dossier du mois d'Octobre 02

 

Savoir contrôler la qualité des diagnostics AMIANTE


 


A la fin de l'année 2001 nous avons reçu à l'ARC un document très intéressant adressé par la Préfecture des Hauts de Seine et intitulé :

" Evaluation de la qualité des diagnostics de recherche d'amiante "

Ce document - réalisé par le service Santé-Environnement de la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales des Hauts de Seine - fait le point sur les diagnostics amiante concernant les flocages, faux-plafonds et calorifugeages (diagnostic ancienne génération, peut-on dire).

Ce rapport est accablant et démontre que beaucoup de ces diagnostics - même réalisés par les grands bureaux de contrôle - sont souvent très médiocres voire sont faux ou inutilisables.

Le Directeur de la DDASS 92 nous écrit ceci : " Alors que le décret du 13 septembre 2001 vient d'étendre la recherche de l'amiante à d'autres matériaux, il apparaît nécessaire que les propriétaires fassent vérifier, à l'occasion des recherches complémentaires devenues obligatoires, que les rapports réalisés précédemment sont crédibles et complets ". Incroyable, mais vrai.

Voilà pourquoi nous avons décidé de transcrire les passages de ce rapport qui donnent les moyens d'évaluer par soi-même la qualité des rapports déjà faits. Ainsi les lecteurs du présent dossier pourront-ils :

1 - vérifier la qualité des rapports concernent LEUR immeuble ;
2 - exiger, si besoin est, des explications de la part de leurs auteurs ;
3 - et surtout : utiliser cette méthode pour vérifier que les rapports complémentaires qui devront être fait (avant fin 2005 ou fin 2003 pour les IGH) seront bien faits.

 

Les 27 critères d''analyse :
détermination et explication

 

La DDASS a retenue 27 critères permettant de juger la qualité d'un diagnostic.

Nous les passons en revue puis donnons la grille qui reprend ces critères et permet de NOTER les diagnostics en fonction d'un coefficient de pondération pour chaque critère (certains étant plus importants, aux yeux de la DDASS) que d'autres.

1- identification du commanditaire du rapport

On ne trouve que rarement des expressions telles que " à la demande de " ou " selon la commande passée avec " pour indiquer le commanditaire du rapport.
On trouve souvent sur la première page du rapport un nom et une adresse, sans qu'on puisse savoir s'il s'agit du propriétaire ou du gestionnaire.


2- identification de l'organisme chargé du diagnostic

L'organisme ou le technicien de la construction auteur du rapport est toujours identifié clairement.

3- identification d'une personne responsable de la mission

Dans 16 cas sur 211 (8 %) on ne dispose pas, sur le rapport, du nom d'une personne responsable de la visite ou de la supervision de l'activité. Ces 16 cas concernent 11bureaux d'études différents.

4- signature du rapport

Dans 19 cas sur 211 (9 %), il n'y a pas de signature sur la rapport.
Par ailleurs, même en présence de signature, il arrive que le nom du signataire ne soit pas indiqué.

5- indication des dates de visite

Dans 16 cas (8 % des rapports), la ou les dates de visite ne sont pas indiquées.
Parfois, la date précise n'est pas indiquée, mais seulement une période au cours de laquelle le diagnostic a été fait. C'est le cas pour de gros établissements ou de gros propriétaires (offices d'HLM hébergeant entre autres un établissement).

6- datation du rapport

14 rapports ne sont pas datés (7 %).

7- indication de la composition du rapport

Pour 125 rapports sur 211(59 %), la composition du rapport n'est pas indiquée clairement.

8- descriptif des locaux

La présence d'un descriptif est nécessaire afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur les locaux objets du diagnostic.

Globalement, les locaux objets de la mission sont très mal décrits.

Pour le jugement sur ce critère, on s'est contenté d'une description succincte des locaux. Par exemple du type R-1/R+1, signifiant que faisaient partie de la mission le sous-sol, le rez-de-chaussée et le premier étage (ce faisant, on n'est pas sûr que les locaux ainsi décrits représentent l'ensemble de l'établissement).
Si les listes de locaux visités jointes en annexe étaient claires, nous avons aussi jugé favorablement sur ce critère.

Malgré ce jugement très peu sévère, 69 rapports (33 %) ont une note défavorable. Dans ces cas, on ne dispose d'aucune information autre que l'adresse et le nom de l'établissement. Il est tout à fait possible que dans un établissement, un logement de fonction ou un garage, n'ait pas été compris dans le diagnostic, sans qu'on n'ait aucun moyen de le savoir.

9- plan des locaux

La présence de plans permet de lever les incertitudes sur la localisation des locaux listés dans le rapport. Quelques années après le diagnostic, les noms d'usage utilisés dans le rapport tels que salle d'attente, buanderie.., peuvent ne plus correspondre à la réalité.
On peut se contenter de plans sommaires, à condition qu'ils permettent effectivement de faire le lien avec les dénominations de locaux employées dans le rapport.

Le jugement a été favorable en présence de plans complets des locaux (c'est le cas pour seulement 3 rapports). Une dizaine de rapports présentent des plans incomplets. Tous les autres rapports ne comprennent aucun plan des locaux.

10- citation des textes réglementaires à la date du rapport

Il a été répondu favorablement sur ce critère lorsque le n0 du décret était précisément indiqué.
Avant parution du décret 97-855 du 12 septembre 1997 concernant les faux-plafonds, l'indication du décret 96-97 du 7février 1996 a été considérée comme nécessaire.
Après parution du décret 97-855 du 12 septembre 1997, l'indication des 2 décrets ou bien la précision que le 96-97 était modifié ou la référence au 97-855 ont été jugés favorablement.

Dans 33 rapports (16 %), les décrets ne sont pas cités, ou bien ne sont pas actualisés.

11- indication du type de matériaux diagnostiqués (flocages, calorifugeages, faux-plafonds)

Il a été considéré indispensable que le type de matériaux diagnostiqués soit indiqué clairement, dans la mesure ou le demandeur méconnaît très souvent les textes. La simple référence aux textes est insuffisante.

Dans de nombreux rapports la nature des matériaux diagnostiqués n'est pas indiquée dans le corps du rapport. Lorsque ces matériaux étaient cités dans les annexes, ce critère a toutefois été jugé favorablement (à condition que l'ensemble des matériaux devant faire l'objet d'un diagnostic à la date du rapport soit mentionné dans ces annexes).


Dans 41 rapports (19 %), il n'y a pas d'indication de la nature des matériaux diagnostiqués, ou bien on ne retrouve pas cités l'ensemble des matériaux qui auraient dû être diagnostiqués à la date du rapport.
Dans 12 de ces rapports, il y a une incertitude totale sur les matériaux diagnostiqués car les références aux textes ne sont pas non plus correctes.

Certains rapports réalisés avant la date de parution du décret modificatif du 12 septembre 997 concernant les faux plafonds font quand même mention d'une recherche d'amiante dans les faux plafonds, avec d'autres types de matériaux amiantés. La méthodologie d'évaluation n'étant pas encore fixée par la réglementation, les recherches concernant les faux plafonds ont été faites selon la méthode personnelle de l'opérateur. Dans ces cas nous n'avons pas tenu compte de ces recherches dans l'évaluation de la qualité du rapport. Lorsqu'un opérateur a mis en évidence de l'amiante dans les faux plafonds avant sortie de l'arrêté du 15 janvier 1998, il n'a pas procédé à l'évaluation de l'état de conservation. Il est probable toutefois que nombre de propriétaires considèrent ces faux-pafonds comme diagnostiqués correctement.

12- indication des limites de la technique de repérage

La recherche de flocages et calorifugeages peut être difficile dans certains cas, par exemple s'il faut réaliser préalablement des travaux de démontage. Il a été jugé utile qu'un avertissement soit donné au propriétaire de façon à ce qu'il prenne les conclusions du diagnostic avec les précautions nécessaires.
Dans 86 rapports (41 %), on trouve un avertissement de ce type, plus ou moins précis.
Par exemple :

" Dans le cadre de cette mission, le technicien de ... a examiné uniquement les locaux
et les volumes normalement accessibles comme certains plénums ou gaines techniques, dont il aura eu connaissance, soit par les plans, soit par la personne accompagnatrice et auxquels il aura pu accéder dans des conditions normales de sécurité. Il ne rend de conclusions que pour les volumes examinés dont la liste figure dans ce rapport ".

" La recherche est réalisée par un examen visuel de l'enveloppe du bâtiment et des sous-ensembles (murs, poteaux, sous-face des planchers, de la couverture).
Nous avons recherché les matériaux de flocage et les matériaux de calorifugeage sur les parties de l'immeuble visibles ou accessibles par démontage sans outil (plaques de faux-plafond notamment). Seules les parties inaccessibles ne sont pas contrôlées. "

" Conformément à l'article 05.02 du Cahier des Clauses Techniques, la recherche amiante dans les flocages, calorifugeages et faux plafonds porte sur les éléments directement accessibles sans démontage tels que:

éléments de structure de type plafonds, poteaux, etc.

autres éléments tels que gaines, tuyauteries, etc.

éléments d'équipements de locaux techniques tels que chaufferie, machineries, locaux groupe électrogène, locaux climatisation, etc.

 

 

Certaines zones ou locaux n'ont pas été visités pour raison d'inaccessibilité, d'impossibilité d'accompagnement ou de cessation d'occupation.
Seules les parties directement accessibles des aérothermes et groupe de ventilation présentant des trappes de visite ont été examinées.

DANS LA PLUPART DES RAPPORTS IL N'Y A AUCUNE RESERVE DE CE GENRE, CE QUI CONSTITUE UNE FAUSSE SECURITE POUR LE PROPRIETAIRE. CELUI-CI PEUT PENSER, DE BONNE FOI, QU'UN FLOCAGE DERRIERE UN FAUX PLAFOND A ETE DIAGNOSTIQUE ALORS QUE L'OPERATEUR N'Y A PAS ACCEDE.

13- présence d'une liste des locaux visités

On ne trouve que dans 88 rapports (42 %) une liste de locaux visités. Cette liste n'est généralement pas très détaillée.
Par ailleurs on ne sait jamais si cette liste correspond à la totalité des locaux existants, sauf si cela est indiqué dans le rapport (rare). Certains opérateurs annoncent qu'ils ont réalisé une visite par échantillonnage, ce qui n'est pas dans l'esprit de la réglementation ; certains locaux peuvent avoir fait l'objet d'un aménagement particulier qui ne sera donc pas vu par l'opérateur de diagnostic.

14- présence d'une liste des locaux non visités

Dans 54 rapports (26 %), soit on trouve une liste de locaux non visités, soit il est dit que la visite a été exhaustive (ou " systématique ", terme plus ambigu).
Mais dans la plupart des rapports, on n'a finalement pas d'assurance que l'ensemble des locaux aient été vus par l'opérateur. Le rapport indique souvent que seuls ont été visités les locaux qui ont été rendus accessibles à l'opérateur lors de sa visite, sans que soient listés ni les locaux visités, ni les locaux non visités.

15- présence d'une liste des flocages, calorifugeages et faux plafonds présents dans les locaux

Nous avons jugé nécessaire que tous les matériaux objets de la mission soient listés sur le rapport, même lorsqu'ils sont apparus manifestement sans amiante à l'opérateur. En effet, une entreprise de travaux, face à un matériau pouvant contenir de l'amiante, a besoin d'être certaine que ce matériau a été vu par l'opérateur de diagnostic.
Aucun rapport ne dit clairement qu'il liste tous les matériaux objets de la mission présents dans les locaux (flocages et/ou calorifugeages et/ou faux plafonds selon l'objet de la mission).

Nous avons cependant donné une appréciation favorable sur ce critère dans les situations suivantes :

- lorsqu'on trouve une liste dans le rapport, même si on n'est pas sûr qu'elle soit complète, mais avec au moins un matériau pour lequel il n'y a pas eu de prélèvement. C'est en effet un indice qu'on n'est pas en présence d'une simple liste de matériaux prélevés, mais d'une liste plus large.

- lorsque le rapport indique l'absence de flocages, calorifugeages et/ou faux plafonds, ce qui est rare

 

Nous avons jugé défavorablement lorsque était seulement indiqué l'absence de " flocages et calorifugeages susceptibles de contenir de l'amiante ". En effet, cette phrase est ambiguë: il peut y avoir des flocages et calorifugeages jugés non susceptibles de contenir de l'amiante, sans que le jugement ainsi porté soit explicité.
Nous avons également jugé défavorablement lorsque était seulement donnée une liste de matériaux " douteux " ou une liste de matériaux prélevés. Le terme de matériau douteux n'est en effet pas clair: est-ce la liste complète des flocages et calorifugeages, ou est-ce la liste des flocages et calorifugeages que l'opérateur estime susceptibles de contenir de l'amiante ? (c'est à dire après élimination des matériaux jugés manifestement sans amiante).

On trouve aussi des rapports dont les fiches de visites sont conçues correctement, mais n'ont pas été remplies correctement. Par exemple pour un local donné (en ligne), pour un matériau donné (en colonne), il n'existe que deux réponses possibles

- soit oui : présence du matériau concerné
- soit non : absence du matériau concerné.

 

Or certaines fiches de visite ne mentionnent aucune réponse dans la case concernée.
Doit-on en tirer la conclusion que la réponse est négative, ou bien que l'opérateur n'est
pas passé dans le local?
Le jugement a été défavorable dans ces cas.

88 rapports seulement ont reçu un jugement favorable sur ce critère (42 %).

16- logique de l'échantillonnage

197 rapports révèlent la présence de flocages, calorifugeages ou faux plafonds.

Pour chacun de ces matériaux, pour chacun des locaux où ils sont présents, l'opérateur de diagnostic doit être certain qu'il contient ou ne contient pas de l'amiante, et il doit l'expliciter sur son rapport.


Nous avons considéré que la logique de l'échantillonnage était bonne lorsque, pour chaque flocage, calorifugeage ou faux plafond présent dans un local:

- soit l'opérateur a procédé à un prélèvement, dont il indique le numéro

- soit l'opérateur a considéré que le matériau était identique à celui d'un autre local ayant fait l'objet d'un prélèvement, dont l'opérateur indique la référence (notion de zone homogène)

- soit l'opérateur a considéré, en s'appuyant sur son expérience personnelle, que le matériau était manifestement sans amiante, et il en a donné la composition.

 

Dans 57 rapports seulement (29 %), on a systématiquement une référence de prélèvement ou une explication sur la composition pour chaque flocage, calorifugeage ou faux plafond listé.

Pour les autres, une appréciation défavorable a été donnée. On trouve notamment les situations suivantes :

- le lecteur reste dans le doute sur la définition de la liste de matériaux présentée dans le rapport (comme expliqué dans le paragraphe précédent). S'il s'agit seulement de la liste des matériaux prélevés, on ne sait donc pas si le raisonnement tenu par l'opérateur pour les autres matériaux non prélevés et non listés est correct ;

- présence d'une liste de flocages, calorifugeages et/ou faux plafonds, certains faisant l'objet de prélèvement, les autres ou une partie des autres ne portant aucune indication ;

- dans certaines fiches de visite, on ne trouve que des " dito " concernant les références du prélèvement (suite à la définition d'une zone homogène, le prélèvement a été effectué dans un local pour lequel le matériau concerné a été jugé similaire). Or il arrive que le local dans lequel le prélèvement a été réalisé soit introuvable.

 

Remarques :

- on a admis que les flocages posés après le 01/01/1980 dans un bâtiment construit antérieurement ne sont pas soumis au contrôle de recherche d'amiante, alors que juridiquement, c'est la date de construction du bâtiment qui impose la recherche d'amiante dans tel ou tel matériau ;

- si les faux plafonds ont été posés en 1997 (sans autre précision), leur diagnostic est nécessaire puisque l'obligation réglementaire va jusqu'au 1er juillet 1997. Certains rapports ont été jugés défavorablement pour n'avoir pas recherché l'amiante dans des faux plafonds posés " en 1997 ".

 


17- croquis ou photo de l'emplacement du prélèvement

Connaître l'emplacement exact du prélèvement est utile : on peut en effet s'apercevoir par la suite que ce qui était considéré comme une zone homogène ne l'est pas.

Dans 139 rapports, il a été fait au moins un prélèvement.
3 rapports seulement (2 %) donnent un croquis ou une photo de chaque emplacement de prélèvement (note favorable).
Dans quelques rapports, on trouve des croquis pour une partie seulement des emplacements de prélèvement.

18- nom du laboratoire

Dans 5 rapports sur les 139 avec prélèvement (4 %), on n'a pas d'information sur le laboratoire qui a réalisé les analyses.

19- indication des méthodes d'analyse

Les méthodes d'analyse sont indiquées en français (souvent en abrégé) dans 107 rapports sur 139 (77 %).

Les indications en anglais seulement ont été jugées défavorablement, car cette pratique est contraire aux textes relatifs à l'emploi de la langue française : loi n0 94-665 du 4 août 1994, décret n0 95-240 du 3 mars 1995 et circulaire du 19 mars 1996.

20- correspondance entre échantillons prélevés et résultats d'analyse

Il est rare que soit indiqué dans le corps du rapport le nombre total de prélèvements effectués. On ne le connaît en général que par les fiches en annexe dont on n'a souvent pas la possibilité de juger si elles sont bien toutes présentes dans le rapport.
On n'a pas tenu compte de ce problème pour la notation.

Il arrive aussi qu'on trouve des résultats d'analyse dans les annexes du rapport sans que la fiche de visite soit présente, ce qui ne permet pas de connaître le nombre total de prélèvements réalisés. Ces situations n'ont pas été notées défavorablement, sachant que les critères précédents en ont tenu compte (critères 13 à 16).

21- documents à entête du laboratoire

Dans 131 rapports sur 139 avec prélèvement, chacun des prélèvements dont le rapport fait état donne lieu à un résultat présenté sur une fiche à entête du laboratoire.

22- exhaustivité de l'évaluation de l'état de conservation

Il faut avoir le résultat de l'évaluation (note). On a tenu compte aussi des évaluations manifestement erronées.

Sur 23 rapports avec présence d'amiante, 2 cas ont été notés défavorablement :

- dans un rapport, l'état de conservation n'est pas indiqué pour un flocage contenant de
l'amiante,

- dans un autre rapport, il y a une erreur dans la synthèse des résultats, un état de
conservation " 1 " étant associé à l'obligation de travaux.

 

23- présence des grilles d'évaluation

18 rapports sur 23 donnent les grilles d'évaluation de tous les matériaux amiantés mis en évidence.

24- grilles remplies avec l'ensemble des items réglementaires

Sur 18 rapports présentant des grilles, 6 seulement renseignent dans ces grilles l'ensemble des items prévus sur la grille réglementaire. Souvent il manque l'indication de la pièce ou de la destination du local.

25- explicitation du choix des critères

L'impact de la notation est important pour la décision à prendre concernant la surveillance ou la protection ou l'enlèvement du matériau amianté. Il peut y avoir des interprétations différentes selon les techniciens sur les critères de notation, faisant en particulier basculer la note de 2 vers 3 ou vice versa, Il peut donc paraître utile que le technicien explicite ses choix, même si cela n'est pas rendu obligatoire par la réglementation.
Sur 18 rapports présentant des grilles, on ne trouve aucune explication sur le choix des critères.


26- conclusions du diagnostic


Sur 211 rapports, 6 conclusions (3 %) apparaissent ambiguës ou même erronées
Par exemple :- " absence d'amiante - type chrysotile " : le problème est que le chrysotile est un type
d'amiante !
- " Aucune fibre d'amiante n'a été détectée dans les échantillons analysés. En
conséquence, les faux plafonds et les calorifugeages des locaux décrits précédemment ne contiennent pas d'amiante.
". Il manque une conclusion sur les flocages, qui faisaient partie de la mission.
- " surveillance technique périodique de l'état de conservation nécessaire ". Il aurait été judicieux de rappeler le délai réglementaire de cette obligation.
- non correspondance entre la note attribuée suite à l'évaluation de l'état de conservation et les obligations qui en sont la conséquence,
- contradiction entre les conclusions partielles et la conclusion générale au niveau des
notes d'évaluation.

Un avis favorable a été donné sur ce critère dès lors qu'une conclusion claire était énoncée. Cependant il est rare que la conclusion soit parfaitement explicite et sans risque de présenter une fausse sécurité.

On trouve par exemple les libellés suivants:

- " absence d'amiante ". Une telle conclusion peut représenter une fausse sécurité pour un propriétaire qui ne se plongerait pas dans le corps du rapport. Pour les rapports réalisés avant la sortie du décret modificatif du 12 septembre 1997 et qui n'ont pas diagnostiqué les faux plafonds, l'absence de mention aux matériaux diagnostiqués est particulièrement gênante.

- " absence d'amiante dans les échantillons prélevés ". Cette conclusion est logique pour un laboratoire, mais pas pour un opérateur de diagnostic. Elle ne répond pas aux objectifs d'un diagnostic.

- " nous n'avons pas décelé de calorifugeage susceptible de contenir de l'amiante ". Une telle conclusion est condition qu'on trouve dans le rapport la liste complète des calorifugeages, avec les indications claires sur leur composition.

Une conclusion correcte pourrait être, par exemple:

" Conformément au décret n0 96-97 du 7 février 1996 modifié, la recherche de flocages, calorifugeages et faux plafonds contenant de l'amiante a été faite le (date) dans l'immeuble sis (adresse), comprenant un bâtiment principal et un pavillon. Cette expertise a montré l'absence de flocage, et la présence de calorifugeages et de faux plafonds. Les analyses réalisées ont montré l'absence d'amiante dans les calorifugeages et faux plafonds. Ces conclusions concernent les parties techniquement accessibles des locaux visités (cf listes des locaux visités et des locaux non visités).
En cas de travaux dans ces locaux, la recherche de la présence d'amiante dans d'autres matériaux reste obligatoire en application du décret 96-98 du 7 février 96 modifié
. "

27- rappel des obligations du propriétaire en cas de présence d'amiante

Il s'agit des obligations d'analyses d'air, de surveillance périodique ou de travaux. Les dates butoirs réglementaires doivent être indiquées.
Sur 23 rapports avec présence d'amiante, 17 rappellent les obligations du propriétaire.

Dans les cas (non comptabilisés dans les 23) où l'examen des faux plafonds a été fait avant la sortie de l'arrêté du 15janvier 1998, il n'y a pas d'indication sur la conduite à tenir par le propriétaire. On peut espérer que les grilles ont été remplies par suite...

 

ANNEXE :Grille d'évaluation de la qualité des rapports de diagnostics réglementaire de l'amiante

S

Critères d'évaluation Oui : 1
Non : 0
Sans-objet : S
facteur multiplicatif
points obtenus remarques
1 le demandeur (personne morale ou privée) est clairement identifié  
1
   
2 l'organisme chargé du diagnostic est clairement identifié  
2
   
3 une personne responsable de la mission est clairement identifiée  
1
   
4 le rapport est signé  
1
   
5 la ou les date (s) de visite sont indiquées  
1
   
6 le rapport est daté  
1
   
7 la composition exacte du rapport est clairement indiquée, y compris pour les annexes  
2
   
8 le rapport comprend un descriptif des locaux objets de la mission  
2
   
9 le rapport comprend des plans des locaux objets de la mission  
1
   
10 les textes concernant le diagnostic de l'amiante sont cités, et ces citations sont à jour à la date du rapport  
1
   
11 les types de matériaux diagnostiqués sont clairement énoncés (flocages et/ou calorifugeages et/ou faux-plafonds)  
1
   
12 les limites de la technique de repérage sont clairement précisées : matériaux non visibles sans démontage, zones non accessibles par constitution…  
1
   
13 tous les locaux visités ont été listés de façon détaillée  
2
   
14 les locaux non visités ont été listés ou bien il est dit que la visite a été exhaustive  
2
   
15 tous les matériaux objets de la mission (flocages et/ou calorifugeages et/ou faux-plafonds) présents dans les locaux ont été notés sur une fiche de visite présente dans le rapport, même s'ils sont manifestement dans amiante. Ou bien il est indiqué qu'aucun des matériaux du diagnostic n'est présent dans les locaux.  
2
   
16 pour chaque Flocage (calorifugeage) faux plafond repéré, un échantillon a été prélevé, sauf s'il s'agit e façon évidente d'un matériau sans amiante (sa composition est alors indiquée), ou si la notion de zone homogène a pu être appliquée (dans ce cas, il est donné référence de l'échantillon prélevé dans un autre local mais considéré comme représentatif du matériau).  
2
   
17 un croquis ou une photo indique l'emplacement de chaque prélèvement de matériau  
1
   
18 le nom et les coordonnées du ou des laboratoires chargés de l'analyse des matériaux sont indiqués  
1
   
19 les méthodes d'analyse utilisées sont indiquées  
1
   
20 le rapport comprend les résultats d'analyses pour chaque prélèvement mentionné  
2
   
21 le rapport comprend un (ou des) documents () à entête du laboratoire présentant l'ensemble des résultats d'analyse  
1
   
22 tous les matériaux contenant de l'amiante ont fait l'objet d'une évaluation de l'état de conservation  
2
   
23 toutes les grilles d'évaluation sont présentes dans le rapport  
2
   
24 toutes les grilles d'évaluation comprennent au moins les items prévus par la réglementation correctement renseignés  
2
   
25 le choix des critères est explicité sur les grilles d'évaluation  
1
   
26 les conclusions du diagnostic sont clairement énoncées  
2
   
27 en cas de découverte d'amiante, les obligations du propriétaire sont clairement énoncées  
2
   
 
totaux
 
   
  évaluations chiffré de la qualité du diagnostic        




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