ARC Actualité, ascenseurs/ 06 10 04 / ©

Ascenseurs : l’offensive


Suite à un début d’offensive commerciale et médiatique des ascensoristes sur les travaux de sécurité et alors même que les arrêtés permettant la mise en œuvre du décret du 9 septembre 2004 ne sont pas sortis, il n’est pas inutile de revenir sur certains aspects de ces dispositions et sur les réactions qu’il faut développer. N’hésitez pas également à consulter notre rubrique  " Abus en Vrac ".

    I. La sécurité " alibi "

    Il faut rappeler d’abord que, sous prétexte de sécurité des usagers liée essentiellement aux serrures des portes palières, le décret impose des mesures qui pour une grande partie, n’ont pas grand-chose à voir avec la sécurité des usagers :

    • huit mesures sur 17 concernent la sécurité du personnel qui aurait dû être traitée depuis 1995 si les ascensoristes étaient des gens vraiment préoccupés de sécurité et non simplement de commandes de travaux !
    • certaines des mesures coûteuses qui sont imposées concernent plus le confort que la sécurité (absence totale de contact avec les portes coulissantes par exemple ; imposition d’un niveau de précision qui a failli frisé le ridicule (1 centimètre !) ;
    • d’autres mesures concernent des dangers illusoires (exemple : lutter contre la survitesse des ascenseurs en montée !!

    La preuve de ces exagérations est d’ailleurs que depuis deux ans nous avons réussi obtenir que la raison reprenne le dessus sur des points importants :

      • le degré de précision d’arrêt a été remonté à 2 centimètres (ainsi des réglages seront possibles là où seuls de nouveaux appareils coûteux auraient pu satisfaire aux nouvelles exigences ;
      • les installations actuelles dites " contacts de choc " pourront être maintenues ;
      • le parachute en montée ne concernera que les ascenseurs de plus de 300 KG ;
      • les mesures anti-vandales dans les zones urbaines sensibles ne seront pas obligatoires, etc.

    Ces victoires sont cependant très insuffisantes face à l’appétit dévorant des ascensoristes.

      II. Un rapport de force très inégal

    Aujourd’hui, malgré le travail remarquable (et un peu solitaire) de l’ARC nous savons que la partie ne va pas être facile, car les ascensoristes vont non seulement agiter de nombreux arguments pour imposer les travaux les plus coûteux mais utiliser les bonnes vieilles méthodes que nous combattons chaque jour.

     

     

    • Les arguments des ascensoristes

    Nous les entendons déjà :

        1. " attention aux risques judiciaires en cas du moindre problème " ;
        2. " attention à la fin de la TVA à 5 % " ;
        3. " attention - si vous retardez les travaux - à l’effet embouteillage plus inflation " et bien d’autres…

    • Les méthodes

    Nous les connaissons :

    a) continuer à assurer une maintenance médiocre pour justifier le changement de gros matériel ou l’impossibilité d’assurer les objectifs de sécurité avec le matériel en place ;

    b) peser sur les syndics et leur peur des conséquences judiciaires d’une part, utiliser la capacité de certains à " orienter " les assemblées générales (vieilles dames ; mandats permanents ; absents…) ;

      1. rendre difficile la mise en concurrence au prétexte que les installations sont sous leur responsabilité, etc.

      III. Une bataille continue pendant des années

      Oui, pendant des mois et des années il va falloir se battre ; pourquoi ?

            1. parce que les ascensoristes vont faire passer pour obligatoires des travaux qui ne le sont pas forcément en confondant allégrement mise aux normes et mise en sécurité et en ayant une lecture maximaliste des obligations de mise en sécurité (exemple : protection contre les petits chocs de porte…) ;
            2. parce que l’opacité volontaire de leur devis hors de prix est une mine de pièges et d’indélicatesses comme nous le prouvons tous les jours dans notre rubrique " abus en vrac " sur notre site Internet ;
            3. parce que qu’ils vont tenter d’imposer avec des arguments compliqués des dispositifs sophistiqués soi-disant plus fiables (exemple : variateur de fréquence ; télésurveillance) que l’on pourrait remplacer par des dispositifs coûtant moins chers ;
            4. parce qu’ils vont chercher à imposer des nouveaux contrats en augmentation (plus 10 à 20 %) truffés de clauses plus subtiles les unes que les autres, là aussi génératrice de surcoût.

     

    Comment éviter la catastrophe programmée ?

    - en aidant les copropriétaires, comme nous essayons de le faire, à démystifier cette problématique sécuritaire ;

    - en leur expliquant comment procèdent les ascensoristes pour imposer des mesures excessives, inutiles et coûteuses ;

    - en leur montrant qu’en résistant un peu on peut diviser la facture en DEUX.

     

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