|
ARC. DOSSIER DU MOIS DE NOVEMBRE 2004©
Copropriété
en difficulté : la CNAB reprend les idées de l’ARC,
ce dont nous nous réjouissons
Les internautes savent que nos relations
avec la CNAB ne sont pas au beau fixe (à ce propos nous attendons
toujours la réponse de ce syndicat professionnel à la
saisine de son comité de déontologie dans le litige opposant
nos adhérents à UFFI-Marseille) ? LIEN ABUS
N° 238).
La CNAB est en effet une de ces
organisations professionnelles qui supporte mal la contradiction. Elle
essaye donc de faire passer l’ARC pour ce qu’elle n’est pas : une
machine anti-syndics.
C’est la raison pour laquelle nous
avons été à la fois très étonnés
et très agréablement surpris de constater que la CNAB
venait d’adresser au Ministre du Logement, Marc-Philippe DAUBRESSE une
série de propositions concernant le traitement des copropriétés
en difficulté, qui reprend un certain nombre des propositions
de l’ARC, dont certaines déjà anciennes.
Certes la CNAB n’ira pas dire qu’elle
s’est inspirée des analyses et propositions de l’ARC : ce
qui serait une façon de reconnaître à l’ARC une
réelle légitimité. Néanmoins, qu’il s’agisse
d’une reprise de nos analyses et propositions ou d’une convergence,
nous constatons que la CNAB fait aujourd’hui des propositions que nous
faisons depuis de nombreux mois, voire des années.
Nous allons extraire du document
de la CNAB adressé au ministre, les neuf points principaux et
montrer que non seulement nous avons de longue date fait les mêmes
propositions mais, dans certains cas, déjà réussi
à mettre en œuvre ce que la CNAB appelle de ses vœux.
|
Propositions de
la CNAB
|
Commentaires de
l’ARC
Cette proposition
est, en effet, très judicieuse
|
- " Pour mieuxconnaître
le parc des logements en copropriété
et notamment celles dégradées,
ne pourrait-on mettre en place
une aide au financement de diagnostics
globaux préventifs sur
le fonctionnement des copropriétés
dont la situation risque d’évoluer
défavorablement ? "
- " Il faut faire en sorte d’aider
le syndic dans sa mission de redressement d’une copropriété,
ou de sa gestion courante ".
- " L’administrateur judiciaire
devrait maîtriser les problèmes de copropriété.
Le financement de l’administrateur provisoire devrait être
pris en charge via l’aide juridictionnelle. L’assistant de l’administrateur
provisoire doit être qualifié et choisi à
partir d’une liste d’experts ou syndics spécialisés
volontaires. Cette liste ferait référence à
des administrateurs reconnus à partir de critères
de compétence, d’expérience et de connaissance
des outils
d’intervention existants ".
- " Il faut assurer le
préfinancement des subventions publiques et
améliorer les
aides et leur
centralisation ".
- " Il faut rendre obligatoire
les provisions pour travaux
futurs. Il est difficile de rattraper le retard d’entretien
chronique d’immeuble et d’assurer
la faisabilité financière
pour chacun des
copropriétaires. La mise en place
d’une gestion prévisionnelle
des travaux de conservation
dans un immeuble passe par
ces provisions ".
- " Charges d’eau :
en concertation avec les distributeurs
actuels, améliorer la mise en œuvre de l’article 93 de
la loi S.R.U. qui précise que tout service public de
distribution d’eau est tenu d’individualiser
les contrats de fourniture
dès lors que le propriétaire en fait la demande
et pré finance les frais d’étude et de travaux
de conformité ".
- " Les charges de copropriété
doivent être purement et simplement exclues du champ d’application
de la loi du surendettement ;
dans certains cas, la solvabilisation des copropriétaires
malgré le FSL est impossible et l’intérêt
général est de vendre le logement du surendetté "
- " Peut on imaginer un abandon
de créances avec des fournisseurs concessionnaires tels
les
distributeurs d’eau ou d’énergie ?
Cela " règlerait " une partie
des dettes irrécouvrables ".
- " Il faut améliorer
et modifier les procédures d’enchères et
d’ordre en cas de saisie immobilière
Le paiement par le compte séquestre
du bâtonnier du
super privilège immobilier lors
d’une vente aux enchères de lots
doit être immédiat et il faut adapter de ce fait
ces procédures immobilières correspondantes. Il
y a eu suffisamment de contrôles
et d’étapes dans les actions
en justice précédentes pour ne pas mettre en cause
cemontant ".
|
- Nous sommes heureux de préciser
que nous avons formulé cette proposition il y a deux
ans auprès de la DIV (Délégation Interministérielle
à la Ville) et du Ministère du Logement (Direction
Générale de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la
Construction).
Suite à notre demande,
cinq réunions ministérielles ont d’ailleurs
eu lieu, qui vont déboucher sur la mise en place à
titre expérimental de 100 diagnostics financés
sur l’Ile de France concernant les copropriétés
fragiles.
N.B : cette
proposition et ce projet (qui vont donc voir le jour très
prochainement ) ont d’ailleurs fait l’objet d’une présentation
sur notre site (Dossier du mois de mars 2004). Nous
espérons que la CNAB pourra s’associer à cette
expérience concrète, même si l’ARC est
en partie à l’origine de celle-ci…
- Là encore, nous sommes heureux de
préciser que - sur la demande de l’ARC - la Région
Ile de France subventionne déjà depuis 3 ans les
syndics qui gèrent des copropriétés
classées en " plans de sauvegarde "
et que nous avons obtenu que la Ville de Paris en fasse
autant sur tous les immeubles concernés par l’OAHD (Opération
d’Amélioration de l’Habitat Dégradé)ou
situées dans un périmètre ou d’OPAH (Opération
Programmée d’Amélioration de
l’Habitat).
Nous avons d’ailleurs élaboré
un cahier des charges rigoureux à ce sujet et
aurions aimé que la CNAB réagisse. Il n’est cependant
pas trop tard.
Nous proposons que des formations
spécifiques soient mises en place pour ces syndics et
sommes à la disposition de la CNAB pour élaborer
conjointement un programme de formation dont nous avons déjà
mis au point les grandes lignes.
Naturellement nous sommes
favorables à une extension de ces expériences.
- Nous rappelons que, déjà,
lors du vote de la loi S.R.U. (il y a 4 ans) l’ARC a fait déposer
divers amendements sur ces thèmes (compétence
des
administrateurs judiciaires ;
prise en charge de leurs honoraires par l’aide juridictionnelle
et définition de missions précises de redressement
par le juge). Malheureusement nos amendements ont été
rejetés par le Gouvernement socialiste et nous n’avons
pas le souvenir, à l’époque, d’avoir eu le soutien
d’une organisation professionnelle sur ces points. A noter
que nous allons nous appuyer sur la demande de la CNAB pour
relancer à ce sujet les Ministres Jean Louis BORLOO
et Marc-Philippe DAUBRESSE.
Nous rappelons aussi à
la CNAB que Jean Louis BORLOO dans son projet de loi sur la
rénovation urbaine avait intégré un article
sur la compétence et le contrôle des administrateurs
judiciaires ; que cet article a été
retiré du projet définitif et que nous avons
été la seule organisation :
- à protester contre son retrait ;
- à demander son rétablissement.
Nous espérons que
la CNAB pourra appuyer notre demande dans ce sens auprès
des Ministères de la Justice et du Logement, demande
que nous venons de reformuler à ce sujet.
Rappelons à cet
égard trois aspects de la question que nous ne cessons
de mettre en avant :
1) les administrateurs judiciaires
nommés par les
tribunaux sont souvent
insuffisamment compétents en matière de copropriété
en difficulté ;
2) ils sont insuffisamment
contrôlés par le juge qui ne leur fixe d’ailleurs,
aucune mission précise ;
3) ils doivent pouvoirs
s’appuyer sur des syndics " privés ",
spécialisés, compétents et sélectionnés.
4. Sur ce problème précis de
préfinancement nous ne pouvons que nous féliciter
de cette demande de la CNAB puisque là encore, cela fait
plusieurs années que nous mettons en avant cette question.
Nous avons même été plus loin, puisque nous
avons contribué à mettre en place, avec la Caisse
des Dépôts et Consignations et la Caisse d’Épargne
d’Ile de France, les premiers dispositifs opérationnels
à ce sujet, dispositifs néanmoins très insuffisants.
Rappelons d’ailleurs, que
nous formulons de notre côté pour résoudre
ce problème, une demande très simple qui est de
favoriser le déblocage progressif des subventions et
non le déblocage en fin de travaux, ce qui supprimerait
le problème du
préfinancement.
5. Depuis plusieurs mois nous avons lancé une campagne
nationale sur ce sujet (fonds de travaux obligatoires
avec une fiscalité adaptée), nous appuyant sur
l’exemple du Québec. Il s’agit d’une proposition très
importante.
Nous rappelons, néanmoins,
que depuis des mois l’ARC fait campagne seule sur ce
thème. Une dizaine de questions parlementaires posées
à l’initiative de l’ARC ont malheureusement reçu
du Ministre du Logement la même fin de non-recevoir
NON argumentée.
Nous avions d’ailleurs
écrit à toutes les organisations professionnelles,
y compris la CNAB, pour qu’elles nous appuient dans ce sens
et n’avons reçu aucune réponse de la CNAB.
D’où notre grande
satisfaction de voir la CNAB se ranger à notre proposition.
6- Il y a quelques années
la CNAB était de ceux qui pensaient que les compteurs
divisionnaires d’eau
n’avaient aucun intérêt.
Il y a deux ans la CNAB
faisait encore partie des sceptiques de l’individualisation
des contrats d’eau.
C’est pourquoi l’ARC -
agissant actuellement pour une véritable et meilleure
application de ces nouvelles dispositions (au niveau du ministère,
des communes, des distributeurs) et plaidant pour une amélioration
du dispositif - se réjouit de ce renfort très
inattendu.
- Voilà encore une vieille revendication
de l’ARC qui se bat pour éviter que les dettes de charges
des personnes surendettées ne soient, au final,
prises en charges par leurs voisins souvent eux-mêmes
très modestes. Il y a pour cela, deux voies possible et
complémentaires :
- exclure les charges de copropriété
du champ de la loi sur le surendettement ;
- ouvrir le bénéfice du F.S.L.
(Fonds de Solidarité
Logement) à
toutes les dettes de charges que le juge aura intégré
dans le plan de redressement. Sur ce point aussi nous
ne manquerons pas de mettre en avant le fait que la CNAB
rejoigne nos analyses et propositions.
8. Dès l’année 1999 (ouverture
des discussions sur la loi S.R.U.) nous faisions déposer
un amendement parlementaire prévoyant un abandon de
créances sous contrôle judiciaire pour les copropriétés
en grande difficulté.
Nous faisions valoir non
seulement que cela aurait une efficacité curative mais
aussi préventive, les " fournisseurs "
intervenant vite pour éviter les impayés.
Nous avons été
bien seuls (le Gouvernement Socialiste a rejeté notre
proposition SANS explication) et sommes donc particulièrement
heureux que la CNAB - cinq ans après - nous épaule
sur ce point capital sachant que, dans certains cas, à
défaut d’abandon partiel de créances,
le redressement de la copropriété restera impossible.
9. Dernier thème
sur lequel il est en effet indispensable d’avancer : l’amélioration
des procédures de saisie immobilière et de distribution.
Nous signalons cependant
à la CNAB - qui semble ne pas s’en être aperçue
- qu’en Ile de France, l’ARC a négocié avec
la conférence des Barreaux (c’est-à-dire l’ordre
des Avocats) une disposition dans le cahier des charges des
ventes judiciaires qui permet le déblocage rapide et
provisionnel des sommes dues au titre du superprivilège.
Les vœux de la CNAB encore
sont ainsi déjà exaucés en partie. Il
faut maintenant aller encore plus loin.
|
Comme on le voit le nombre de points
" communs " entre l’ARC et la CNAB sont importants,
d’autant qu’il s’agit de points déterminants.
Cela signifie à la fois que
nos propositions - parfois anciennes - font leur chemin et à
la fois qu’elles sont bien adaptées. Nous nous en réjouissons
et allons le faire savoir aux responsables publics qui tiendront compte,
nous n’en doutons pas, de ces convergences.
|