ARC, fibre optique /22 07 09/ ©

La fibre optique et la bataille de la « mutualisation »

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I-                   La mutualisation

Nous avons suffisamment expliqué sur ce site les enjeux de la « mutualisation » en matière de « fibrage des copropriétés ». Ceux qui ne sont pas encore au courant peuvent taper les mots : « mutualisation et fibre optique » sur notre moteur de recherche. Sachez simplement que la « mutualisation » c’est la garantie d’une vraie concurrence entre fournisseurs d’accès à Internet.

Nous nous sommes non seulement battus (et efficacement) pour obtenir que le principe de la mutualisation soit inscrit dans la loi ( chaque opérateur doit laisser les autres opérateurs utiliser ses réseaux) mais nous avons aussi été au premier rang pour dénoncer après, dès la parution de la loi, l’absence de mutualisation dans la réalité (voir abus numéro 1911).

C’est la raison pour laquelle l’ARCEP (Agence de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) s’est tant mobilisée pour éviter que le système ne soit perverti et pour obliger les opérateurs à « jouer le jeu », comme on dit.

II-                Où en est-on aujourd’hui ?

Pour ne pas donner l’impression de déformer la réalité, nous allons citer un long article du MONDE de la mi-juillet (qui donne d’ailleurs la parole au président de l’ARC) :

 

Enquête

Les difficultés de la mutualisation

Difficile, aujourd'hui, de choisir son fournisseur de fibre optique, ce matériau capable d'apporter du "très haut débit" dans les foyers ! En principe, l'opérateur qui a équipé un immeuble doit "mutualiser" ses infrastructures, c'est-à-dire les partager avec ses concurrents. En fait, nombreux sont les syndics qui se plaignent de ne pouvoir obtenir les services d'un concurrent. "Aucun opérateur n'a mis en oeuvre la mutualisation, il y a zéro immeuble mutualisé !’ admet Maxime Lombardini, le directeur général d'Iliad, maison mère de Free.

Des données transmises à la vitesse de la lumière

La fibre optique est un fil de verre ou de plastique très fin, de l'épaisseur d'un cheveu, qui transmet les données à la vitesse de la lumière. Elle véhicule les informations beaucoup plus vite que ne le fait le courant électrique sur un fil de cuivre (ADSL), avec 100 mégabits par seconde, au lieu de 30 maximum. Elle autorise aussi des débits dits symétriques : l'envoi de données est aussi rapide que la réception. "C'est comme si on passait d'une départementale à une autoroute à 100 voies... dans les deux sens", estime Didier Lombard, le PDG de France Télécom-Orange. L'usager pourra ainsi regarder une chaîne de télévision en haute définition, télécharger des vidéos, recevoir des mails avec de grosses pièces jointes et même jouer en ligne, simultanément.

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Les fournisseurs de fibre optique refusent même de se transmettre les informations relatives à leurs réseaux respectifs. L'usager qui souhaite savoir si son immeuble est déjà fibré doit les consulter un par un pour obtenir une réponse, leurs sites Internet proposant des tests d'éligibilité, sur la base du numéro de téléphone et de l'adresse. France Télécom-Orange, l'opérateur historique, publie une carte sans chiffres des zones raccordées.

SFR indique qu'il aura équipé 80 % du réseau "horizontal" parisien (égouts) à la fin 2009 et Free 70 %. Numericable, qui installe pour l'instant du câble coaxial dans les immeubles, assure avoir amené la fibre "jusqu'aux boîtes aux lettres" de 4,1 millions de foyers, à Paris et en province. Au 31 décembre 2008, la France comptait 20 500 immeubles équipés en fibre et 550 000 foyers éligibles, dans la région parisienne et les plus grandes villes, indique l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), gendarme des télécommunications.

Pour empêcher la reconstitution de monopoles locaux, l'Arcep a récemment adopté un projet de décision clarifiant les règles de la mutualisation. Si ce texte est homologué par le gouvernement, en octobre, l'opérateur choisi par une assemblée de copropriétaires pour "fibrer" son immeuble devra en informer ses concurrents dans un délai d'un mois. Ces derniers pourront lui demander d'installer des fibres "surnuméraires". Les travaux devront être terminés dans les six mois. "Nous sommes très contents", mais il est dommage que l'Arcep n'ait pas prévu de sanctions pour ceux qui ne joueront pas le jeu", regrette Fernand Champavier, président de l’Association des Responsables de Copropriété.

L'opérateur choisi, appelé "opérateur d'immeuble", devra accueillir les réseaux de ses concurrents au sein d'un "point de mutualisation", situé le plus souvent à la cave, et tirer autant de fibres que d'opérateurs l'ayant demandé, jusqu'aux appartements, qui disposeront de plusieurs prises. Si, après avoir été équipé par Orange, un locataire veut s'abonner chez Free, il lui suffira de brancher son matériel sur la prise dédiée, tandis qu'un technicien Free activera sa ligne depuis un central optique desservant plusieurs milliers d'appartements. Le locataire pourra aussi garder Orange pour le téléphone et prendre Free pour l'ordinateur.

La solution proposée par l'Arcep satisfait Free, qui a d'emblée équipé ses immeubles de deux fibres. Elle déplaît à Orange, partisan du "monofibre". Actuellement, lorsqu'un client équipé par Orange veut s'abonner chez Free, il doit attendre que le technicien Free vienne dans sa cave opérer un raccordement. Il ne peut pas s'abonner à plusieurs opérateurs en même temps. "La solution de l'Arcep évite que les opérateurs interviennent en ordre dispersé dans nos propriétés". Free, qui, à la différence de l'opérateur historique, ne dispose pas des codes des immeubles ni des numéros de téléphone des concierges, se réjouit pour sa part de ne pas avoir à faire d'interventions sur place. France Télécom estime que ce dispositif lui imposera des surcoûts, bien que chaque opérateur doive préfinancer sa quote-part et prendre en charge une partie de l'investissement initial. Il a menacé de geler ses investissements dans la fibre optique si le projet est adopté tel quel.

Rafaële Rivais

Article paru dans l'édition du 15.07.09.

Nous allons, évidemment, de notre côté, veiller à ce que la vraie mutualisation se mette en place et continuer notre action auprès de l’ARCEP.

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