Voici un en cinq points.
I-
La baisse des charges : un impératif.
II-
Les mauvaises raisons invoquées pour justifier la hausse
des charges.
III-
Les vraies raisons qui expliquent la hausse des charges.
IV-
Vingt moyens simples pour faire baisser les charges.
V-
Dix questions à poser à votre syndic pour savoir s’il
sait maîtriser les charges.
*
I-
La baisse des charges : un impératif
Eau,
énergie, honoraires de syndic, contrats d’ascenseur, frais
de personnel, contrats utiles ou non, petits et moyens
travaux, tout augmente et fait que les charges de copropriété
- là où il n’y a pas un conseil syndical et un syndic
efficace - suivent une dangereuse pente ascendante.
Ces
charges pèsent sur les copropriétaires occupants et les
locataires de façon de plus en plus dangereuse (plus les
charges courantes croissent, moins il est possible de
faire des gros travaux).
Cette
inflation est d’autant plus désolante qu’avec un peu de
méthode, quelques compétences et de l’obstination on peut
non seulement la juguler mais en inverser le sens à la
baisse.
Voyons
cela.
II-
Les mauvaises raisons invoquées pour
justifier la hausse des charges
Les
« mauvaises »
raisons (qui ne sont pas forcément des raisons fausses)
ce sont :
- Les hausses des prix
du combustible.
- Les nouvelles obligations
en matière de santé et de sécurité.
- La réforme concernant
les ascenseurs.
- Les soi-disantes augmentations
liées à la convention collective des gardiens et employés
d’immeuble.
- La multiplication
des « exigences »
des copropriétaires, etc, etc.
Certes,
de vraies raisons existent (augmentation des prix des
combustibles) mais on va le voir les garde-fous possibles
qui peuvent permettre non seulement de neutraliser ces
causes mais aussi de faire baisser les charges, ne sont
le plus souvent pas mis en place.
III-
Les vraies raisons qui expliquent la
hausse des charges
Les
vraies raisons, comme nous allons le voir sur 20 points
précis, sont surtout liées :
a)
au
manque de suivi de la gestion par le syndic (chauffage,
eau, entreprises…) ;
b)
au
manque de mise en concurrence pour les petits et moyens
travaux ;
c)
à
l’absence de contrôle du respect de la réglementation
des prix, mais aussi des indexations des contrats de prestation ;
d)
à
diverses exagérations en matière tarifaire (prestations
de syndics ; d’avocats, etc.) ;
e)
à
un certain manque de compétence en matière d’économies
d’énergie (en matière de chauffage on peut - à rigueur
constante - obtenir des économies de l’ordre de 25 % sans
travaux).
Nous
allons rentrer maintenant dans le détail. Voici donc 20
moyens efficaces de faire des économies.
IV-
Vingt moyens simples pour faire baisser
les charges
A-
Petits et moyens travaux.
Le
budget « petits
et moyens travaux » peut représenter 20
à 30 % du budget d’une copropriété. Il existe quatre moyens
simples de faire baisser les prix.
1-
Obliger les fournisseurs à fournir des devis ou factures conformes à
la réglementation, c’est-à-dire
détaillés (nombre d’heures, prix horaire, type de fournitures,
prix des fournitures).
La
loi oblige, en effet, les prestataires à détailler les
devis ou factures, ce qu’ils ne font pas. Ils adressent
donc des factures globales incontrôlables.
Or,
dès qu’un syndic oblige un prestataire à fournir le détail
des prix, curieusement les factures deviennent plus raisonnables,
car :
-
le
fournisseur est obligé de fournir le nombre d’heures réel ;
-
les
prix des fournitures deviennent « raisonnables »,
car chacun peut en contrôler le prix public sur Internet...
En
procédant ainsi, finies les factures forfaitaires, finis
les abus concernant le nombre d’heures et les marges de
200 % sur le matériel.
2-
Voter
un seuil de consultation du conseil syndical plutôt
bas et obliger le syndic à consulter effectivement le
conseil syndical.
La
loi oblige les assemblées à voter un montant (pour les
dépenses courantes), au-delà duquel le conseil syndical
doit être consulté obligatoirement par le syndic.
Si
ce chiffre est bas (exemple 200 euros) le syndic devra
souvent consulter le conseil syndical et ne pourra pas
faire ce qu’il veut, ce qui a un effet déflationniste.
N.B : dans certaines copropriétés le syndic est même obligé - par décision
spéciale de l’assemblée - de soumettre tous les mois les
factures AVANT paiement à l’approbation du conseil syndical.
3- Disposer
d’un vrai carnet d’entretien de la copropriété
Le
carnet d’entretien de base tel qu’il existe n’a de carnet
d’entretien que le nom. Il faut le « jeter
à la poubelle » et adopter un vrai carnet qui
permette de savoir - ouvrage par ouvrage, équipement par
équipement - ce qui est fait dans le détail et combien
coûte chaque intervention (serrurerie, plomberie, électricité,
etc.).
Lorsque
l’on dispose d’un tel carnet, il est facile de repérer
très vite toutes les exagérations : interventions
intempestives ou trop nombreuses ; prix facturés
abusifs et, là encore, les charges baissent comme par
enchantement.
Le
vrai carnet d’entretien, c’est un tableau de bord qui
évite les dépassements de vitesse…
4-
Obliger
le syndic à une réelle mise en concurrence pour les
travaux et marchés
Comme
on le sait, l’assemblée générale doit faire voter un montant
des marchés au-delà duquel les syndics doivent faire
appel à la concurrence, ce qui est trop rarement fait.
Il
faut donc voter un montant plutôt bas là encore et mettre
en place sur ce point aussi une vraie concurrence (ce
qui ne peut se faire que si le conseil syndical s’implique
vraiment à ce niveau et si le syndic joue vraiment le
jeu).
B-
Chauffage
5- Négocier chaque
jour le prix du fioul auprès de plusieurs fournisseurs
Beaucoup
de syndics se contentent d’un coup de téléphone à leur
fournisseur attitré. Or, pour des raisons objectives (jour
où le fournisseur a acheté son stock ; lieu du dépôt
de carburant, etc.), il peut y avoir, même entre fournisseurs
corrects, des différences allant de 10 à 15 %. Si l’on
ne sait pas mettre en concurrence chaque jour les fournisseurs,
c’est donc un surcoût de l’ordre de 10 à 15 % qu’on subira
forcément.
6- Imposer aux chauffagistes des contrats d’objectifs
En
copropriété neuf contrats sur dix sont uniquement des
contrats dits de « moyens » (le chauffagiste doit simplement
« entretenir »
la chaudière et faire marcher les installations). Qu’importe
combien la chaudière consomme, pourvu que ça marche !
Il
faut donc pouvoir imposer des contrats d’objectifs (on
fixe un objectif de consommations que le chauffagiste
est obligé de respecter). Grâce à ce type de contrat on
peut facilement obtenir des baisses de consommations de
15 à 20 %.
7- Faire un bilan annuel des consommations pondérées par
DJU (degrés-jour-unifiés)
Beaucoup
trop de syndics sont dans l’incapacité de faire des bilans
énergétiques par saison, c’est-à-dire de savoir :
-
combien
la copropriété a consommé d’énergie ;
-
combien
elle a consommé par DJU (unité de mesure du froid).
Conséquence : la copropriété est dans l’ignorance de ce qui
est « normal »,
donc ne remarque pas les dérives de consommation et le
syndic passe les augmentations sur le compte de l’augmentation
du prix des énergies.
C- Eau
8- Installer des compteurs (avec radio relevé de préférence)
et contrôler les relevés
Trop
d’immeubles ne disposent pas encore de compteurs divisionnaires
d’eau froide ou chaude (compteurs « individuels »).
Or, la pose des compteurs est le seul moyen d’obtenir
des économies significatives.
Pire : lorsqu’il y a des compteurs, les syndics ne s’aperçoivent pas toujours
des problèmes (compteurs qui sous-comptent ; relevés
non faits ou mal faits, etc), ce qui induit des transferts
sur les charges communes.
9- Repérer et traiter les anomalies en ce qui concerne le « DELTA » d’eau
Le
« DELTA »,
c’est la différence entre la consommation totale relevée
au compteur général et le total des relevés des compteurs
divisionnaires.
En
principe, ce DELTA ne doit pas être supérieur à 5 %. Dans
certaines copropriétés, il peut atteindre 30 %, ce qui
signifie des transferts de charges privatives sur les
charges communes.
Pour
résoudre ce problème, il y a divers moyens :
a)
faire
relever le compteur général le même jour que les compteurs
individuels ;
b)
analyser
les listings de relevés individuels pour repérer les compteurs
défaillants ;
c)
appliquer
des forfaits dissuasifs pour ceux qui ne font pas relever
leur compteur au moins une fois par an ;
d)
faire
poser des compteurs avec radio-relevé, etc, etc
Là
encore, les gains peuvent être très importants.
D-
Contrats signés avec la copropriété
10- Renégocier tous les contrats qui ont plus de trois
ou cinq ans
La
moitié des contrats sont des contrats anciens jamais renégociés.
De ce fait, ces contrats sont souvent trop chers. Une
simple renégociation des contrats d’hygiène, d’espace
vert, d’adoucisseur,
de VMC, d’extincteurs, de nettoyage, etc, peut entraîner
des baisses de prix de l’ordre de 20 % sans baisse de
qualité.
11- Supprimer les contrats inutiles
Oui,
il existe des contrats inutiles, voire des contrats qui
sont de véritables rentes et qui pourraient être remplacés
par des interventions ponctuelles : curage des canalisations ;
ramonage des gaines de VMC ; contrats d’entretien
de robinetterie, etc. sans parler des contrats de recherches
de termites par des gens qui n’ont jamais vu un seul termite
de leur vie ; ou encore des contrats d’assurance
relatifs à la récupération des impayés mais
qui ne concernent pas les gros débiteurs …
12- Faire appliquer correctement les clauses d’indexation
Prenez
un contrat de dix ans et appliquez la clause d’indexation
contractuelle : une fois sur deux celle-ci n’aura
pas été appliquée correctement et au bout de dix ans l’augmentation
sera supérieure - souvent - de 50 % à ce qu’elle aurait
du être.
Pire : parfois les clauses sont très mal négociées (indexation à 100 %
au lieu de 85 %) ce qui génère arithmétiquement un surcoût
annuel de 15 % !
13- Employer du personnel d’immeuble ou mieux utiliser
celui qui est en place
Les
syndics préfèrent faire appel à des entreprises extérieures
pour raison de simplicité le plus souvent ; or celles-ci
coûtent 20 à 40 % plus cher qu’un employé d’immeuble (TVA ;
marges, etc.).
Par
ailleurs, si vous avez un gardien ou un employé d’immeuble,
pour augmenter son salaire et rendre plus efficace son
travail, il suffit de lui attribuer des tâches qui sont
confiées (très cher) à des sociétés extérieures :
-
relevés
des compteurs d’eau ;
-
désherbage
des toitures-terrasses ;
-
mise
en place de « mort
aux rats » dans les caves ;
-
fourniture
aux occupants de gel anti-cafards ;
-
essai
des blocs-secours, etc.
Autant
d’économies substantielles supplémentaires.
E-
Les honoraires de syndics
14- Contrôler et maîtriser les « débours » et frais annexes
Avez-vous
calculé combien faisait gagner à une copropriété la négociation
de la photocopie à 0,15 euro au lieu de 0, 23 euro, quand
il y a plusieurs milliers de photocopies par an ?
Dans
certaines copropriétés les convocations d’assemblée générale
sont désormais sous-traitées à l’extérieur, ce qui permet
de gagner 70 % sur ce poste !
15- Refuser le maximum d’honoraires pour des tâches de gestion particulière
qui concernent en fait la gestion courante
Entre
les mises à jour du carnet d’entretien à 10 euros par
lot, les frais administratifs prohibitifs, les honoraires
pour remplacements de gardiens, les relances en cas d’impayés,
les frais pour mise en place du plan comptable, les frais
sur travaux, les frais d’archivages, etc. c’est facilement
50 % des honoraires supplémentaires que l’on peut économiser.
F-
Vote du budget prévisionnel
16- Voter un budget ajusté et justifié
Ne
vous laissez plus imposer des « budgets »
surdimensionnés (le syndic reprend les anciennes dépenses
plus 5 %). Analysez chaque poste et exigez, pour certains
non pas seulement le maintien du niveau antérieur mais
une baisse dans la mesure où des économies sont prévues.
Un
budget bien ajusté oblige le syndic à mieux contrôler
les dépenses. Bien sûr, il faudra aussi que le
conseil syndical suive le budget en cours d’année pour
éviter les dépenses inutiles ou trop élevées.
17- Supprimer les « postes divers » dans le budget
Pour
mieux augmenter les budgets, certains syndics ont inventé
un poste « divers ou imprévus » d’un montant
de 10 %.
À
bannir absolument.
18- Obliger le syndic à justifier tous les dépassements
du budget
En
fin d’exercice, il faudra exiger du syndic qu’il justifie
TOUS les dépassements. Le simple fait qu’il sache qu’il
sera obligé de le faire :
-
va
le rendre plus prudent AVANT ;
-
va
le forcer à trouver des anomalies APRES l’engagement des
dépenses et à les traiter.
G-
Personnel d’immeuble
19- Obliger le syndic à appliquer la convention collective
Le
personnel d’immeuble coûte souvent 20 % de plus que ce
qu’il devrait coûter, car les syndics :
-
n’appliquent
pas correctement la convention collective ;
-
n’appliquent
parfois pas du tout cette convention.
Trois exemples parmi vingt :
a)
En
cas de maladie le syndic va payer le salarié 100 % alors
que la convention prévoit 90 %.
b)
En
cas d’avantages en nature (chauffage, eau chaude) le syndic
n’appliquera aucune retenue au salarié.
c)
En
cas de remplacement le syndic reprendra tel quel le contrat
du titulaire, y compris avec son complément contractuel,
sans penser qu’il pourrait faire un contrat allégé au
remplaçant, etc.
H-
Impayés de charges et procédures
20- En cas d’impayés de charges, obliger le syndic à intervenir vite et sans
trop de frais ; suivre les procédures judiciaires
Enfin
une source de gaspillage pour tous ce sont les frais en
recouvrement de charges, qu’il s’agisse des frais communs
ou des frais privatifs.
-
Syndics
qui agissent trop tard et sont obligés de confier à des
avocats des affaires au départ simples ;
-
Avocats
non contrôlés qui perdent des procédures « imperdables »
et font condamner la copropriété à des indemnités lourdes.
-
Procès
perdus de la faute du syndic (assemblées mal convoquées,
documents non fournis) aux frais des copropriétaires,
etc.
Tout
cela peut faire des sommes considérables.
Conclusion :
- Mettez bout-à-bout
toutes ces « dispositions »
comme le font nos adhérents et vous verrez qu’au bout
de six mois à un an, les charges vont commencer à décroître,
ceci facilement jusqu’à 20 %.
- Si vous n’êtes pas
convaincu, il suffit d’essayer.
V-
Dix questions à poser à votre syndic
pour savoir s’il sait maîtriser les charges
Autre
moyen de savoir pourquoi les charges augmentent :
vérifier que son syndic connaît son métier.
Voici dix questions (on aurait pu en prendre
vingt) pour le savoir :
1-
Sait-il
ce que sont les DJU et ce qu’est un contrat d’objectifs ?
2-
Peut-il
dire si la consommation de chauffage de l’immeuble est
« normale » et, si oui, comment arrive t-il à cette conclusion ?
3-
Votre
syndic peut-il dire si les consommations d’eau dans votre
immeuble sont correctes et pourquoi ?
4-
Votre
syndic paie t-il les factures qui ne sont pas détaillées
en :
o
nombre
d’heures et prix horaire ;
o
fournitures
et prix des fournitures ?
5-
Votre
syndic vérifie t-il chaque année les clauses d’indexation
des contrats ?
6-
Votre
syndic a-t-il renégocié la puissance des contrats d’électricité ?
7-
Votre
syndic a-t-il accepté tel quel le nouveau contrat d’ascenseur
proposé par votre prestataire ? A-t-il écarté la
« clause de
vétusté automatique » ?
8-
Votre
syndic trouve t-il « normales »
les augmentations continues des primes d’assurance ?
9-
Votre
syndic facture t-il la photocopie à plus de 18 centimes
d’euros TTC ?
10-
Votre
syndic a-t-il tout fait pour dissuader votre copropriété
d’avoir un compte séparé ?
Et n’oubliez pas de lire le LIEN « Dictionnaire
des économies de charges » réalisé par l’ARC.