I-
La mutualisation
Nous
avons suffisamment expliqué sur ce site
les enjeux de la « mutualisation »
en matière de « fibrage des copropriétés ». Ceux
qui ne sont pas encore au courant peuvent
taper les mots : « mutualisation
et fibre optique » sur notre
moteur de recherche. Sachez simplement que
la « mutualisation » c’est la garantie
d’une vraie concurrence entre fournisseurs
d’accès à Internet.
Nous
nous sommes non seulement battus (et efficacement)
pour obtenir que le principe de la mutualisation
soit inscrit dans la loi (
chaque opérateur doit laisser les
autres opérateurs utiliser ses réseaux)
mais nous avons aussi été au premier rang
pour dénoncer après, dès la parution de
la loi, l’absence de mutualisation dans
la réalité (voir abus numéro 1911).
C’est
la raison pour laquelle l’ARCEP
(Agence de Régulation des Communications
Electroniques et des Postes) s’est tant
mobilisée pour éviter que le système ne
soit perverti et pour obliger les opérateurs
à « jouer
le jeu », comme on dit.
II-
Où en est-on aujourd’hui ?
Pour
ne pas donner l’impression de déformer la
réalité, nous allons citer un long article
du MONDE de la mi-juillet (qui donne d’ailleurs
la parole au président de l’ARC) :
Enquête
Les difficultés de la mutualisation
Difficile, aujourd'hui, de choisir son fournisseur de fibre
optique, ce matériau capable d'apporter
du "très haut débit" dans les
foyers ! En principe, l'opérateur qui a
équipé un immeuble doit "mutualiser"
ses infrastructures, c'est-à-dire les partager
avec ses concurrents. En fait, nombreux
sont les syndics qui se plaignent de ne
pouvoir obtenir les services d'un concurrent.
"Aucun opérateur n'a mis en oeuvre
la mutualisation, il y a zéro immeuble mutualisé
!’ admet Maxime Lombardini, le directeur général d'Iliad,
maison mère de Free.
Des
données transmises à la vitesse
de la
lumière
La fibre optique est un
fil de verre ou de plastique très fin, de
l'épaisseur d'un cheveu, qui transmet les
données à la vitesse de la lumière. Elle
véhicule les informations beaucoup plus
vite que ne le fait le courant électrique
sur un fil de cuivre (ADSL), avec 100 mégabits
par seconde, au lieu de 30 maximum. Elle
autorise aussi des débits dits symétriques
: l'envoi de données est aussi rapide que
la réception. "C'est comme si on
passait d'une départementale à une autoroute
à 100 voies... dans les deux sens",
estime Didier Lombard, le PDG de France
Télécom-Orange. L'usager pourra ainsi regarder une chaîne
de télévision en haute définition, télécharger
des vidéos, recevoir des mails avec de grosses
pièces jointes et même jouer en ligne, simultanément.
Sur le même sujet
Les
fournisseurs de fibre optique refusent même
de se transmettre les informations relatives
à leurs réseaux respectifs. L'usager qui
souhaite savoir si son immeuble est déjà
fibré doit les consulter un par un pour
obtenir une réponse, leurs sites Internet
proposant des tests d'éligibilité, sur la
base du numéro de téléphone et de l'adresse.
France Télécom-Orange,
l'opérateur historique, publie une carte
sans chiffres des zones raccordées.
SFR indique qu'il aura équipé 80 % du réseau "horizontal"
parisien (égouts) à la fin 2009 et Free
70 %. Numericable, qui installe pour l'instant du câble coaxial
dans les immeubles, assure avoir amené la
fibre "jusqu'aux boîtes aux lettres"
de 4,1 millions de foyers, à Paris et en
province. Au 31 décembre 2008, la
France comptait 20 500
immeubles équipés en fibre et 550 000 foyers
éligibles, dans la région parisienne et
les plus grandes villes, indique l'Autorité
de régulation des communications électroniques
et des postes (Arcep),
gendarme des télécommunications.
Pour empêcher la reconstitution de monopoles locaux, l'Arcep a récemment adopté un projet de décision clarifiant
les règles de la mutualisation. Si ce texte
est homologué par le gouvernement, en octobre,
l'opérateur choisi par une assemblée de
copropriétaires pour "fibrer"
son immeuble devra en informer ses concurrents
dans un délai d'un mois. Ces derniers pourront
lui demander d'installer des fibres "surnuméraires".
Les travaux devront être terminés dans les
six mois. "Nous sommes très contents",
mais il est dommage que l'Arcep n'ait pas prévu de sanctions pour ceux qui ne joueront
pas le jeu", regrette Fernand Champavier, président de l’Association des Responsables
de Copropriété.
L'opérateur choisi, appelé "opérateur d'immeuble",
devra accueillir les réseaux de ses concurrents
au sein d'un "point de mutualisation",
situé le plus souvent à la cave, et tirer
autant de fibres que d'opérateurs l'ayant
demandé, jusqu'aux appartements, qui disposeront
de plusieurs prises. Si, après avoir été
équipé par Orange, un locataire veut s'abonner
chez Free, il lui suffira de brancher son
matériel sur la prise dédiée, tandis qu'un
technicien Free activera sa ligne depuis
un central optique desservant plusieurs
milliers d'appartements. Le locataire pourra
aussi garder Orange pour le téléphone et
prendre Free pour l'ordinateur.
La solution proposée par l'Arcep
satisfait Free, qui a d'emblée équipé ses
immeubles de deux fibres. Elle déplaît à
Orange, partisan du "monofibre".
Actuellement, lorsqu'un client équipé par
Orange veut s'abonner chez Free, il doit
attendre que le technicien Free vienne dans
sa cave opérer un raccordement. Il ne peut
pas s'abonner à plusieurs opérateurs en
même temps. "La solution de l'Arcep
évite que les opérateurs interviennent en
ordre dispersé dans nos propriétés".
Free, qui, à la différence de l'opérateur
historique, ne dispose pas des codes des
immeubles ni des numéros de téléphone des
concierges, se réjouit pour sa part de ne
pas avoir à faire d'interventions sur place.
France Télécom estime que ce dispositif
lui imposera des surcoûts, bien que chaque
opérateur doive préfinancer sa quote-part
et prendre en charge une partie de l'investissement
initial. Il a menacé de geler ses investissements
dans la fibre optique si le projet est adopté
tel quel.
Rafaële Rivais
Article paru dans l'édition du 15.07.09.
Nous
allons, évidemment, de notre côté, veiller
à ce que la vraie mutualisation se mette
en place et continuer notre action auprès
de l’ARCEP.