ARC, Diagnostic immobilier 24 11 04 ©
Diagnostic
et certificat de performance énergétique
Dans la catégorie des " diagnostics "
obligatoires en cas de vente ou de location il en est un (à venir)
qui nous paraissait finalement plus utile et surtout plus " intéressant "
dans tous les sens du terme que les autres. C’est celui dit de " performance
énergétique " qui sera applicable
à partir de juillet 2006, semble t-il.
1. De quoi s’agit-il ?
En un mot, l’idée (issue d’une
directive européenne) est la suivante :
- Lorsque vous achèterez ou louerez un logement
le vendeur ou bailleur, devra vous faire savoir quelle sont les " performances "
énergétiques du local, ceci pour vous donner une idée
des charges qui vous attendent. Il devra donc vous remettre un
" certificat " (de performance énergétique)
établi à la suite d’un " diagnostic ".
- Ainsi, au cas où la performance sera médiocre,
cela pourra donner des arguments soit pour négocier à
la baisse, soit pour ne pas conclure l’affaire.
- Par ailleurs, cela pourra aussi inciter les vendeurs
et bailleurs à améliorer les performances énergétiques
de leur logement pour mieux valoriser celui-ci.
Conséquences possible :
moins de charges pour les uns ; moins d’émissions de gaz carbonique
pour tous, donc moins de problèmes pour notre pauvre planète.
2. La France en retard et dans le noir
Comme souvent, après beaucoup
de retard et alors que les Anglais, par exemple, expérimentent
ce type de diagnostic depuis au moins deux ans, en France ceux qui nous
dirigent en sont encore à se demander ce que pourrait contenir
ce certificat, qui pourrait faire ce diagnostic, etc.
Plus inquiétant encore :
alors même que le diagnostic n’existe pas encore les textes en préparation
prévoient d’ores et déjà que ce diagnostic
ne pourra pas - s’il s’avère inexact - faire l’objet de recours
(la raison incroyablement cynique étant qu’il ne faut pas multiplier
les contentieux judiciaires !!). Un diagnostic sur un sujet aussi
sensible qui reste juste une " indication "
n’engageant pas son auteur, on voit vite ce que cela va donner :
- des diagnostiqueurs formés sur le pouce ;
- des diagnostics vite faits, mal faits, mais coûteux
(puisque obligatoires) ;
- des gens finalement mécontentés par
une approche frileuse (c’est le cas de le dire) et bureaucratique de
cette obligation pourtant, nous le regrettons intéressante.
Naturellement nous protestons actuellement
contre le fait que ce diagnostic ne soit pas " opposable "
comme on dit, mais savons que nous aurons beaucoup de mal à inverser
la tendance.
3. Le problème particulier du diagnostic dans
les immeubles où il y a une production collective de chaleur sans
comptage par appartement
Sur ce point particulier nous avons
le sentiment que les pouvoirs publics n’ont pas bien saisi que le diagnostic
de performance énergétique (qui concernera les logements
et non les immeubles) non seulement n’aura aucun intérêt
dans le cas des logements chauffés collectivement sans comptage
de chaleur mais, en plus sera trompeur (voir plus loin), ce qui est
d’autant plus curieux que le dispositif vise à protéger
le consommateur (acquéreur et locataire).
Nous venons donc de rédiger
une note que nous avons adressé au Ministre du Logement, au Ministre
de l’Écologie et aux organismes en charge de ces questions pour
les alerter de ces problèmes et leur faire une proposition d’adaptation.
Nous donnons ci-dessous le texte intégral
de cette note et espérons un écho favorable des pouvoirs
publics. A suivre.
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Le diagnostic
de performance
dans les immeubles
à production
collective
de chauffage
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INTRODUCTION
La transcription de la directive européenne
du 16 décembre 2002 sur la performance énergétique
des bâtiments va se traduire - entre autre chose - par l’obligation
pour tous les vendeurs et bailleurs de faire procéder à
un diagnostic énergétique de leur logement.
Nous voudrions dans la note qui suit :
- montrer que ce diagnostic pourra être très
efficace dans certains cas ;
- montrer que dans le cas des immeubles à
production collective de chaleur et sans comptage calorifiquepar logement
il n’aura strictement AUCUN SENS ;
- montrer que - dans ce cas - il pourrait être
particulièrement efficace de lui substituer un autre dispositif
beaucoup plus adapté.
1. Le
diagnostic, en deux mots
- Le diagnostic de performance énergétique
( DPE) est, dans son principe une idée très intéressante.
Chaque acquéreur de logement ou candidat locataire pourra savoir :
- si son logement est un logement aux performances
médiocres ou correctes sur une échelle allant de 1 à
6 ;
- ce qu’il pourrait faire concrètement pour
améliorer cette performance.
- L’efficacité du DPE sera double :
- d’une part ce diagnostic permettra à l’occupant
de vérifier que son comportement est adapté (si, par
exemple, il a consommé DEUX fois plus que ce qui correspond
à son logement, il saura qu’il GASPILLE et agira pour rejoindre
la consommation de référence) ;
- par ailleurs les vendeurs ou bailleurs - pour
vendre ou louer plus cher leur logement - s’arrangeront sans doute
pour améliorer ces performances.
- Dans ces conditions le DPE sera un formidable outil
de sensibilisation aux économies d’énergie, de
modification des comportements et d’amélioration
des performances intrinsèques des logements.
2. Les
conditions d’efficacité du DPE
- Pour être efficace le DPE simple (c’est-à-dire
concernant un seul logement) doit pouvoir :
- s’adresser à des personnes qui peuvent
comparer entre lce qui POSSIBLE et la réalité
(donc comparer entre les chiffres annoncés - exemple :
consommation de 100 Kwh par m2 et par an pour se chauffer
- et les consommations réelles) ;
- s’adresser à des personnes qui peuvent
agir sur le niveau des consommations ;
- s’adresser à des personnes qui peuvent
bénéficier directement des résultats d’une consommation
maîtrisée.
- Dans un logement où la production de chaleur
est individuelle (chaudière privée par exemple) ou bien
dans les logements dans lesquels il y a comptage divisionnaire de la
chaleur utilisée cela ne pose aucun problème.
- Voyons, cependant, le cas des logements où
la production de chauffage et d’eau chaude est collective.
3. DPE
et chauffage collectif d’immeuble sans comptage
- Rappelons d’abord qu’en cas de chauffage collectif
il y a très peu d’immeubles qui sont équipés de
compteurs calorifiques d’appartement, ce système s’étant
avéré peu fiable dans le temps, coûteux et source
d’injustices (vols de calories).
- Or, en l’absence de comptage calorifique dans un
logement, il est impossible à un usager :
- de savoir si la " performance "
de son logement est vérifiée ou non et quel est l’écart
éventuel entre la performance théorique et la réalité ;
- de profiter des résultats de la maîtrise
de ses consommations énergétiques (suite à une
adaptation de son comportement ou grâce à ses investissements).
Le DPE simple n’a donc, en habitat
collectif avec production collective et absence de comptage individuel,
aucun intérêt. Pire, il peut être une source d’abus,
voire de désinformation, comme on va le voire.
4. Le DPE " trompeur "
Si les pouvoirs publics souhaitent
imposer un DPE dans le cas de logements chauffés collectivement,
il est certain que la protection du consommateur risque de n’être
pas assurée.
Pourquoi ?
Le DPE ne pourra, dans un tel cas,
consister qu’à fournir une performance théorique.
Or, chacun sait qu’en habitat collectif
il peut y avoir des écarts très importants (allant facilement
jusqu’à 50 %)entre la norme et la réalité, écarts
qui ont différentes causes (mauvais réglage des installations ;
mauvais équilibrage ; régulation insatisfaisante ;
exploitant intéressé à un niveau élevé
de consommation, etc.).
Chacun sait aussi que, dans un tel
cas, il est très difficile, voire impossible sans étude
particulière de disposer des chiffres collectifs concernant les
consommations.
Ainsi un acheteur ou locataire
pourra acheter ou louer un logement bien classé d’un point de
vie énergétique, tout en payant en définitive des
charges élevées et sans pouvoir faire valoir la distorsion
entre les consommations réelles ramenées à son
logement et les consommations théoriques.
Dès lors, le DPE, dans ce
cas, loin de protéger l’usager induira lors de l’a chat ou
de la prise de location le consommateur en erreur, résultat plutôt
paradoxal.
5. Dérogation ou adaptation ?
- Dans une telle situation il n’y a que deux solutions :
- soit envisager que dans un tel cas le DPE ne
soit pas obligatoire puisqu’il n’a strictement AUCUN sens et peut
même s’avérer trompeur ;
- soit envisager une adaptation et tendre vers
un DPE d’immeuble (nous proposons même que les diagnostics thermiques
faits depuis 2000 soient de fait considérés comme des
DPE, ce qui constituerait donc une prime pour ceux qui y ont
procédé).
- Nous sommes favorables à cette seconde solution
et allons proposer un DPE d’immeuble dont nous allons montrer :
- non seulement qu’il est rapidement rentable pour
TOUS ;
- mais en plus qu’il ne coûtera, in fine,
RIEN à la collectivité.
6. Pour
un DPE d’immeuble
- Dans un immeuble, quels sont les problèmes
à résoudre ? Il comme on l’a dit, il s’agit :
- de savoir, tout d’abord, quelle quantité
d’énergie devrait être consommée dans l’immeuble ;
- de savoir, ensuite, quelle est la consommation
effective et donc d’apprécier la différence ;
- de savoir, après cela, d’où viennent
les distorsions entre la performance théorique et la performance
effective ;
- de corriger ces distorsions ;
- enfin d’améliorer la performance.
- En fait, aujourd’hui, les copropriétaires
et locataires des immeubles où il y a une production collective
sans comptage individuel ont besoin d’un diagnostic thermique qui réponde
à ces cinq questions.
7. Le seul diagnostic qui
rapporte
- Obliger à faire un DPE d’immeuble ne doit
pas faire reculer les pouvoirs publics, au contraire.
- Il faut " présenter "
le DPE collectif comme ce qu’il est, à savoir une excellente
affaire pour tous :
- le DPE va générer beaucoup plus
d’économies qu’il ne va coûter ;
- il doit permettre de traiter aussi bien les problèmes
collectifs de chauffage, d’eau chaude, mais aussi d’électricité ;
- le DPE est un moyen de vérifier que la
gestion du chauffage de l’immeuble est correcte ; c’est donc
un outil de contrôle non pas des propriétaires,
pour une fois, mais des exploitants.
8 L’économie
du système
- Les DPE d’immeuble auront une très grande
efficacité : en effet l’expérience prouve que le
gaspillage propre à la gestion collective est facilement de l’ordre
de 10 % et peut atteindre très vite 30 % et qu’on peut maîtriser
ce gaspillage, ceci SANS aucun investissement.
- On pourrait d’ailleurs relancer les contrats de
chauffage dits à " intéressement "
ou trouver des formules nouvelles.
- Au-delà de l’efficacité immédiate
il y aura l’efficacité à terme : mise en évidence
des investissements rentables.
- On pourrait d’ailleurs imaginer de coupler les
DPE d’immeuble et les contrôles des chaudières collectives,
également prévus par la directive européenne sur
les économies d’énergie et également source systématique
d’économie.
- Par ailleurs le DPE d’immeuble entraînerait
des économies pour les vendeurs et bailleurs (absence de DPE
privatif).
Comme on le voit le DPE collectif
a toutes les vertus.
9. Une méthode simple pour les DPE d’immeuble
- Nous pensons qu’il est nécessaire de mettre
au point une méthode simple permettant :
- d’analyser la performance thermique théorique ;
- d’étudier les consommations réelles
pour les comparer aux consommations théoriques.
- En ce qui concerne le premier point il semble certain
qu’il doit être relativement facile de proposer une méthode
à partir de tout le travail qui a été réalisé
en matière de diagnostic thermique depuis 25 ans.
- En ce qui concerne le deuxième point - qui
paraît simple au premier abord - il faut, pensons-nous, élaborer
une méthode qui permette, en autre :
- de lister et collecter le plus efficacement et
exhaustivement les informations nécessaires (quantité
d’énergie sur une saison ; DJU ; quantité
d’eau chaude consommée ; nombre réel de m2
chauffés ou de m3…etc.) ;
- de ventiler convenablement les consommations
énergétiques (chauffage et eau chaude).
Cela n’est pas très compliqué,
mais requiert précisément la mise au point d’une méthode
ou d’un référentiel commun à tous.
10. Pour
une expérimentation et une promotion
- de participer rapidement à un groupe de
mise au point d’un cahier des charges ou référentiel
du DPE d’immeuble.
- d’engager nous-même ou de participer à
une campagne nationale valorisant le DPE d’immeuble.
- surtout de lancer une expérimentation
grandeur nature sur le DPE d’immeuble, pour en montrer l’efficacité
et l’intérêt.
- Concrètement, nous proposons de procéder
ainsi :
- Elaborer un groupe de travail qui établirait
un cahier des charges de DPE d’immeuble :
- détermination des consommations ;
- analyse des consommations réelles pondérées ;
- analyse des écarts et des causes ;
- préconisations ;
- amélioration des performances théoriques.
- Retenir une centaine d’immeubles en copropriété
- petits, moyens, gros – dotés d’une installation de d’une
production collective de chaleur pour expérimenter le DPE.
- Assurer un bilan et en diffuser les résultats.
Conclusion
Transformer un futur dispositif qui
- en cas de production collective - s’avérera inutile et trompeur,
en un dispositif de maîtrise collective de l’énergie qui
soit efficace, lisible et immédiatement rentable, tel est le sens
de notre proposition adressée tant au Ministère du Logement
qu’aux organismes en charge de ces problèmes (ADEME ; CSTB,
etc.…). Naturellement nous sommes prêts à préciser
tel ou tel point de cette note , forcément trop courte et
restons pour cela à l’entière disposition des décideurs.
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ARC
- Novembre 2004
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