ARC. DOSSIER DU MOIS DE JUIN 2007©

Demandes urgentes déjà adressées aux nouveaux ministres et concernant la copropriété

RETOUR DOSSIER DU MOIS


 

Voici nos nouveaux ministres à pieds d’œuvre et plus particulièrement, pour la Copropriété :

 

Madame Rachida DATI au Ministère de  la Justice.

Madame Christine BOUTIN au Ministère du Logement.

Madame Christine LAGARDE au Ministère de l’Economie.

Monsieur Jean-Louis BORLOO au Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable.

 

Chacun traite - directement ou indirectement - de nombreuses questions qui concernent la copropriété.

 

Nous avons décidé - sans attendre - de leur faire connaître les problèmes à résoudre de façon urgente et au sujet desquels soit nous n’avions obtenu aucune réponse de leur prédécesseur (il est vrai sur le départ), soit nous attendions des réponses qui ne nous sont pas parvenues avant qu’ils ne quittent leur fonction.

Les problèmes sont les suivants :

 

-          suppression du décret du 1er mars 2007 ;

-          modification du décret comptable du 14 mars 2004 ;

-          allongement des délais concernant la mise en conformité des ascenseurs ;

-          modification du projet de décret « accessibilité aux boîtes à lettres » ;

-          adaptation du D.P.E. (Diagnostic de Performance Energétique) à la copropriété en cas de chauffage collectif ;

-          instauration d’un fonds travaux obligatoire, au moins pour les travaux d’économies d’énergie ;

-          modification, par la loi, du statut des fenêtres en copropriété avec chauffage collectif, celles-ci (actuellement parties privatives) devenant « parties communes à usage privatif ».

 

1- « Il faut vite revenir sur le décret du 1er mars 2007, rédigé et publié contre l’avis de TOUS ceux qui s’occupent de copropriété », disons-nous à Madame DATI

 

Le décret du 1er mars 2007 a :

 

a)     allongé le délai de réception des convocations aux assemblées générales en le passant de quinze jours à vingt-et-un jours ;

b)     introduit la possibilité - tant pour les syndics que pour les copropriétaires - de procéder aux notifications prévues par la loi en utilisant la … télécopie !

Ces mesures sont de nature :

a)     à rendre encore plus difficile l’envoi de convocations aux assemblées générales respectueuses de la loi (pour que le délai de vingt-et-un jours soit respecté, il faut envoyer les convocations cinq semaines à l’avance) ;

b)     à augmenter l’insécurité juridique (délais encore plus difficiles à respecter ; documents encore plus difficiles à réunir…) ;

c)     à rendre plus difficile, pour les copropriétaires, l’exercice du droit à compléter l’ordre du jour (les demandes adressées six semaines avant les assemblées générales risquent d’être rejetées par les syndics) ;

d)     à entraîner des litiges relatifs aux notifications (comment adresser en télécopie des convocations de cinquante pages en toute sécurité !?).

 

Voilà pourquoi nous demandons la suppression du décret du 1er mars 2007 et son remplacement par un décret prévoyant :

      a) que le délai de convocation sera calculé à partir du dépôt à la Poste (délai certain et contrôlable) et non de la remise de l’avis au copropriétaire (délai aléatoire et non-maîtrisable) ;

     b) que les notifications pourront être faites par Internet.

2- « Il faut d’urgence répondre à la demande (de TOUTES les organisations concernées par la copropriété) relative à la suppression de l’envoi obligatoire de la deuxième annexe du décret comptable », disons-nous à Mesdames BOUTIN et DATI

 

Voilà deux ans que nous expliquons aux responsables politiques pourquoi le tableau de présentation des charges selon leur nature, prévu par le décret du 14 mars 2005, n’intéresse personne, et sera uniquement source de surcoût financier et de complexité inutile pour les copropriétaires (cela revient à présenter des comptes où, par exemple, toutes les factures EDF seront regroupées sous une même rubrique au lieu qu’elles soient éclatées selon l’usage : parties communes ; chauffage ; ascenseurs, etc.).

Voilà deux ans que nous demandons donc que l’obligation d’adresser un tel tableau à tous les copropriétaires soit supprimée.

Voilà six mois que la Commission Relative à la Copropriété a demandé aux ministres de prendre en compte cette demande partagée par toutes les organisations. Or, aucune réponse n’a, à ce jour, été faite à cette demande unanime.

 

Cette obligation s’imposera dès le premier trimestre 2008 pour les comptes tenus en 2007. Il est donc urgent que Mesdames BOUTIN et DATI, prenant acte de la situation et de la demande unanime exprimée, modifient le décret du 14 mars 2005 et suppriment simplement l’obligation de présenter à tous les copropriétaires cet inutile, encombrant et coûteux tableau.

 

3- « Il faut rallonger les délais concernant la mise en conformité obligatoire des ascenseurs », disons-nous à Madame BOUTIN

 

Chacun le sait désormais, et un bilan récent effectué par un bureau d’études à la demande du Ministère du Logement le confirme : les travaux de mise en conformité des ascenseurs prévus par la loi du 2 juillet 2003 et ses décrets d’application seront impossibles à réaliser dans les délais pour au moins 50 % des copropriétés.

 

Pourquoi ?

 

D’une part parce que les ascensoristes eux-mêmes ne peuvent pas - par manque de personnel qualifié - assurer les commandes ; d’autre part parce que les copropriétés ont besoin de plus de temps pour :

  • faire expertiser les ascenseurs ;
  • assurer une véritable mise en concurrence pour obtenir des prix décents ;
  • prendre des décisions en assemblée générale respectant les règles de la copropriété.

Le problème est que - si les délais initiaux (2008, 2013, 2018) ne sont pas aménagés - 50 % des copropriétés vont se trouver HORS LA LOI, alors même qu’elles ne peuvent satisfaire à la loi.

Dès lors, en cas d’incident, la responsabilité de nombreuses copropriétés pourra être engagée sans qu’elles soient en mesure de se mettre en conformité de la situation.

C’est pourquoi nous demandons à Madame BOUTIN de prendre acte de la situation et de rallonger d’une année ou deux les délais initiaux dont chacun sait qu’ils ne pourront être respectés, ce qui risque d’entraîner des problèmes graves pour tous.

4- « Il faut modifier d’urgence le projet de décret concernant l’accès aux boîtes à lettres des immeubles à tous les porteurs de journaux, de plis, de colis (ouverture à la concurrence) », disons-nous à
Madame Christine LAGARDE

Depuis plusieurs mois, le principe de l’ouverture à la concurrence de la distribution des plis, colis et journaux a été inscrite dans la loi.

Il va donc falloir que tous les immeubles de France - pour permettre la concurrence - ouvrent toutes grandes leurs portes, rendant par là illusoire toute politique de contrôle des accès et de sécurisation des immeubles.

Les copropriétés veulent bien tenter de respecter ces nouvelles règles, mais en imposant des limites et en répercutant les coûts induits, ce que pour l’instant le ministère concerné refuse d’admettre dans le projet de décret en préparation.

Nous demandons donc simplement au Ministre de l’Economie que le décret en préparation permette aux copropriétés de faire jouer la concurrence sans être victime de cette concurrence. Normal, non ?

5- « Il faut sans attendre adapter le Diagnostic de Performance Energétique aux copropriétés qui ont un chauffage collectif », disons-nous à Madame BOUTIN

 

Le Diagnostic de Performance Energétique (D.P.E.) est obligatoire en cas de vente et le sera bientôt en cas de location.

Le D.P.E. :

  • non seulement précise les consommations énergétiques du logement par mètre carré et par an ;
  • non seulement place cette consommation sur une « échelle » (pour indiquer si elle est correcte ou non…) ;
  • mais fournit des préconisations concernant les améliorations souhaitables ou nécessaires à chaque logement.

Ce D.P.E. est ainsi sensé donner des informations essentielles à l’acquéreur ou au locataire en ce qui concerne les consommations énergétiques d’un logement, et DONC sensé inciter le vendeur ou le bailleur à AMELIORER la performance énergétique de son logement avant la vente ou la location.

En quelques mots, le D.P.E. est sensé constituer une incitation forte à l’amélioration énergétique des logements.

Le problème rencontré en copropriété avec le chauffage collectif est le suivant :

a)     Le D.P.E. ne détermine pas la consommation théorique du local mais se contente, à de partir de la consommation réelle du bâtiment, de fournir - grâce à une simple règle de trois - la consommation affectée au logement. Il ne s’agit donc pas d’un diagnostic, mais d’un simple constat… qui ne fait pas la distinction entre la « performance énergétique » d’un immeuble et sa « gestion énergétique », le plus souvent source de gaspillage (de 20 à 30 %).

b)     Le D.P.E. ne peut, par ailleurs, établir aucune préconisation d’économie concernant le logement, puisque celui-ci est tributaire de la gestion de l’énergie au niveau de la copropriété, d’une part, et d’autre part de décision de travaux sur les parties communes ou les installations communes.

Conséquence : le D.P.E. dans ce cas là est une vaste « plaisanterie » qui ne renseigne sur rien et ne peut inciter à rien. C’est donc une obligation vide de sens et coûteuse, alors que nous aurions besoin d’un véritable outil analytique et incitatif permettant d’engager des économies en copropriété.

 

Voilà pourquoi nous demandons depuis des mois qu’un D.P.E. sérieux adapté aux copropriétés dotées d’un chauffage collectif soit mis en place, demande que nous reformulons auprès de Madame BOUTIN, en espérant que le simple bon sens finira par l’emporter.

 

6- « Il faut rapidement instaurer un fonds travaux obligatoire assorti d’une fiscalité adaptée, si l’on veut éviter des catastrophes certaines dans des milliers de copropriétés », disons-nous à Mesdames DATI, BOUTIN et LAGARDE

Voici sans doute la « bombe à retardement » la plus redoutable qui concerne la copropriété : l’absence de fonds de réserve obligatoire dans les copropriétés, qui entraîne une insuffisance de gros entretien des copropriétés et contribue à amplifier le phénomène des copropriétés en difficulté.

De cette absence découle en effet, des problèmes grandissants :

 

a)     Les financements des gros travaux sont de plus en plus difficiles à assurer étant donné d’un côté le fait que les copropriétaires sont de plus en plus modestes, de l’autre que les travaux nécessaires ou obligatoires sont de plus en plus nombreux et coûteux.

b)     Les bailleurs - intéressés souvent d’abord par la rentabilité locative et sur qui ne pèse aucune obligation concernant le financement - peuvent ainsi tout à la fois refuser les gros travaux et refuser de les financer.

c)     Les décisions de travaux sont donc elles-mêmes rendues de plus en plus difficiles, ce qui se traduit par des copropriétés, en nombre croissant, de plus en plus mal entretenues et où les difficultés s’accumulent de ce fait (la dégradation du bâti entraîne souvent tout à la fois une augmentation des charges courantes - exemple : fuites d’eaux nombreuses dues à des canalisations vétustes - mais aussi le départ des ménages les plus solvables qui supportent mal la situation). Un cercle vicieux s’instaure entraînant dégradation physique et sociale.

 

Voilà pourquoi nous demandons que soit instaurée rapidement - comme cela est le cas dans de nombreux autres pays - l’obligation de constituer progressivement des fonds de réserve pour gros travaux et qu’une fiscalité avantageuse et de garde-fous adaptés accompagnent cette obligation.

 

7- Il faut adapter la loi de 1965 aux exigences d’économies d’énergie

 

Actuellement, en copropriété, les fenêtres sont, dans 90 % des cas, des parties privatives.

En conséquence, il est quasi-impossible de faire voter des travaux de changement de toutes les fenêtres (pour poser des fenêtres double vitrage) et d’obtenir ainsi, en cas de chauffage collectif, des économies collectives (naturellement il existe des exemples de changement systématique, mais cela se fait toujours avec beaucoup de difficulté et reste très marginal).

Dès lors, certains changent leurs fenêtres « privatives » (bien sûr avec l’autorisation de l’assemblée générale) au grès de leurs possibilités et besoins, les autres ne pouvant ou ne voulant pas (cas des bailleurs) engager des investissements sans contrepartie.

Or, comme il n’y a pas changement COMPLET de toutes les fenêtres, le chauffage ne peut être régulé ni adapté en conséquence. Il faut donc continuer à chauffer l’immeuble en fonction des logements qui ne disposent pas de double vitrage. Dans ces conditions, la pose des doubles vitrages apporte essentiellement du confort (thermique) supplémentaire mais très peu d’économies, ce qui est totalement paradoxal, anti-économique et anti-écologique bien que cela coûte cher à l’Etat (crédit d’impôt).

À titre de comparaison, en Allemagne, les fenêtres sont considérées par la loi comme des parties communes à usage privatif, ce qui permet des opérations généralisées sur les fenêtres, gage d’efficacité énergétique.

Si l’on veut pouvoir engager des opérations d’économies « intelligentes » et efficaces en France, une piste actuellement étudiée par le Conseil d’Administration de l’ARC serait donc simplement d’introduire dans la loi une disposition d’ordre public, dérogatoire aux règlements de copropriété et prévoyant que - lorsqu’il y a chauffage collectif - les fenêtres sont réputées parties communes à usage privatif.

 Cette disposition (non contraignante) permettrait de voter en assemblée générale des programmes complets de changement des fenêtres, pour poser des fenêtres isolantes, donc d’obtenir enfin des économies pour TOUS.

Naturellement la loi devra prévoir que ceux qui ont déjà fait poser des fenêtres isolantes n’auront pas à participer financièrement à la pose des nouvelles fenêtres.

On le voit : une simple mesure de bon sens ne coûtant RIEN à personne, pourrait enfin pouvoir rendre efficace et réellement économique la pose de double vitrage dans les copropriétés avec chauffage collectif et justifier les crédits d’impôt...

 

 thèmes du mois

nous contacter