simplement faire pour aider
nos adhérents c’est demander aux sociétés coopératives
qui seraient prêtes à assurer la gestion normale
de ces copropriétés difficiles, non pas de cacher leur
caractère " HLM ", mais de fonctionner
vis-à-vis de la copropriété comme un syndic normal :
un coopératif traditionnel. Puis nous mettrons les uns et les
autres en relation.
Si vous êtes, à titre
privé ou professionnel, adhérents ou non (encore) à
l’ARC mais, intéressés par ces perspectives, n’hésitez
pas à nous contacter, sous la référence " Syndics
professionnels à but non lucratif ".
Attention : si certaines coopératives peuvent gérer toutes
sortes de copropriétés, en général leurs statuts ne leur permettent
de gérer - pour le moment - que des copropriétés dites « en difficulté ».
Vous pouvez, pour en savoir plus et obtenir des adresses locales, vous
adresser directement à la fédération des SCOOP-HLM.
Voici l’adresse Internet du responsable du dossier :
sebastien.kuperberg@hlm.coop
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