| ARC, Dossier du mois de Novembre 2003
Les avocats, la copropriété et les procédures de recouvrement de charges
Ce mois-ci nous voudrions aborder un problème qui n'est pas simple
: celui des avocats en copropriété lorsqu'ils interviennent
en matière de recouvrement de charges ; nous aborderons aussi le
problème du choix des procédures de recouvrement et des
Les avocats et les copropriétés - Les copropriétés sont, pour les avocats des " clients " plutôt intéressants, ceci pour au moins quatre raisons :
Ces quatre raisons expliquent que, à l'Arc, nous pensons :
Nous allons donc voir ci-dessous trois problèmes :
I - Les honoraires pour les procédures classiques Une procédure classique en recouvrement de charges, au Tribunal d'Instance (jusqu'à 7.600 €) comme au Tribunal de Grande Instance, ce n'est pas très compliqué :
D'ailleurs, souvent, lorsque l'affaire se complique c'est que, quelque part, l'avocat ou le syndic ont fait des erreurs que l'adversaire utilise (assemblée générale mal convoquée, comptes inexacts ou non justifiés, etc.). Et pourtant on est surpris du nombre important d'avocats qui prennent facilement :
Ces sommes peuvent être beaucoup plus importantes si l'affaire se complique un peu. Par ailleurs, on relève d'autres exagérations :
On a véritablement l'impression que certains cabinets de syndic acceptent de leurs avocats, n'importe quels honoraires. Or, comme ceci n'est pas la règle et que d'autres cabinets de syndic - petits ou gros - savent contrôler ce poste, nous nous sommes interrogés pour savoir ce qui justifiait ce " laisser faire " de la part de certains syndics. On s'aperçoit qu'on a deux types de syndics et d'avocats :
On a donc très clairement affaire à deux types de situation :
Conclusion sur ce point - Il n'y a donc pas de fatalité pour les procédures de recouvrement ; un avocat ne coûte cher que parce que le syndic est incapable de rappeler à son ou ses avocats, que :
Notre conseil : refusez énergiquement les honoraires des avocats dès lors qu'ils dépassent ce qui est raisonnable. II - Le boycott de la procédure nouvelle dite " article 19-2 " Comme nous l'avons expliqué sur ce site même, nous ne sommes pas, à l'ARC, des fanatiques de la procédure dite " article 19-2 " instituée par la loi S.R.U. Cette procédure permet, sur la base du nouvel article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, d'obtenir en référé qu'une personne qui ne paye pas une provision de charges (exemple celle du premier trimestre), soit condamnée à payer les provisions d'une année entière. Cette procédure - destinée à lutter contre certains débiteurs " professionnels " chroniques - est simple :
Si nous ne sommes pas convaincus par cette procédure (qui ne concerne que les charges en cours) c'est parce que nous pensons qu'ils existent des procédures encore plus intéressantes (voir point III) qui rendent superflue la procédure de l'article 19-2, procédures au fond qui peuvent être conduites SANS avocat. Bien entendu les syndics ne veulent surtout pas entendre parler de ces procédures (qui, comme on le verra, les obligeraient à faire eux-mêmes tout le travail ). Ce à quoi nous répondons : " Soit, vous ne voulez pas de ces procédures ; alors pourquoi n'obligez-vous pas vos avocats à utiliser la procédure de l'article 19-2 ? ". Or là, la réponse est invariablement la même : " Les avocats ne sont pas très chauds pour utiliser cette procédure ". Pourquoi ? Les raisons invoquées sont souvent floues pour ne pas dire franchement " vaseuses ". Exemple : - " Cette procédure ne permet pas d'obtenir un titre permettant la saisie immobilière " ; or ceci est inexact ; il s'agit d'un jugement rendu " comme en matière de référé " mais ce n'est PAS une ordonnance de référé. - Ou encore " Cette procédure double la procédure au fonds pour les travaux ". C'est un peu vrai mais en quoi cela empêche t-il de l'utiliser ? La raison est ailleurs : la procédure 19-2 est simple, rapide et surtout demande encore moins de préparation qu'une autre procédure ; par ailleurs peut-être permet-elle de limiter les procédures classiques. Conséquence : elle n'est - en terme d'honoraires - pas intéressante. Certes en disant que le " boycott " constaté a pour origine un problème d'honoraire, nous allons certainement choquer certains avocats. Nous devons néanmoins constater que les procédures étant TRES simples et donc forcément peu coûteuses ne pourraient être facturées qu'un montant très raisonnable. Peut-être avons-nous tort et voyons le mal où il n'est pas ? Soit, dans ce cas les avocats ont un bon moyen de nous prouver le contraire : engager sans attendre et à grande échelle cette procédure pour le moment inutilisée en proposant pour cela un prix unitaire adapté. III - Les avocats, les syndics et les procédures simplifiées Autres sujets délicats. Comme le savent nos adhérents, nous sommes de farouches partisans de deux procédures en recouvrement de charges :
- Ces procédures non seulement sont gratuites, mais :
- La première procédure concerne des dettes inférieures à 3.800 €, ce qui est déjà important ; la deuxième n'importe quelles dettes. - Rappelons en deux mots chaque procédure. A) Les deux procédures 1- La déclaration au greffe
Comme on le voit c'est très simple, très efficace et peu coûteuse. 2- L'injonction de payer
alors le débiteur ne s'oppose pas à l'ordonnance ; par contre, il y a des situations où le débiteur s'oppose (voir plus bas). B) La position des syndics et avocats
Selon eux, d'une part les juges ne veulent pas de la procédure
d'injonction de payer ; d'autre part il y a trop de risques Or cela n'est exact QUE si, précisément, l'on s'y prend mal ; il faut en effet, pour qu'une injonction de payer soit efficace : · d'une part qu'elle soit effectuée pour des petites sommes
(plus la somme est élevée, plus il y a des chances d'opposition
; ceci uniquement, de la part du débiteur, pour gagner du temps)
; Que dirait-on de personnes qui vous diraient " ce couteau ne
coupe pas " et dont on s'apercevrait qu'ils utilisent la lame
non pas du côté du tranchant mais du côté opposé
? Le problème est qu'ils ont un intérêt objectif à ce que " ça ne coupe pas " :
Conclusion - Le discrédit subit par ces procédures est donc non seulement injuste mais contraire à la réalité. Le vrai problème serait plutôt à rechercher du côté du manque à gagner pour les avocats. Mais cela n'est pas très facile à dire
Nous pensions que les avocats qui s'occupent de ces copropriétés allaient sauter de joie. Or, sauf exception, les courriers qu'ils adressent aux syndics montrent qu'ils sont soit hostiles à ce dispositif, soit très critiques, soit mettent en avant la " lourdeur " du système Invariablement, également, revient le problème du BAREME, naturellement jugé trop faible. Or, si l'on veut bien admettre que le barème de l'aide judiciaire est faible lorsqu'il s'agit d'affaire un peu complexe, nous devons redire avec force que le caractère en général simple des affaires de recouvrement associée à leur répétitivité et au fait que le dossier est constitué par le syndic rend particulièrement étonnant (voir déplacé) ces réactions. CONCLUSION Certes nous comprenons bien que les avocats, profession libérale, aient besoin de vivre. Néanmoins nous ne pensons pas que ce noble et compréhensible objectif doit brouiller le débat et la façon dont se pose aujourd'hui le problème du recouvrement de charges. C'est pourquoi nous affirmons avec force :
Maintenant, que ceux qui préfèrent la langue de bois changent de site. |