I. Une heureuse et incroyable surprise
pour l’ARC
Tout
fini par arriver à force de persévérance. Ce n’est pas pour
rien que la devise de l’ARC est : « On n’enfonce
pas un clou avec un seul coup de marteau ».
Il
y a quelques jours nous avons, en effet, participé au Ministère
du Logement à une réunion de concertation sur la modification
du décret de 2004 concernant l’entretien des ascenseurs.
Nous
avons ainsi eu la surprise de découvrir que le ministère
- reprenant nos analyses de la situation et nos propositions
dans ce domaine - proposait un texte modificatif du décret
nous donnant satisfaction sur de nombreux points importants.
II. Des avancées spectaculaires
Nous
ne pouvons pas dévoiler le contenu du projet qui est encore
en négociation, mais pouvons dire que ce décret traite SIX
problèmes sur lesquels nous nous battons depuis des années.
Nous
remercions sincèrement le ministère d’avoir enfin pris les
mesures nécessaires (du moins au stade du projet).
Voici
les SIX problèmes en question. Nous ne faisons ici que les commenter brièvement
et espérons revenir rapidement sur - non plus un projet
- mais un texte définitif :
- Obligation
de prévenir le représentant du propriétaire pour la visite
des « six semaines » afin de lui permettre
d’être présent.
Le ministère reconnaît lui-même que ces visites
sont souvent « oubliées »
par les ascensoristes. Cette obligation doit donc permettre
un meilleur contrôle pour les copropriétaires.
- Obligation
de tenir un carnet d’entretien sur place.
Même chose. Seul un carnet d’entretien « papier »
permet d’attester du passage effectif sur place.
- Obligation
pour l’ascensoriste - sans surcoût - d’accompagner le
contrôleur pour le contrôle quinquennal.
Comment le contrôleur peut-il contrôler le
bon entretien des appareils s’il n’a pas accès à la machinerie ?
D’où cette nouvelle obligation (en projet) bien venue.
- Obligation
au fabricant (d’ascenseur ou de gros matériel) de fournir
les outils et logiciels de maintenance.
Voilà des années que nous dénonçons le « verrouillage
technologique » des fabricants qui empêchent la
concurrence avec les PME d’entretien d’ascenseur. Grâce
à cette obligation, ce « verrou » sautera.
- Obligation
de prévoir une possibilité de résiliation annuelle dans
les contrats.
Grâce à cette obligation, fini d’être obligé
de supporter les diktats des ascensoristes (travaux, pannes,
arrêts intempestifs) sans pouvoir résilier le contrat avant
cinq ans.
- Instauration
d’un état des lieux contradictoire de « sortie ».
Cela fait exactement huit ans (voir notre guide :
« Ascenseur :
comment éviter le pire ? ») que nous demandons
cet état des lieux de sortie, seul moyen d‘obliger l’ascensoriste
sortant à rendre un appareil dans un état correct.
On
le constate les avancées sont importantes et nous avons
été très entendus.
III. Deux problèmes non traités
Rien
n’étant tout à fait parfait en ce bas monde, le projet de
décret n’a pas pris en compte deux autres demandes de l’ARC :
a)
une demande concernant
l’interdiction d’introduire une clause de « vétusté » dans les contrats.
Si
vous voulez savoir pourquoi cette « clause de vétusté » est scandaleuse
et pourquoi elle doit sauter, tapez « clause vétusté » sur
notre moteur de recherche et vous saurez pourquoi.
b)
une demande concernant
l’interdiction de vider les « clauses de pénalités » des contrats de leur efficacité par
des restrictions.
Aujourd’hui
les contrats des grands ascensoristes limitent les pénalités :
-
soit à 5 % du montant du
contrat (ce qui est ridicule) ;
-
soit en faisant en sorte
que les pénalités ne s’appliquent qu’à la troisième défaillance,
par exemple.
Conséquence : les ascensoristes se
moquent des pénalités et cette clause n’a plus aucune efficacité.
Nous demandons à ce que ces restrictions soient interdites
ou encadrées.
Nous
avons commencé à intervenir pour que ces deux points supplémentaires
soient également pris en compte en plus des SIX
points vus plus haut.
IV. Des ascensoristes furieux
Evidemment
les ascensoristes (surtout les quatre grands) sont fou furieux
et - comme les syndics avec le projet de loi qui les concerne
- veulent tout faire pour obtenir le retrait de ces mesures
bien venues.
Espérons
que nous saurons empêcher tout « retour en arrière » et que ce
décret pourra être publié rapidement en l’état. On vous
tient informés.