ARC, Bien Gérer/ 27 01 10 /©

Copropriété :

les travaux d’isolation en 10 questions…

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Le mensuel LE PARTICULIER a réalisé un très bon article concernant le Grenelle et la Copropriété (numéro 1044, janvier 2010).

Cet article reprend d’ailleurs un certain nombre de conseils et de préconisations que nous cherchons à mettre en avant, parfois depuis des années.

En particulier il met en avant le BÉS (Bilan Energétique Simplifié) mis au point par l’ARC et qui connaît un succès mérité :

(voir : http://www.unarc.asso.fr/site/guides/grat/BES.pdf) en collaboration avec le groupe FONCIA à partir d’une quarantaine de copropriétés adhérents à l’ARC.

Nous donnons ci-dessous de larges extraits de cet article en invitant les Internautes à suivre ses conseils.

« Le Grenelle en 10 questions vu par LE PARTICULIER »

« Les engagements de la France en matière de réduction des gaz à effet de serre vont amener les immeubles existants à supporter des travaux d'économie d'énergie d'ici à 2020, notamment pour l'isolation. Nos conseils pour anticiper et mener à bien les travaux.

(…)

En pratique, la consom­mation des copropriétés devra être réduite, en moyenne, de 38 % en 2020 ! Les efforts -financiers notamment - à fournir sont donc considérables. Pour respecter les objectifs fixés pour 2020, il est donc impératif de réfléchir dès à présent aux travaux d'économie d'énergie à réaliser dans votre immeuble. Et cela d'autant plus qu'en copropriété, les décisions sont toujours plus longues et plus complexes à prendre qu'en habitat individuel.

1/ Quelles nouvelles obligations va créer la loi Grenelle 2 ?

(…)

Pour l'instant, un DPE n'est demandé que pour les parties privatives et seulement en cas de location ou de vente d'un logement. Or, si un immeuble est doté d'un chauffage collec­tif, mesurer la consommation d'énergie dans les seules parties privatives ne semble pas très significatif. C'est pourquoi chaque copropriété devra désormais faire réaliser, après un vote en assemblée générale, un DPE collectif (DPEC) qui permettra de sensibiliser les copropriétaires aux déperditions de chaleur de l'ensemble du bâtiment et de les conseiller sur les travaux à envisager. Encore faudra-t-il que ce DPE collectif soit réa­lisé sérieusement, ce qui est loin d'être le cas des DPE effectués, à l'heure actuelle, dans les parties privatives (voir les n° 1023 et 1037 du Particu­lier, p. 44 et 50). Pour plus d'efficacité, un décret devrait venir préciser quels sont les professionnels habilités à réaliser ce diagnostic.

Le projet de loi prévoit également que les surfa­ces extérieures supportant les aménagements nécessaires à l'isolation thermique ou acous­tique d'un bâtiment existant seront exclues du calcul de la surface hors-œuvre. De cette façon, l’immeuble dont la surface serait augmentée.

Ne dépasserait pas le coefficient d’occupation des sols et ne se trouverait donc pas en illégalité par rapport aux règles d’urbanisme.

2/ Quelles sont les autres mesures prévues par la loi Grenelle 2 ?

Dans tout immeuble doté d'une installation collective de chauffage, dès lors qu'un DPE collectif  aura été réalisé, le syndic devra inscrire à l'ordre du jour de l'assemblée générale suivante la ques­tion du vote d'un plan de travaux d'économie d'énergie. Il pourra s'agir, par exemple, d'un plan sur 5 ans prévoyant l'isolation de la toiture la première année, le changement des fenêtres la troisième et celui de la chaudière la cinquième année. Le contenu de ce plan de travaux sera précisé ultérieurement par décret ainsi que le calendrier selon lequel il devra être voté. En lieu et place d'un plan de travaux d'écono­mie d'énergie, le syndic l'assemblée générale une résolution sur la signature d'un « contrat de per­formance énergétique » avec un chauffagiste, aux fins de lui fixer des objectifs de consom­mation. Aux termes de ce type de contrat, le chauffagiste choisi accepte de n'être payé que pour la « consommation cible »: tout dépas­sement est donc à sa charge ; en revanche, s'il parvient à consommer moins d'énergie, grâce à une gestion rigoureuse et un bon entretien de l'installation, il empoche une partie de l'écono­mie ainsi réalisée. Pour éviter que le chauffagiste ne sous-chauffe l'immeuble, mieux vaut prévoir aussi une clause de garantie de température.

 

 3/ La copropriété doit-elle engager des actions dès 2010 ?

Les copropriétés n'auront aucune obligation à remplir dans l'immédiat et aucun diagnostic ou travaux à inscrire d'urgence à l'ordre du jour de leur prochaine assemblée générale. Le DPE collectif devra seulement être effectué dans les 5 ans suivant la publication au Journal officiel de la loi Grenelle 2, ce qui laisse du temps pour se préparer. Toutefois, il est préférable d'anticiper sur ces obligations, d'autant que les économies d'énergie sont toujours bonnes à prendre. Pour cela, avant même de lancer un DPE collectif, il faut se pencher sur les consommations énergétiques globales de l'immeuble.

(…)

Pour vous guider sur les informations à demander à votre syndic et vous aider à effectuer ces calculs sans risque d'erreurs, l'Association des responsables de copropriété (ARC) et Foncia ont mis en place, conjointement, un bilan énergétique simplifié (BES) réalisable directement par les copropriétaires. Vous pourrez télécharger les éléments nécessaires à cette étude sur unarc.asso.fr, en inscrivant « Bes »dans la zone de recherche de ce site.

 

4/  Comment réaliser des économies d’énergie sans gros travaux ?

Une fois que vous aurez mené à bien ce bilan énergétique simplifié, avant même de lancer un DPE collectif ou d'entamer des travaux importants d'isolation ou de réfection dé votre installation de chauffage collectif, vous avez tout intérêt à demander à votre chauffagiste actuel d'effectuer quelques réglages, car ils sont susceptibles devons faire réaliser jusqu'à 20 % d'économie d'énergie.

En effet, il est fréquent que le réseau d'adduction d’eau chaude vers les radiateurs soit déséquilibré, c’est-à-dire qu’il délivre un débit excessif à cer­tains radiateurs, qui sont ainsi surchauffés au détriment des autres radiateurs. Dans ce cas de figure, le chauffagiste a souvent le mauvais réflexe d'augmenter la température de la chaudière, alors qu'un rééquilibrage du réseau se révèle plus effi­cace et économique. Toutefois, il faut savoir que c'est une opération délicate, qui nécessite parfois le changement des robinets d'équilibrage en pied de colonnes ou directement sur les radiateurs. Le réseau peut aussi être encrassé ou « emboué » : les chauffagistes appellent « boues » les dépôts liés à l’oxydation intérieure des canalisations et radia­teurs. Dans ce cas, les pompes s'usent plus vite et les radiateurs sont froids en bas, ce qui nécessite de les chauffer davantage. Une analyse de l'eau de chauffage permet de savoir si un désembouage s'impose.

 

Attention : c'est une opération coûteuse (comptez 100 € par radiateur) qui ne s'amortira, grâce aux économies de chauffage qu'elle induira, que sur plusieurs années. Autre action à entreprendre: assurer un bon calorifugeage du réseau, en isolant, par des manchons, les canalisations situées dans les endroits froids (caves, parking, etc.) : d'un coût très abordable (20 € par mètre de canalisation calorifuge), cette opération peut faire baisser la facture de chauffage de 5 à 10 %.

Veillez aussi à ce que votre chauffagiste respecte bien la température garantie dans son contrat Celui-ci peut indiquer, par exemple, une température de 19 °C dans la journée et de 17 °C la nuit: tout dépassement d'un degré se traduit par une hausse de 7 % de la consommation. « Vérifiez enfin que votre eau chaude sanitaire n'est chauffée à 60 ° qu'une heure par jour seulement ( qui est suffisant pour lutter contre les bactéries responsables de la légionellose), car il arrive que les chauffagistes préfèrent chauffer plus, quitte dépenser plus d'énergie, plutôt que de nettoyer une fois par mois, les ballons d'eau chaude », note Bruno Dhont, directeur de l'ARC. Une fois tous ces points vérifiés et réglés, vous constaterait très vraisemblablement, que votre immeuble est loin de se conformer aux objectifs du Grenelle 2. Pour aller plus loin, il faut alors faire effectuer un audit thermique du bâtiment.

5/  Comment faire réaliser un audit thermique ?

La réalisation d'un audit thermique, similaire ; diagnostic de performance énergétique collée qui va bientôt être imposé par la loi Grenelle 2, permet de connaître non seulement les dysfonctionnements de l'installation de chauffage et  production d'eau chaude sanitaire, mais aussi d'identifier toutes les zones de l'immeuble où situent les principales déperditions de chaleur (« ponts thermiques »). Un audit thermique digne de ce nom comporte aussi des préconisations s les travaux d'économie d'énergie à entreprend prioritairement : travaux d'isolation, de ventilation, de rénovation de la chaufferie. Ce sont des bureaux d'études thermiques qui réalisent ces audits. Il faut, par exemple, prévoir entre 3 000 et 5 000 € pour l'audit d'une copropriété de 50 lots. Pour trouver les coordonnées des bureaux d'études, vous pouvez vous adresser à un Espace Info-énergie. Ces espaces, financés par l'Ademe, donnent des conseils gratuits et indépendants. À Paris, il existe des Espaces Info-énergie spécifiques aux copropriétés.

6/  En général, quels sont les travaux à effectuer en priorité ?

 

L’audit thermique correctement établi per­met de savoir quels sont les travaux prioritaires à réaliser. De manière générale, il est préféra­ble d'isoler la toiture, si ce n'est pas déjà fait. L'isolation des toitures-terrasses s'effectue parle dessus : la couche d'isolant est recouverte d'un revêtement d'étanchéité goudronné, protégé à son tour par un lit de gravillons.

 

Vérifiez que la résistance thermique de l'isolant est suffisante (R au moins égal à 3) pour bénéficier du crédit d'impôt développement durable (voir notre Spé­cial Impôts 2010, n° 1045h, p. 196 et suiv.). Il faut compter 200 € par m2 pour l'isolation d'une toiture-terrasse avec réfection de l'étanchéité.

 

Les toitures en pente peuvent, quant à elles, être isolées par l'intérieur avec une couche d’isolant posée entre les chevrons, doublée d'une seconde couche croisée, ou encore avec des rouleaux croisés posés sur le sol s'il s'agit de combles perdus (voir notre hors-série Le Guide des travaux d'économie d'énergie, n° 1035b, p. 6). Dans tous les cas, une épaisseur minimale de 20 cm d'isolant est indispensable. Il est égale­ment conseillé de choisir des matériaux certifiés Acermi ou CSTBat.

 

Une fois la toiture isolée, le plus efficace est de changer les fenêtres, surtout si elles sont en simple vitrage. Pour bénéficier du crédit d'im­pôt, il faut choisir un vitrage aux coefficients de résistance thermique respectivement inférieurs à 1,6 et 1,8 selon que la menuiserie est en PVC ou en aluminium. Mieux vaut remplacer entiè­rement les fenêtres (châssis compris), bien que cela nécessite des travaux de maçonnerie. Autre possibilité : remplacer seulement les ouvrants mais, dans ce cas, la surface vitrée sera moins importante. Il est préférable de choisir un arti­san certifié Qualibat pour effectuer les travaux. Compter 1500 € par fenêtre standard (châssis et main-d'œuvre compris). Attention à bien isoler les coffres des volets roulants en même temps.

7/  Comment aller plus loin et isoler les murs ?

Dans les parties privatives, les murs peuvent être isolés par l'intérieur, mais la décision appartient à chaque copropriétaire. Les panneaux isolants sont alors directement collés sur le mur ou bien posés sur des tasseaux. Avec deux problèmes à la clef: la surface habitable diminue et la décoration intérieure est alors à refaire. Il faut compter 100€ par mètre carré de revêtement isolant (pose comprise). Quand c'est possible, il est préférable d'isoler par l'extérieur pour supprimer les ponts thermiques au niveau des murs de refend et des planchers. Plusieurs méthodes existent : le matériau isolant peut être recouvert d'un enduit mince ; où bien être fixé sur une ossa­ture accrochée au mur puis être recouvert d'un bardage (ardoise, tuiles...). Dans les deux cas, il faut compter entre 100 et 150 € par mètre carré. Malheureusement, l’isolation par l'extérieur n'est pas réalisable sur tous les bâtiments, notamment ceux dont la façade est en pierre de taille.

8/  Quelles solutions pour financer les travaux ?

Les fédérations professionnelles du bâtiment ont estimé à 600 milliards d'euros le montant des travaux à entreprendre dans le parc immobilier français pour respecter l'objectif de consom­mation énergétique de 160 kWh/m2/an fixé pour 2020 par la loi Grenelle 1. Un montant colossal, dont les copropriétaires auront le plus grand mal à financer leur quote-part, quand on sait que le chantier de la mise aux normes de sécurité des ascenseurs, dans lequel nombre de copropriétés ont tardé à s'engager pour des raisons notamment budgétaires) ne représente « que » 8 milliards d'euros sur 15 ans ! Cela dit, plusieurs solutions existent pour financer les tra­vaux d'économie d'énergie : la copropriété peut, tout d'abord, créer, par un vote à la majorité de l'article 25, un fonds travaux alimenté par des appels de fonds auprès des copropriétaires, Généralement, les fonds versés doivent pouvoir être restitués au copropriétaire lors de la vente de son lot.  L’Association des responsables de Copropriété (ARC) conseille donc de voter une résolution précisant que les sommes appelées au titre de ce fonds travaux sont considérées comme des provisions et non des avances.

Les provisions restant acquises au lot, le copropriétaire vendeur ne pourra en récu­pérer le montant qu'en augmentant d'autant son prix de vente.

(…)

Par ailleurs, les copropriétaires peuvent bénéficia du crédit d'impôt développement durable (voir notre Spécial Impôts 2010, n° 1045h, p. 196 et suivantes). Mais ce crédit d'impôt (de 15 à 50 % selon les équipements) ne porte pas sur la main-d'œuvre (sauf pour les parois opaques). Enfin, l'Agence nationale d'amélioration de l'habitat (Anah) dis­tribue des éco-subventions mais avec des condi­tions de ressources draconiennes : par exemple, les revenus d'un couple avec deux enfants ne doivent pas excéder 33 000 € en Île-de-France.

9/  Comment adapter l’éco-PTZ à la copropriété ?

Le dispositif, issu des accords du Grenelle de l'environnement et retranscrit dans la loi de finances pour 2009 (n° 2008-1425), permet à un propriétaire d'emprunter à taux zéro une somme maximale de 30000 €, à rembourser sur 10 ans, à la condition d'effectuer un « bouquet » de travaux, comme, par exemple, le changement delà chaudière couplé avec l'isolation delà toiture et/ou le changement des fenêtres (voir le n° 1038 du Particulier, p.. 52). Ce dispositif,qui commence à être bien rodé pour les maisons individuelles, s'applique aussi, en théorie, aux copropriétés, Mais il se heurte alors à plusieurs écueils.

(…)

Les associations représentant les copropriétaires demandent donc au gouvernement d'adapter l'éco-PTZ sur l'ensemble de ces points pour le rendre utilisable en copropriété'. Elles demandent, notamment, que les versements du prêt à taux zéro puissent être débloqués progressivement en fonction  des travaux réalisés et que les copropriétés se voient accorder plus de .2 ans pour terminer les travaux. Enfin, les associations souhaitent obtenir l'assurance que la banque se retournera bien contre les seuls copropriétaires ne payant pas leurs échéances et non contre le syndicat.

10/  Comment mener à bien un plan de travaux d’économie d’énergie ?

Pour élaborer un plan de travaux conforme à la loi Grenelle 2, il faut d'abord faire réaliser un audit par un bureau d'études thermiques listant les travaux à prévoir avec un ordre de priorité. «Nous conseillons toujours aux copropriétés de réaliser leurs travaux d'isolation avant de changer la chaudière, par exemple, car une fois le bâtiment isolé l'immeuble aura besoin d'une chaudière moins puissante », rappelle Dominique Céna, président de CICF-construction, qui fédère les bureaux d'études thermiques. Ensuite, il faudra voter les travaux en assemblée générale. Changer une chaudière vétusté se vote à la majorité de l'article 24 (majorité des présents et représentés à l'AG). En revanche, les autres travaux d'économie

d'énergie sur les parties communes sont décidés à la majorité de l'article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires présents, représentés ou absents à l'assemblée générale).

La loi Grenelle 2 prévoit, par ailleurs, que les travaux d'économie d'énergie à entreprendre sur les parties privatives d'intérêt commun (telles fenêtres ou volets) pourront être votés à la majorité de l'article 25, et non plus à l’unanimité. Une fois tous ces travaux réalisés, il  faudra que les copropriétés aient les moyens de s'assurer qu'elles sont bien parvenues à l'objectif fixé parles lois Grenelle 1 et 2, à savoir 160 kWh/m2/an. Pour les y aider, les pouvoirs publics seraient bien inspirés d'imposer aux entre­ prises une garantie de résultat pour leurs travaux de rénovation thermique. Voilà qui pourrait être le prochain chantier auquel devront s'attaquer les acteurs du Grenelle.

            Nathalie coulaud ».

 

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