ARC, Copropriété en difficulté / 29 09 03 / ©

12 propositions pour mieux traiter les copropriétés fragiles ou en difficulté


Parmi les 25 mesures que l’ARC propose pour améliorer le fonctionnement de la copropriété, 12 mesures concernent les copropriétés fragiles ou en difficulté.

Voici ces douze mesures et leur justification :

  • Mesures préventives

  • Mesures d'intervention précoce en cas de difficulté

  • Mesures curatives efficaces

    5- Rendre opérationnel l'article 18 de la loi du 1er août 2003 (loi Borloo) ou les articles 129-1 et suivants du CCH.

    6- Expérimenter une formule de travaux d'office tenant compte de l'adhésion d'une partie des copropriétaires.

    7- Permettre la " liquidation " des copropriétés (emportant effacement des dettes) en cas de scission judiciaire.

    8- Assurer la prise en charge par le FSL des impayés de copropriété des personnes reconnues comme surendettées.

    9- Élargir et améliorer le recrutement des administrateurs provisoires nommés pour redresser les copropriétés en difficulté.

    10 - Plus largement, favoriser la mise en place et la promotion des " syndics de redressement ".

    11 - Améliorer les règles de déblocage des subventions pour permettre leur versement au fur et à mesure de l'avancement des travaux.

    12- Assurer l'information des accédants et plus particulièrement celle des accédants d'origine étrangère.

 

1- Rendre obligatoire la mise en place d’un fonds travaux et prévoir un produit d’épargne et une fiscalité adaptée

 

    1. Position du problème

A- Plusieurs constats

  1. Aujourd’hui, la copropriété c’est : 7.000.000 de logements dont 20 % sont des logements situés dans des copropriétés fragiles, soit 1.400.000 logements.
  2. Tous ceux qui pratiquent le monde de la copropriété notent actuellement des tendances lourdes et alarmantes :

    1. une difficulté de plus en plus grande à faire voter les travaux de gros entretien dans les copropriétés ;
    2. une " socialisation " de plus en plus grande des copropriétés (accession de jeunes ; de ménages immigrés, de cadres moyens peu solvables).

  3. Des phénomènes importants s’amplifient :

      • une augmentation du nombre de copropriétés dites " en difficulté " ;
      • une dégradation patrimoniale accélérée ;
      • une croissance des différences, donc des ségrégations ;
      • une stabilisation du montant des travaux en copropriété, ce qui représente une régression, toutes choses égales par ailleurs.

      4 . Dernier constat : compte tenu de ce qui précède, les obligations découlant de lois récentes (exemple : sécurité des ascenseurs) ou de directives européennes (exemple : éradication du plomb dans l’eau) semblent de nature à générer des difficultés nouvelles insurmontables.

      B- Une proposition

      Face à ce constat fait par tous les acteurs du monde de la copropriété, s’impose une solution qui semble être :

        • consensuelle ;
        • efficace socialement ;
        • simple ;
        • économiquement " dynamisante ".

      Cette solution tient en deux propositions simples et liées l’une à l’autre :

          • l’instauration obligatoire en copropriété d’un fonds travaux comme cela existe dans d’autres pays (le québec, en particulier) ;
          • l’instauration d’un " plan d’épargne copropriété " rémunéré correctement.

      Si l’obligation représente une épargne de l’ordre de 5 % annuel du montant des charges (cas Québécois) cela veut dire qu’en cinq ans le fonds représente un quart du budget des charges.

      Pour bien comprendre les enjeux, donnons quelques chiffres.

      • Le montant des charges annuelles de copropriété peut être évalué à :

      7.000.000 logements X 2.000 € = 14 milliards d’Euros

      • Une épargne cumulée pour les travaux à hauteur de 25 % des charges (soit un trimestre) représenterait donc :

      3,5 milliards d’Euros.

      • Sommes générant cinq fois son montant, soit :

      17,5 milliards d’Euros répartis sur cinq à dix ans.

      On notera que ces chiffres constituent des minima.

      C- Un plus

      Nous proposons donc :

        1. L’élaboration concertée (ministères, associations de copropriétaires, chambres professionnelles, conseil supérieur du Notariat, etc.) d’un dispositif reposant sur :

          • une légère modification de la loi de 1965 sur la copropriété introduisant une obligation de constitution de fonds travaux ;
          • la mise en place d’un " plan d’épargne copropriété ".

        1. Une négociation avec les banques et les pouvoirs publics concernant l’intégration au montant du prêt immobilier d’une somme affectée au fonds " travaux ".

      Ceci peut aller très vite et être très rapidement mis en place.

      D- Effets attendus

      Les effets induits seraient considérables puisque seraient garantis :

        1. le traitement préventif des problèmes dans les copropriétés fragiles ;
        2. la constitution de fonds " travaux " d’un montant considérable au niveau national ;
        3. la certitude (enfin) de faire voter des travaux dans les copropriétés ;
        4. le développement du secteur économique du gros entretien.

          2 Notre proposition

      Créer dans la loi de 1965 un article ainsi rédigé :

      " Il est constitué dans chaque syndicat de copropriétaires un fonds de prévoyance travaux.

      Celui-ci est alimenté par une contribution égale au minimum à 5 % du budget annuel de charges.

      L’assemblée générale peut, à la majorité de l’article 25, décider d’augmenter cette contribution minimum.

      Les sommes recueillies à ce titre sont versées sur un compte d’épargne rémunéré et ne peuvent en aucun cas être utilisées à d’autres fins qu’au financement des travaux votés en dehors du budget des charges courantes.

      Les sommes versées ou dues par les copropriétaires sont considérées comme des provisions attachées aux lots ".

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      2- Favoriser le développement de l’individualisation des factures d’eau

       

      1. Position du problème
      2. Malgré l’article 93 de la loi SRU et le décret d’application du 28 avril 2003, l’individualisation des contrats d’eau en habitat collectif dans les communes où elles ne se pratiquaient pas, reste d’application difficile ; c’est le cas à PARIS où la Ville et les fournisseurs opposent pratiquement une fin de non recevoir aux demandes exprimées.

        Les responsables sont d’ailleurs d’autant plus réticents que l’immeuble est occupé par des familles modestes, car ils ont la crainte d’avoir à gérer les impayés, ce qu’ils refusent absolument d’envisager.

        Or c’est dans ces immeubles que l’individualisation est, au contraire, indispensable pour favoriser une régulation des pratiques et un redressement financier des copropriétés.

      3. Notre proposition

      Nous souhaitons donc :

      a) que le Ministère du Logement fasse un premier bilan des blocages ;

      que dans les copropriétés dites en difficulté (plan de sauvegarde ; OPAH ; copropriétés en administration judiciaire) des incitations particulières soient mises en place concernant les collectivités et les fournisseurs.

      A défaut ce dispositif restera lettre morte, surtout là où on en a le plus besoin.

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      3- Mettre au point un " diagnostic de gestion " normalisé pour disposer d’un outil d’analyse au service d’une action corrective précoce

       

      1. Position du problème

      Aujourd’hui nous constatons que beaucoup de copropriétés se fragilisent : départ des anciens copropriétaires ; arrivée de nouveaux copropriétaires qui doivent faire face à des remboursements de prêts immobiliers importants ; vieillissement des immeubles ; augmentation des impayés ; surendettement de certains ménages, etc.

      Certaines copropriétés finissent par " basculer " dans une situation de dégradation irréversible et il est alors très difficile de redresser la situation financière, sociale et physique (bâti dégradé).

      Tout le monde est bien d’accord pour dire qu’il faut pouvoir intervenir le plus tôt possible. Mais comment ? En effet : à la fois comment savoir que ça va mal et comment agir rapidement pour éviter que la copropriété ne continue à dériver ?

      Car souvent le syndic n’a pas trop envie d’alerter les copropriétaires ou les pouvoirs publics sur la situation (lui-même pouvant être en partie responsable) et le conseil syndical ne sait pas forcément comment s’y prendre (parfois même il minimise les difficultés, comme les personnes qui refusent de se considérer comme malade en pensant que " ça va passer "). Alors comment agir vite ?

      A cette question lancinante, l’ARC apporte une réponse simple.

      Tout le monde sait ce qu’est un " diagnostic thermique ". C’est une étude rapide, mais approfondie qui permet de savoir vite :

      • ce qui ne va pas dans un immeuble en matière de chauffage (chaudière ; équilibrage ; ventilation ; isolation, etc.) ;
      • ce qu’il faut faire pour améliorer rapidement la situation.

      Cette étude " normalisée " est, en outre, en grande partie subventionnée.

      En fait nous proposons un dispositif comparable :

      • d’abord mettre au point un " diagnostic rapide de gestion " (l’ARC a d’ailleurs déjà mis au point un tel diagnostic qui pourrait servir de base ) ;
      • ensuite permettre que ces diagnostics puissent être déclenchés par toute personne intéressée ;
      • enfin faire en sorte (pour favoriser leur déclenchement précoce) que ces diagnostics puissent être en partie subventionnés.

      L’urgence est donc de mettre en place un " diagnostic normalisé " accepté par tous.

        2 Notre proposition

      Pour une expérience grandeur nature

      Nous avons proposé au Ministère de la Ville et au Ministre du Logement de lancer une expérience " grandeur nature " à partir du " diagnostic rapide de gestion " dont nous proposons une trame (voir ci-dessous).

      Les deux ministères se sont montrés particulièrement intéressés ainsi que les responsables départementaux déjà contactés.

      Les discussions sont en cours et pourraient aboutir. L’expérience pourrait ainsi se dérouler dans un premier temps sur une centaine d’immeubles. Le financement pourrait associer l’état, les Conseils Généraux, la Caisse des Dépôts et Consignations, les Communes.

      Nous proposons que cette expérience se déroule sur une quinzaine communes volontaires et concerne, sur chaque commune, cinq ou six copropriétés.

      Voici la trame du " diagnostic rapide de gestion " proposé par l’ARC

      Pour ceux qui veulent savoir ce qu’est un diagnostic de gestion, voici une description mise au point par l’ARC et qui permet de faire la liste des analyses à faire et des types de préconisations à dégager.

       

      A - Analyses des charges et préconisations

      1 - Analyse du budget global

      • Coût par lot principal - commentaires critiques 
      • Évolution globale sur trois ans - commentaires 
      • Postes les plus importants - coût par logement ou lot principal - commentaires 
      • Évolution de ces postes sur trois ans - commentaires.

      2 - Analyse des postes principaux de charges

      • Nettoyage 
      • Assurance 
      • Gestion 
      • Procédures
      • Chauffage
      • Eau
      • Ascenseur
      • Petits travaux
      • Hygiène (contrats)
      • Autre

      3 - Principales anomalies détectées

      4 - Économies

      • Économies nécessaires :

        • quels postes ?

      • Moyens préconisés :

        • immédiats
        • à moyen terme
        • à plus long terme avec travaux éventuels

      B - Analyses des impayés et préconisations

      1 - Niveau global des impayés

      • Étude par rapport au budget
      • Neutralisation éventuelle d’appels contestés
      • Rapport entre les créances concernant les copropriétaires en place et les créances irrécouvrables ou douteuses concernant des copropriétaires partis

      2 - Analyse des moyens et méthodes du syndic

      1. Description des moyens et méthodes du syndic
      2. Analyse critique de ces moyens et méthodes
      3. Conséquences dans le cas de la copropriété étudiée
      4. Synthèse :

        • ce qui ne va pas
        • ce qu’il faut améliorer
        • ce qu’il faut modifier

      3- Analyse des principaux comptes débiteurs (plus de deux trimestres de

      charges) : qui, depuis quand, pourquoi, quelle action. ?

      Pour chaque débiteur l’ensemble des points suivants sera analysé.

      1. Caractéristiques du propriétaire :

        • depuis quand est-il copropriétaire ?
        • statut
        • quel type de copropriétaire est-ce (famille ; présence de grands enfants, retraités ; primo-arrivant ; multi-propriétaire, etc.) ?

      1. Caractéristique de la dette :

        • montant
        • dettes en évolution, diminution, stagnation
        • dettes chroniques / dettes dues à un événement précis
        • type de règlements (réguliers, insuffisants, très espacés ; nuls, etc.)
        • rapport charges / frais annexes

      Commentaires concernant a + b

      1. Recouvrement :

      • Historique du recouvrement amiable ; mise en évidence :

        • des éventuelles lenteurs du syndic
        • de dispositions inopportunes
        • d’erreurs
        • des frais engagés.

      • Conclusions opératoires

      1. Recouvrement judiciaire ; état et analyse :

        • historique de la procédure
        • mise en évidence des anomalies
        • y a t-il eu jugement ?
        • si oui, y a-t-il eu redressement comptable ?
        • y a-t-il eu exécution ?
        • quelle voie ?
        • analyse de la voie d’exécution ou des voies choisies
        • analyse des résultats

      • Conclusions opératoires

      C - Analyses des comptes et préconisations

      - Comment est compensé l’endettement des copropriétaires vis-à-

      vis du syndicat

      • Fonds de roulement
      • Fonds travaux
      • Fournisseurs
      • Indemnités diverses
      • Vendeurs créditeurs
      • Autre

      2 - Analyse des comptes

      • Vendeurs créditeurs :

        • identifier les anciens vendeurs

      • Sinistres :

        • identifier les anomalies

      • Travaux :

        • nature des soldes

      • Fournisseurs :

        • Liste chronologique des factures dues ou des avoirs

      • Autres

      Conclusion :

      • Dettes à court terme
      • Dettes incertaines
      • Dettes prescrites
      • Dettes à contester
      • Situation financière réelle après redressement.

      4 - Préconisations (autre que celles déjà vu en II)

      • Apurement comptable
      • Annulation d’appels
      • Mise en œuvre de garanties, y compris RCP (Responsabilité Civile Professionnelle)
      • Récupération de sommes dues
      • Abandon de créances
      • Constitution d’un compte " créances irrécouvrables "
      • Autre.

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      4- Favoriser l’intervention précoce dans les " copropriétés fragiles ou en pré difficulté " en créant un article 29-1-1 dans la loi de 1965

      1. Position du problème

      1. L’article 29-1 de la loi du 10 juillet 1965

      Il a pu sembler (en 1994 et en 2000) que - face à une copropriété en difficulté financière - il suffisait :

      • de nommer un administrateur provisoire ;
      • de lui donner le pouvoir de demander au juge, le cas échéant, des reports de paiement de factures ou des suspensions de décisions de justice devenues exécutoires) ;
      • de lui permettre, éventuellement, de saisir le juge aux fins de voir prononcer la scission d’une copropriété.

      Il apparaît bien maintenant que ce dispositif est, dans l’état actuel, malheureusement inefficace. En effet, l’administrateur :

      • est souvent encore plus démuni qu’un syndic face aux difficultés multiples d’une copropriété ;
      • ne dispose d’aucun moyen pour redresser les copropriétés, le " moratoire " accordé par la loi ne faisant qu’aggraver le passif et la scission restant d’une part une solution très marginale, d’autre part impossible à mettre en oeuvre en l’absence d’apurement des créances irrécouvrables.

      Nous proposons donc - sans supprimer l’article 29-1 de la loi du 10 juillet 1965 -d’ajouter un article 29-1-1 qui permettra :

      • soit de mieux préparer et encadrer la nomination d’un administrateur provisoire ;
      • soit d’éviter cette nomination en donnant aux demandeurs les moyens de procéder eux-mêmes ou de faire procéder au redressement financier indispensable dès les premiers symptômes des difficultés, c’est-à-dire à une stade où les copropriétés sont simplement " fragiles " ou en " pré difficulté " (si l’on peut dire).

      Nous allons examiner comment.

        B. Pour une intervention " précoce "

      • De l’avis de tous les spécialistes, la complexité de l’intervention dans les copropriétés en difficulté est que, en effet, l’on intervient souvent beaucoup trop tard, ce qui rend difficile le traitement.

      • Chacun s’accorde à penser que si l’on pouvait intervenir plus en amont, l’intervention serait à la fois plus facile et beaucoup moins coûteuse.

      • La difficulté est :

        • comment intervenir rapidement ?
        • avec quelle légitimité ?
        • par quel moyen d’alerte ou de déclenchement ?

      • En ajoutant à la loi de 1965 un article 29-1-1 présenté plus bas, nous pensons avoir trouvé un dispositif permettant de résoudre ces trois problèmes.

          1. ) Quel type d’action préventive ?

      La meilleure et la plus efficace des interventions est de pouvoir - le plus tôt possible -effectuer un diagnostic de la situation d’une copropriété qui :

        1. permette de révéler les dysfonctionnements majeurs ;
        2. permette de fixer un PLAN d’intervention.

      Dès lors, si l’on pouvait rapidement faire établir un tel diagnostic et disposer d’un tel plan il y a de fortes probabilités pour que l’on puisse enrayer vite le processus de dégradation et amorcer le redressement.

            b. ) De multiples " déclencheurs " possibles à ce diagnostic

      • En fait beaucoup de personnes sont assez vite au courant de la situation de fragilisation d’une copropriété :

      • les copropriétaires les plus vigilants ;
      • les fournisseurs impayés ;
      • les mairies (service d’hygiène ; de logement) ;
      • les notaires (exemple : absence de syndic ; mais aussi : bilans catastrophiques fournis à l’occasion d’une vente, etc.) ;
      • les syndics eux-mêmes (exemple : en cas de reprise).

      Ces différentes personnes physiques ou morales pourraient avoir intérêt à faire diligenter une " expertise " :

      • le fournisseur (compagnie des eaux, chauffage urbain, etc.) pour comprendre pourquoi il n’est pas payé ;
      • le notaire pour vérifier que l’immeuble ou l’acquéreur n’est pas en danger ;
      • un groupe de copropriétaires pour s’assurer que la situation n’est pas en train d’échapper au syndic ;
      • le nouveau syndic pour clarifier la situation ;
      • le maire pour comprendre pourquoi une copropriété dysfonctionne et met en péril la sécurité ou la santé publique de ses administrés.

      Actuellement, même si ces personnes ont des inquiétudes fondées et de bonnes raisons d’essayer de comprendre ce qui se passe, elles n’ont aucun moyen d’y parvenir.

      D’où notre proposition.

            c. ) Un diagnostic déclenché par voie judiciaire

      • Plutôt que de faire nommer par le juge un administrateur provisoire sans compétence spécifique en matière de redressement, sans vrai moyen et sans " plan ", nous pensons qu’il serait préférable que le juge puisse d’abord disposer du pouvoir de diligenter un diagnostic de nature, en tout état de cause :

          1. à éclairer sa décision (article 29-1) ;
          2. à définir précisément la mission de l’administrateur ;
          3. à lui permettre de mieux contrôler cette mission.

      • Pour éviter que les juges ne nomment simplement un expert et pour les aider à mieux définir l’expertise nécessaire, nous proposons que le texte de loi (ou un décret) précise clairement le détail de ce diagnostic.

      Celui-ci devra s’attacher :

            1. à étudier les sommes impayées (compte par compte) et les procédures engagées en s’appliquant à relever les carences ou blocages en matière de recouvrement ;
            2. à étudier le niveau des charges, en s’appliquant à relever les excès, source d’impayés ;
            3. à étudier l’état des dettes et créances en repérant les éventuelles anomalies.

      • L’ordonnance du juge devra être claire à ce sujet, d’où la rédaction directive de l’article de loi que nous proposons.

        2 - Notre proposition

      • Nous proposons donc de rajouter à la loi de 1965 l’article 29-1-1 suivant :

        • " Les copropriétaires représentant 10 % des voix, le Maire, le Procureur de la République, tout créancier, tout notaire procédant à la vente d’un lot peuvent saisir (par voie de requête ou de référé) le Président du Tribunal de Grande Instance aux fins de faire procéder à une expertise visant :

        • à vérifier le bien fondé de la requête ;
        • à identifier les causes de la situation qui ont justifié sa saisine ;
        • à proposer des solutions permettant la rétablissement financier ;
        • à déterminer les moyens nécessaires.

      Pour cela  :

        • à faire procéder à une analyse compte par compte des sommes restées impayées par les copropriétaires et des procédures engagées à leur encontre ;
        • à faire procéder à une analyse des charges poste par poste ;
        • à faire procéder à une étude de la situation de trésorerie et de l’état des dettes et des créances.

      • Le juge, saisi sur le fondement de l’article 19-1 d’une demande de nomination d’administrateur provisoire peut, de son propre chef, diligenter une telle expertise ".

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      5- Rendre opérationnel l’article 18 de la loi BORLOO du 1er août 2003

              1. Position du problème
              2. Voté il y a un an, cet article - qui prévoit la possibilité d’injonction de travaux sur équipement en copropriété - n’est toujours pas appliqué faute de décret.

                Par ailleurs aucune concertation n’a été engagée malgré nos demandes.

                Enfin - comme nous l’expliquons dans la fiche suivante - si le problème des " travaux d’office " avec le consentement de la copropriété et le subventionnement des copropriétaires de bonne foi n’est pas mis en place, cet article créera, dans la copropriété, injustices et tensions supplémentaires au lieu de résoudre les problèmes.

              3. Notre proposition

      1. Engager une concertation sur l’application de cet article.
      2. Mettre en place un dispositif adapté de travaux d’office empêchant de faire reposer sur les copropriétaires qui honorent les appels de fonds la prise en charge de la quote-part de ceux qui continuent à ne pas payer leurs charges.

      (voir point suivant)

      6- Expérimenter une formule de travaux d’office sur demande de la copropriété avec versement des subventions

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              1. Position du problème
              2. En matière de copropriété en difficulté les dispositifs sont souvent soit insuffisamment incitatifs, soit trop contraignants.

                Rappelons que dans une copropriété en difficulté il y a toujours au moins 30 % de personnes qui - en cas de vote de travaux - ne vont PAS honorer leur quote-part et que tout le monde le sait.

                C’est d’ailleurs pourquoi faire voter des travaux dans une copropriété en difficulté soit est voué à l’échec (les copropriétaires savent souvent qu’ils devront payer les 30 % restant et refusent donc de voter les travaux), soit entraîne souvent plus de problèmes que cela n’en résout (les copropriétaires votent, mais les travaux ne sont jamais finis d’être payés ou le sont sur la trésorerie courante ce qui aggrave le déficit de la copropriété et les difficultés des autres copropriétaires.

                Il est donc indispensable de trouver un dispositif qui permettrait d’assurer le préfinancement de ces fameux 30 %.

                Le dispositif dit de " travaux d’office " pourrait être un excellent moyen de résoudre ce problème. Hélas, non seulement les pouvoirs publics utilisent peu ce dispositif, mais -quand ce dispositif est mis en œuvre - on constate que cela se retourne contre les copropriétaires de bonne foi souvent modestes, dans la mesure où ceux-ci, pour une raison qui nous échappe, ne peuvent PLUS prétendre aux subventions auxquelles ils auraient droit normalement.

              3. Notre proposition

      D’où notre proposition qui est simplement de mettre en place un dispositif mixte :

      1. travaux d’office à la demande de la copropriété ;
      2. octroi des subventions aux personnes qui y ont droit et versement direct de ces subventions à l’organisme qui fait procéder aux travaux d’office.

      Cela résoudrait le problème évoqué sans retirer aux copropriétaires les aides nécessaires au financement des travaux.

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      7- Permettre la " liquidation " des copropriétés en cas de scission judiciaire, entraînant une possibilité d’abandon partiel des créances

          1. Position du problème

      Cela fait plusieurs années que nous relevons les problèmes suivants :

      1. Dans les copropriétés en grande difficulté il y a toujours des créances irrécouvrables importantes (dues au fait que - même après les ventes judiciaires - les arriérés de charges de certains ne sont pas entièrement COUVERTS).
      2. L’apurement de ces créances ne peut se faire que de deux façons :

      • soit en sollicitant les autres copropriétaires, mais cela est suicidaire (il s’agit de copropriétaires pour une bonne partie très modestes et qui doivent, souvent, faire face à des gros travaux…) ;
      • soit en imposant aux fournisseurs de la copropriété des abandons de créances.

      Pourquoi ce qui est valable pour n’importe quel commerçant et, désormais, personne physique ne l’est pas pour les copropriétés ?

      On nous répond que ceci inciterait des copropriétés à ne pas payer leurs fournisseurs, ce qui traduit une méconnaissance grave du fonctionnement de la copropriété (quand les copropriétaires payent leur charge c’est précisément pour que les fournisseurs soient payés…).

      Au contraire, cette possibilité d’abandon de créances inciterait les fournisseurs (eau, chauffage urbain, GDF, EDF) a agir plus vite en cas d’impayés et aurait donc un rôle préventif.

      1. Autre point : lorsqu’il y a nécessité de scission de la copropriété pour favoriser son redressement (découpage d’une grosse copropriété en plusieurs), le problème des créances irrécouvrables rend impossible la scission, puisque la dissolution du syndicat ne peut se faire que si les comptes sont à zéro.

            2. Notre proposition

      Nous proposons donc - au moins dans un premier temps - lorsqu’il y a scission de la copropriété, DONC DISSOLUTION du syndicat de base, la possibilité pour le juge de prononcer l’abandon partiel des créances et donc de corriger en conséquence l’article 29-1 de la loi du 10 juillet 1965.

      Nous proposons de compléter ainsi l’article 29-4 de la loi du 10 juillet 1965 : " De même le président du tribunal peut, pour permettre la dissolution du syndicat, ordonner la suspension définitive de toute dette du syndicat vis-à-vis de la désignation d’un syndic ".

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      8- Assurer la prise en charge par le FSL des impayés de copropriété des personnes reconnues surendettées

        1. Position du problème

      Permettre aux copropriétaires surendettés de s’en sortir est bien ; le faire au détriment de leurs voisins l’est moins.

      a- Les syndicats de copropriété sont des créanciers " malgré eux "

      • Quand un banquier prête de l’argent à une personne ou quand un commerçant vend un canapé à crédit, non seulement il fait des affaires mais il CHOISIT son client.

      • La copropriété ne choisit personne : elle fournit des " services " à des personnes qui achètent un logement, et n’en tire aucun bénéfice.

      • Il est donc inadmissible d’assimiler une copropriété à un créancier normal.

      b- La copropriété, ce sont d’autres copropriétaires parfois très modestes

      • Le deuxième problème tient au fait que, en copropriété, les impayés de charges des uns sont supportés par les autres et que ces autres-là peuvent être des gens eux-mêmes modestes, voire très modestes.

      • Accepter que la copropriété soit un " créancier " normal (ce qu’elle n’est pas) c’est donc accepter que les gens modestes paient pour les gens reconnus en surendettement.

      c- Comment les dettes des personnes reconnues en surendettement pèsent sur les voisins

      • Les commissions Banque de France et/ou les juges ont plusieurs possibilités :

        • accorder des moratoires ;
        • accorder des délais de paiement très longs (on a vu jusqu’à cinq ans !) ;
        • accorder des suspensions de saisie immobilière (on a vu jusqu’à trois ans) y compris pour des propriétaires bailleurs ;
        • désormais annuler les dettes.

      • dans les huit cas sur dix étudiés par l’ARC, il se passe ceci :

      1. pendant les délais accordés les dettes continuent à croître ;
      2. conséquence, quand on finit par faire vendre le logement, la copropriété :

        • a du supporter un déficit de trésorerie plus lourd ;

        • a perdu une partie du bénéfice du privilège spécial dont elle dispose et donc doit assumer une partie importante des dettes ; en effet si en 2004 la famille X doit 6.000 €uros concernant les trois dernières années, la copropriété peut espérer récupérer TOUS les impayés ; mais si des délais de trois ans lui sont accordés, la dette va (le plus souvent) passer à 12.000 Euros et la copropriété ne pourra, bien souvent, au final récupérer qu’une faible partie des sommes dues.

      d- Une situation anormale bien connue

      • Cette situation injuste est bien connue de TOUS. Les pouvoirs publics nous répondent : " ce qui nous importe c’est que les familles surendettées restent dans leur logement ".

      • Nous sommes d’ailleurs tout à fait d’accord, mais nous pensons qu’il n’est pas admissible que ce légitime maintien dans les lieux se fasse aux frais des VOISINS.

        1. Notre proposition

      • La loi BORLOO sur la faillite civile a, comme on l’a dit, confirmé et amplifié le phénomène.

      • Pourtant la solution est toute simple. Il suffit que les textes prévoient qu’en cas de situation de surendettement reconnue par la commission Banque de France ou le juge, les impayés de charges de copropriété soient pris en charge par le Fonds de Solidarité Logement (Fonds abondés par les départements et l’État) qui fera, lui, son affaire d’une éventuelle récupération auprès du débiteur. Cette proposition est la SEULE solution :

        • cohérente ;
        • juste ;
        • efficace.

      • Cohérente : si l’État ou le juge estime important le maintien dans les lieux (ce que nous comprenons) il faut, pour cela, qu’il fasse jouer la solidarité nationale ou départementale (comme elle joue pour les locataires, les bailleurs recevant, par le FSL, leurs loyers).

      • Juste : en procédant ainsi on ne fait pas assumer les charges des gens surendettés par des voisins qui peuvent être aussi modestes.

      • Efficace : grâce à notre solution on permet à des gens de se " refaire une santé " financière et on évite que la copropriété et les voisins ne sombrent à leur tour dans les difficultés par l’effort financier qu’on leur impose.

      De quoi ont peur les pouvoirs publics ?

      • Si des personnes surendettées sont vraiment des " accidentées " de la vie et sont de bonne foi, il n’y a aucun risque à les aider à payer leurs dettes de charges ; ce n’est même - encore une fois - que justice car on ne voit pas pourquoi les locataires seraient aidés et pas les copropriétaires pour des dettes liées à l’USAGE du logement.

      • Si les pouvoirs publics ont peur qu’il y ait des abus, cela ne pourra qu’inciter les commissions Banque de France et les juges à la vigilance, ce qui bénéficiera à TOUS, y compris à ceux tentés de tomber dans le " surendettement ".

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      9- Élargir et améliorer le recrutement des administrateurs nommés pour redresser les copropriétés en difficulté

        1. Position du problème
        2. Tout le monde sait que les " administrateurs judiciaires " nommés actuellement pour redresser les copropriétés en difficulté sont des " liquidateurs " professionnels plutôt spécialisés dans le droit des entreprises et de la famille. Or il est indispensable de disposer d’un corps d’administrateurs provisoires compétents dans ce domaine et capables de participer au redressement des copropriétés.

          A tel point que, en 2003, Jean Louis BORLOO avait introduit dans son projet de loi sur la Rénovation Urbaine une disposition concernant la mise en place d’administrateurs provisoires qui ne soient pas forcément des administrateurs judiciaires inscrits sur la " liste nationale ," avec détermination prévue par décret des compétences et de l’expérience requise pour assurer cette fonction.

        3. Notre proposition

      Reprendre simplement la proposition de la loi de Jean Louis BORLOO.

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      10- Favoriser la mise en place et la promotion des syndics de redressement

          1. Position du problème

       

      1) Il n'y a pas de redressement de copropriété sans un syndic qui soit :

      - volontaire

      - compétent

      - disponible.

      2) Selon nous, ce syndic ne peut être qu'un syndic NORMAL (ni " social " ; ni HLM) : à défaut les copropriétaires ne feront pas les efforts nécessaires pour redevenir membres d'une VRAIE copropriété NORMALE.


      3) Il faut donc susciter au sein des professionnels la naissance d'une spécialité, celle de " syndics de redressement "  (qui seront pour les copropriétés en difficulté des espèces de cancérologues).

      4) Aujourd'hui le déficit de syndics de redressement est DRAMATIQUE et explique les difficultés, (voire les blocages) rencontrées dans de très nombreuses copropriétés fragiles, donc difficiles à gérer.

      2- Notre proposition

      Nous proposons ceci :

      1) Que les ministères de la Ville et de la Justice confient à l'AFNOR le soin d'élaborer un " référentiel des syndics de redressement "  ou même une norme.

      2) Qu'une commission restreinte soit rapidement instituée à cet effet, qui utiliserait le travail DEJA fait en concertation entre les associations de copropriétaires et de syndics. En quelques mois le travail pourrait ainsi être achevé.

      Ce référentiel permettrait de faire repérer ou faire " émerger " des volontaires.

      Ainsi nous pourrions disposer rapidement d'un CORPS de " syndics de redressement " qui pourraient :

      - soit être nommés par les juges dans le cadre de l'article 29-1 de la loi de 1965 (copropriété en difficulté ou en déshérence) ;

      - soit intervenir dans les plans de sauvegarde ou OPAH, de façon contractuelle.

      Naturellement il sera indispensable que la mission de ces syndics soit - au moins partiellement - prise en charge financièrement, ce qui devrait être assez simple (aide juridictionnelle ou subventions provisoires, le temps d’une opération de redressement).

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      11- Améliorer les règles de déblocage progressif des subventions aux copropriétés OU copropriétaires pour éviter d’avoir à " pré-financer " ces aides

      1- Position du problème

      Actuellement il est d’usage de ne débloquer les subventions que lorsque les travaux sont finis et payés.

      Certes des acomptes peuvent être versés mais l’essentiel vient après.

      Dès lors dans les opérations où les copropriétaires sont subventionnés de façon conséquente (donc où les personnes sont les plus modestes, car plus les subventions sont importantes plus les revenus sont faibles) se pose le problème du " pré financement " (N.B : certaines entreprises peuvent assurer de fait ce préfinancement, mais c’est très rare).

      Il y a deux façons de résoudre le problème :

      • soit mettre en place des systèmes très compliqués et chers de préfinancement (associant des banques) ;
      • soit assouplir les règles de déblocage progressif des subventions avec contrôle a posteriori.

      2- Notre proposition

      Nous proposons, évidemment que cette deuxième voie soit privilégiée car pourquoi rajouter un système de " préfinancement " forcément lourd, compliqué et cher sur un système lui-même complexe (celui des subventions).

      En somme pourquoi ne pas essayer de faire simple et éviter de faire compliqué et cher ?

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      12- Assurer une meilleure information sur le régime de la copropriété

      1- Position du problème

      Quelques questions :

      1. Quel est le statut le plus complexe à comprendre et à pratiquer tant au niveau juridique, financier, comptable que pratique ?
      2. Réponse : la copropriété !

      3. Où se logent aujourd’hui les ménages les plus modestes (donc les moins armés pour comprendre la copropriété), voire les ménages immigrés primo arrivants ?
      4. Réponse : en copropriété !

      5. Comment peut-on s’imaginer que les personnes qui accèdent à la copropriété puissent s’intégrer dans cet univers qui leur reste étranger ?

      Réponse : on ne le peut pas.

            2. Notre proposition

      Il est essentiel de " banaliser " la copropriété, de mettre au point un matériel pédagogique diversifié lié à des publics divers et n’ayant pas vraiment accès à la lecture ou à un mode de transmission livresque.

      Nous n’avons pas de solution miracle mais pensons qu’un signal fort devrait être donné par l’État, voire quelques expérimentations particulièrement soutenues engagées sous l’autorité :

      • du Conseil National de l’Habitat ;
      • du Haut Comité pour l’intégration,

      le tout en relation avec des écoles de travailleuses sociales (Économie Sociale et Familiale), par exemple.

      " L’éducation à la copropriété " c’est - à terme - éviter que des centaines de milliers de ménages ne deviennent les " exclus de la copropriété ".

      N.B : la copropriété peut-être une formidable machine à intégrer comme elle peut être une formidable machine à désintégrer.

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