I-
Le contrôle technique obligatoire quinquennal
On
le sait, le décret du 9 septembre 2004 concernant la sécurisation
des ascenseurs, prévoit l’obligation pour les propriétaires d’appareil
de faire procéder à des contrôles techniques obligatoires quinquennaux,
les premiers contrôles devant être faits obligatoirement avant
le 3 juillet 2009.
Les
contrôles auront d’abord pour objectifs de vérifier que les dispositifs
de sécurité obligatoires (pour 2008, 2013 et 2018) seront bien
mis en place aux échéances.
Ils
permettront - plus largement - de vérifier que l’entretien est
correctement fait et que la sécurité des personnes est assurée.
II-
Deux types de contrôleurs
Deux
types de « contrôleurs »
sont prévus par les textes :
1-
Les
contrôleurs « de droit »
(exemple : les grands bureaux de contrôles types SOCOTEC,
VERITAS, etc.) ceux-ci n’ont pas (malheureusement) à prouver leurs
aptitudes.
2-
Les
bureaux d’études ou de conseils. Ceux-ci doivent se faire « certifier », (en quelque sorte passer un examen) avant de pouvoir
prétendre assurer des contrôles.
III-
Il y a contrôleur et contrôleur
Les
grands bureaux de contrôle sont, en règle générale, des « monstres » qui ont souvent une logique
de « grands groupes ».
Nous préférons souvent les petits bureaux, plus proches des copropriétés
et des copropriétaires mais également, selon nous, plus « indépendants » des ascensoristes, y compris naturellement des grands
ascensoristes. Par ailleurs, ces bureaux d’études accueillent
souvent des personnes qui connaissent bien les ascenseurs pour
les avoir entretenus, ce qui est plus rarement le cas dans les
bureaux de contrôle.
Les
grands bureaux ne nous rassurent pas. Leurs techniciens risquent
d’avoir une approche « maximaliste »
des problèmes de sécurité et de ne pas forcément aider les copropriétés
à ne faire QUE ce qui est obligatoire et/ou VRAIMENT utile.
Le
seul problème, comme on va le voir, est que si les pouvoirs publics
avaient bien prévu la possibilité pour les petits bureaux d’études
d’être « certifiés », ils n’avaient en revanche
prévu aucune certification !
Cela
vous étonne ? Vous allez comprendre.
IV-
Une certification qui n’existait pas
La
« certification »
prévue par le décret est, en effet, du seul ressort de l’initiative
des partenaires privés mais sous contrôle de l’Etat.
Ainsi,
si personne ne met en place une certification, il ne peut y avoir
AUCUN certifié et le décret reste, en partie, inapplicable (ou
plutôt : les copropriétés sont obligées de passer par les
grands bureaux de contrôle : bonjour, la concurrence).
L’État
s’en lave les mains, comme on dit.
Naturellement,
à l’ARC, nous avons dénoncé cette double situation : d’abord
nous avons dénoncé le fait que les techniciens des grands bureaux
de contrôle soient considérés comme aptes à effectuer ces contrôles
uniquement parce qu’ils appartenaient à un de ces bureaux, alors
que les techniciens des petits bureaux devaient être personnellement
certifiés ; ensuite,
nous avons dénoncé le fait que le Ministère du Logement pouvait
faire paraître un texte impossible à appliquer dans l’immédiat
(même si un bureau d’études voulait se faire certifier, il ne
le pourrait pas avant de nombreux mois !).
Nous
n’avons, malheureusement, pas pu faire entendre « raison » (c’est le cas de le dire) à nos interlocuteurs. Dommage.
Ceci dit, nous ne sommes pas restés inactifs.
V-
L’action de l’ARC et de ses partenaires
Partant
du principe qu’on n’est jamais mieux servir que par soi-même et
qu’il était important pour les copropriétaires de disposer de
BONS contrôleurs proches des préoccupations des copropriétaires,
nous avons donc décidé, avec d’autres partenaires et en concertation
avec les pouvoirs publics de mettre au point sans attendre un
VRAI et BON « référentiel
de contrôleur ».
Nous
avons travaillé :
-
côté
propriétaires ou représentants des propriétaires avec le CSAB
(qui regroupe les syndics), et l’USH (Union Sociale de l’Habitat),
qui regroupe tous les propriétaires du secteur HLM ;
-
côté
professionnels : avec des bureaux d’études indépendants et
le bureau d’étude de l’USH (Habitat Conseil et Territoire) ainsi
que des ascensoristes indépendants ;
-
côté
pouvoirs publics : avec le Ministère du Logement, le Ministère
de l’Industrie et le COFRAC (Comité Français d’Accréditation).
Nous
avons mis au point ce référentiel avec l’un des grands organismes
de certification - à savoir SGS (dont nous tenons à saluer ici
l’implication totale dans ce projet) - qui est un des rares organismes
non seulement à pouvoir certifier des compétences de personnes
mais aussi à pouvoir mettre en place une certification aussi rigoureuse.
Ainsi
au bout de plus d’un an et grâce à une concertation et un travail
approfondis, les premiers bureaux d’études indépendants certifiés
SGS disposant de « l’agrément ».
C’est
cette bonne nouvelle que nous voulions vous annoncer et dont nous
allons maintenant vous présenter le mode d’emploi pratique.
VI-
Comment et quand utiliser les bureaux
d’études certifiés « SGS » ?
1-
Si
vous avez déjà fait les travaux de « mise
en conformité » de votre ascenseur ou si celui-ci est
déjà conforme, n’attendez pas forcément 2009 et adressez-vous
à SGS dans les mois qui viennent pour connaître les bureaux certifiés
dans votre région.
2-
Si
vous n’avez pas encore fait les travaux, ne vous pressez pas ;faites-
les réaliser tranquillement, puis adressez-vous à un bureau certifié
SGS ; il suffira simplement de passer commande avant le 3
juillet 2009. Il risque d’y avoir des embouteillages ? Tant
pis. Nous allons expliquer aux pouvoirs Publics que quand les
textes sont mal faits, il faut les corriger ou les adapter.
Nous
vous expliquerons bientôt comment.