1-
Rappel de notre position
L’astreinte
de nuit est, pour nous, à l’ARC, une obligation inutile et
anachronique. Elle nous ramène à ces temps où la « concierge »
était obligée - la nuite venue - de « tirer
le cordon » (pour ouvrir la porte de l’immeuble)
et pouvait être réveillée par
n’importe quel fêtard à n’importe quel moment.
Nous
agissons donc depuis longtemps pour que les copropriétés « libèrent » les gardiens et mettent
en place d’autres systèmes (téléalarme, par exemple) qui peuvent
part ailleurs coûter cher.
En
contrepartie, nous pensons qu’il est juste que, lorsque l’astreinte
est supprimée, la prime correspondante le soit aussi.
Notre
position est fondée sur deux arguments : un argument
économique ; un argument juridique :
a)
Argument économique
Si
la copropriété doit - pour rendre leur liberté aux gardiens
- investir et payer un service permanent qui se substitue
à l’astreinte, il est légitime qu’elle n’ait pas - en plus
- à continuer à verser la prime d’astreinte.
b)
Argument juridique
Les
partenaires de la convention collective (syndicats d’employés
et associations représentant les syndicats de copropriétaires,
comme l’ARC) se sont mis d’accord en 1995 :
a)
pour
limiter l’astreinte au maximum lorsqu’il y avait deux loges
et assurer , dans ce cas, un roulement ;
b)
pour
« prorater »
la prime d’astreinte, donc la diviser par deux au cas
où ce système de « roulement »
serait mis en place.
Or,
si les partenaires ont admis que ½ astreinte valait ½ prime
c’est bien qu’ils ont renoncé au principe, ici inaplicable,
du « maintien des avantages acquis ».
Voici
pourquoi, depuis dix ans, nous sommes opposés aux syndics
qui - toujours très généreux avec l’argent des autres - décident
de :
-
supprimer
l’astreinte ;
-
maintenir
la prime.
2-
La Cour de Cassation,
enfin
Bien
qu’un arrêt ancien de la
Cour de Cassation nous donnait raison contre
ces syndics, un certain nombre d’entre eux avaient maintenu
leur position contre l’avis des conseils syndicaux, voire
même parfois des assemblées générales.
C’est
pourquoi le nouvel arrêt de la
Cour de Cassation dont nous donnons ci-dessous
un extrait est le bienvenu, car il est de nature à clore ce
long débat.
À
noter que cet arrêt est d’autant plus important qu’il confirme
un arrêt de la Cour d’Appel de Bordeaux en
date du 4 juillet 2003, ce qui veut dire qu’il y a bien concordance
entre les différentes juridictions sur ce point.
Voici
le passage de cet arrêt qui traite de notre problème et clôt
le débat :
« Attendu, ensuite, que la cour d’appel a relevé
que l’accord collectif du 14 janvier 1994 a prévu que, dès le 1er
janvier 1995, l’astreinte
pourrait être supprimée, sans qu’il y ait lieu à maintien
de la quote-part de rémunération correspondante et que
cet accord avait été notifié à M. X… par lettre du 1er
janvier 1995 ; que, par ce seul motif, elle a légalement
justifié sa décision ».
(Cour
de Cassation, chambre sociale - audience du 18 Janvier 2006
n° du pouvoi 03-46059).
On
le voit, la
Cour de Cassation renvoit
à l’accord collectif sur lequel nous-même nous fondons notre
analyse depuis onze ans.
Conclusion :
1-
Si
l’astreinte est supprimée parce qu’elle n’est plus utile (exemple : mise en place d’une téléalarme) la prime n’est plus
due.
2-
Si
votre syndic persiste, faites prendre une décision par l’assemblée
générale demandant que le syndic prenne à sa charge sa générosité
sociale.