Les Actions de l'ARC 06 03 03


Les copropriétés en difficulté
-
huit mesures d'urgence soumises
aux trois ministres
(Logements, Justice, Ville)


 

- En 1998, alors que nous nous inquiétions de la montée en régime du phénomène de la copropriété en difficulté, on nous répondait : " Patience, une nouvelle loi - ce qui devait devenir la loi SRU - va venir répondre à TOUS les problèmes ".

- La loi a été votée (difficilement) et n'a tenu aucune des belles promesses qu'elle avait faites.

- Aujourd'hui, alors que les problèmes non seulement demeurent mais s'aggravent, on nous répond, une fois de plus : " Patience, la future loi Habitat de Messieurs BORLOO et DE ROBIEN va tout résoudre ".

- Pour montrer (démontrer) qu'une fois encore le " législateur " risque de perdre et nous faire perdre un temps précieux, nous rappelons dans la note jointe (que nous avons remise à Jean Louis BORLOO et adressée aux Ministres du Logement et de la Justice) :

1) quelles sont les mesures urgentes à prendre selon nous en matière de copropriété en difficulté.

2) que ces mesures n'ont pas besoin d'une loi nouvelle pour être mise en place. rapidement


Fernand CHAMPAVIER
Le Président.

P.J : note


 

COPROPRIÉTÉ EN DIFFICULTÉ
- 8 propositions simples -


 


Il y a en France des milliers de copropriété en difficulté et il y en aura demain peut- être des dizaines de milliers ceci pour diverses raisons : développement de la micro-copropriété NON organisée, pénurie des logements locatifs, vieillissement des immeubles, augmentation des charges etc..

Ces copropriétés ne doivent être démolies ou rachetées par des sociétés HLM que dans les cas extrêmes. Autrement, elles DOIVENT rester des copropriétés et DOIVENT redevenir des copropriétés normales (charges normales ; copropriétaires payant normalement leurs charges ; gestion normale ; fournisseurs payés ; entretien régulier).

Ces copropriétés souffrent le plus souvent des maux connus, dont tous le monde connaît désormais les remèdes dans leur principe. Néanmoins, aujourd'hui ces remèdes n'existent pas ou sont " bricolés " ici et là avec difficulté, lenteur, ce qui empêche un traitement rapide et massif des problèmes.

Une fois de plus nous rappelons, dans la courte note qui suit, quels sont les remèdes et thérapies nécessaires et une fois de plus nous proposons que soit mis en place un ou plusieurs groupes de travail pour arriver rapidement à mettre au point ces remèdes.



1ère urgence : susciter la naissance de " syndics de redressement "

 

1. POSITION DU PROBLÈME

1) Il n'y a pas de redressement de copropriété sans un syndic qui soit :

- volontaire
- compétent
- disponible.

2) Selon nous, ce syndic ne peut être qu'un syndic NORMAL (ni " social " ; ni HLM) : à défaut les copropriétaires ne feront pas les efforts nécessaires pour redevenir membre d'une VRAIE copropriété NORMALE.
3) Il faut donc susciter au sein des professionnels la naissance d'une spécialité, celle de " syndics de redressement " (qui seront pour les copropriétés en difficulté des espèces de cancérologues).

4) Aujourd'hui le déficit de syndics de redressement est DRAMATIQUE et explique les difficultés, voire les blocages rencontrés dans de très nombreuses copropriétés fragiles, donc difficiles à gérer.

2. PROPOSITION

Nous proposons ceci:

1) Que les ministères de la Ville et de la Justice confient à l'AFNOR le soin d'élaborer un " référentiel des syndics de redressement " ou même une norme.

2) Qu'une commission restreinte soit rapidement instituée à cet effet, qui utiliserait le travail DEJA fait en concertation entre les associations de copropriétaires et de syndics. En quelques mois le travail pourrait ainsi être achevé.

Ainsi nous pourrions disposer rapidement d'un CORPS de " syndics de redressement " qui pourrait :

- soit être nommé par les juges dans le cadre de l'article 29-1 de la loi de 1965 (copropriété en difficulté ou en déshérence), comme nous l'expliquons plus loin;

- soit intervenir dans les plans de sauvegarde ou OPAH, de façon contractuelle.

Naturellement il sera indispensable que la mission de ces syndics soit - au moins partiellement - prise en charge financièrement, ce qui devrait être assez simple (aide juridictionnelle ou subvention provisoire)

2ème urgence : financer l'aide juridictionnelle des copropriétés reconnues en difficulté

 


2ème urgence : financer l'aide juridictionnelle des copropriétés reconnues en difficulté

1. POSITION DU PROBLEME (RAPPEL)

- Il est désormais clair pour chacun que :

· l'absence d'aide juridictionnelle empêche le redressement rapide des copropriétés en difficulté, les problèmes judiciaires étant souvent AUSSI importants que les problèmes sociaux mais leur trésorerie les empêchant d'y faire face.

· la mise en place "expérimentale" - " bricolée " ici et là - ne peut plus satisfaire aux besoins.

- Il faut donc - rapidement - mettre en place cet outil basique et certainement peu coûteux.

2.PROPOSITION

Nous proposons -en attendant mieux-la création d'une association multi-partenaires appelée AJ-COD (Assistance judiciaire aux copropriétés en difficulté) - voir note précitée.

3ème urgence : mettre au point " un cahier des charges " du diagnostic de gestion des copropriétés en difficulté



1. POSITION DU PROBLÈME

Ici encore cette urgence ne fait plus discussion. Chacun sait qu'il est important dans les copropriétés en difficulté de disposer d'un diagnostic de gestion qui permette de faire le point sur :

- les charges et les économies possibles ;
- la situation financière réelle de la copropriété ;
- les impayés (qui doit quoi et pourquoi ? quelles procédures ont été engagées avec quelles (in)efficacités ?)

2. PROPOSITION

Nous avons déjà élaboré pour nos besoins un tel cahier des charges et proposons d'une part de participer à sa mise au point définitive et rapide, d'autre part - si besoin - de mettre en place des formations - voir note institut de formation - permettant de disposer de bons diagnostiqueurs.


NB: nous avons déjà formé des salariés des Pact - ARIM.

4ème urgence : susciter le traitement préventif rapide des copropriétés par le diagnostic de gestion

 


1. POSITION DU PROBLÈME

- Aujourd'hui, très souvent, quand une copropriété est en difficulté, il est très lourd et très difficile de la redresser car on intervient trop tard.

- Chacun est très conscient de la nécessité de repérer les situations fragiles le plus tôt possible et d'ailleurs des initiatives locales existent de plus en plus. Les solutions trouvées sont de deux ordres :

§ croisement des fichiers (taxe d'habitation, impôt sur le revenu ; DIA ; allocations logement ; fichiers des demandeurs de logement ; arrêtés d'insalubrité etc ..)

§ enquêtes de territoires associant les différents services des communes (logement, urbanisme, santé etc..)

 

 

 

 

En fait dans de nombreuses communes les responsables locaux finissent par avoir une bonne connaissance des copropriétés fragiles. Le problème est que lorsqu'on a mis en lumière des fragilités naissantes, on reste totalement démunis pour intervenir, ceci pour une double raison :

a) absence de légitimité.

b) absence de dispositif léger adapté (les seuls dispositifs qui existent sont LOURDS : OPAH, plan de sauvegarde..).

Dès lors on tourne un peu en rond: on sait que tel immeuble est fragile, mais on ne sait pas trop comment intervenir. D'où blocage et surtout poursuite de la dégradation.

2. QUELLES SOLUTIONS ?

L'expérience acquise depuis 15 ans nous permet d'avancer la certitude suivante : dès lorsqu'un Conseil syndical peut BÉNÉFICIER d'un diagnostic de gestion de sa copropriété et qu'il peut participer à sa réalisation, on s'aperçoit que c'est lui-même qui va engager la copropriété sur la voie du redressement :

- d'une part en mobilisant les ressources internes et corrigeant les dysfonctionnements simples ;

- d'autre part en demandant ce qui manque à la copropriété.

 

 


La solution serait donc de financer à 100% les diagnostics de gestion dans toutes les copropriétés repérées en difficulté, à condition que la copropriété adhère à une " convention de diagnostic " qui peut être résumée ainsi :

1. définition en commun de ce que doit recourir le travail :

- diagnostic des charges
- diagnostic des comptes
- diagnostic des impayés

2. engagement par la copropriété à participer activement au diagnostic
(qui devient ainsi " partagé ") et d'en accepter les conclusions et préconisations.

 

 

 

 

 

 

Mais, dira-t on comment FINANCER ces diagnostics, sachant qu'un diagnostic pour un immeuble de 30-40 logements coûte 2000 euros environ ?

Nous proposons deux solutions différentes :


a) Financement public :
- Etat + collectivités territoriales + ANAH

b) Financement par les grands fournisseurs (EDF- GDF - chauffage urbain - services des EAUX).

En effet, quand il y a des " impayés ", les grands fournisseurs pourraient être intéressés à financer le diagnostic pour vérifier l'origine des difficultés plutôt que de laisser croître la dette ou d'engager des frais de contentieux.

3. PROPOSITION

Nous proposons :

1) d'élaborer un cahier des charges de diagnostic (voir 3ème urgence)

2) de lancer une opération " pilote " avec EDF-GDF dans un département et trois ou quatre communes intéressées pour un total d'une cinquantaine de diagnostics.
Exemple : 3 ou 4 communes de Seine Saint Denis ou du Val d'Oise.

Ainsi pourra être prouver la pertinence et l'efficacité de cette hypothèse.

A noter: EDF semble d'ores et déjà d'accord pour cela et verrait avec intérêt le parrainage du Ministère de la Ville pour cette tentative.


5ème urgence : ré-utiliser efficacement le dispositif
de l'article 29-1

 


POSITION DU PROBLÈME

Actuellement, faute de disposer :

- de " syndic de redressement "
- d'aide juridictionnelle,

le dispositif prévu par l'article 29-1 de la loi du 10 juillet 1965 ne sert à RIEN.

Or, il pourrait être un outil de redressement des copropriétés d'une particulière efficacité si ces deux conditions étaient réalisées.

Ø Le juge n'aurait plus à nommer des " administrateurs civils " dépassés par les problèmes et et sans moyen.

Ø Il désignerait " des syndics de redressement " spécialisés AVEC un cahier des charges et des MOYENS JUDICIAIRES.

 

 

 

 

CONCLUSION: l'article 29-1 pourrait enfin être efficace.

6ème urgence : prévoir le financement des travaux d'urgence


1. POSITION DU PROBLÈME

- Les gros travaux définitifs sont peut être TROP subventionnés et ceci uniquement dans le cadre de dispositifs lourds (Plan de sauvegarde et OPAH copropriété en difficulté).

- Par contre les travaux d'urgence ne sont pas ou très peu subventionnés, ce qui empêche de commencer à amorcer le redressement des copropriétés reconnues en difficultés.


2. PROPOSITION

- Réduire éventuellement le niveau des aides accordés aux gros travaux.

- Mettre en place en contrepartie des règles permettant un financement rapide des travaux d'urgence.

NB : en Plan de sauvegarde il a été démontré que ces travaux d'une part avaient une importance et un impact très grand, d'autre part qu'ils pouvaient être financés assez facilement.


7ème urgence : systématiser l'individualisation des contrats d'eau dans les copropriétés en difficulté

 


1. POSITION DU PROBLÈME

Le redressement des copropriétés en difficulté passe forcément par l'individualisation des contrats d'eau, comme cela a déjà et souvent été démontré.

2. PROPOSITION

- Le décret d'application de l'article 93 de la loi SRU - dont la parution est suspendue sans explication - doit être signé sans attendre ( il a déjà passé le cap du Conseil d'État).

- Les Agences de bassin doivent subventionner les travaux d'individualisation (au titre de la solidarité).


8ème urgence : ouvrir le FSL aux dettes de charges des personnes reconnues " en surendettement "


POSITION:

On ne peut PAS continuer à imposer aux autres copropriétaires la prise en charge des " dettes " de charges de gens reconnues en surendettement.

Ce transfert est :

a) injuste
b) pervers (comment une copropriété en difficulté peut - elle se redresser si elle doit en plus assumer les dettes irrécouvrables des plus pauvres ?)


D'où la demande simple que nous faisons et qui a deux vertus:

· aider des ménages à se resolvabiliser;
· aider les copropriétés à se retrésoriser.

*

ARC- Février 2003

retour copropriété en difficulté