Une
revue spécialisée dans le problème des économies
d’énergie et du développement durable (Le guide
pratique de la Maison
Positive – N°5 Mars 2009) est
tombée amoureuse de notre guide :
« Copropriété :
le temps des économies d’énergie et du développement
durable ».
À
tel point qu’elle a procédé à un résumé complet
et assez long de cet ouvrage.
Nous
livrons ce résumé aux paresseux. Mais à ceux qui
veulent aller plus loin et pouvoir profiter des
moyens étudiés dans ce guide pour économiser l’énergie,
nous conseillons plutôt d’acheter ce guide bon
marché (18 € pour 349 pages) et de le déguster
à la petite cuillère.
Voici
quand même le long résumé élaboré par la revue :
« Copropriétés : la galère des économies d’énergie
Ce sont les plus mauvais élèves de l'habitat
! Alors que la consommation finale d'énergie est
en moyenne de 180 kWh/m2 an pour les
HLM, elle est de 260 kWh/m2 par an
dans les copropriétés. Le chemin va être très,
très dur et onéreux pour atteindre les objectifs
fixés par le Grenelle de l'Environnement...
44 % de consommation d'énergie en plus
par rapport à un logement social ! Parmi les 7,5
millions de logements en copropriété, 80 % sont
antérieurs à 1975 et ne respectent aucune norme
thermique. Mais cet état de fait est désormais
terminé. Avec l'application du Grenelle, les logements
anciens en copropriété doivent descendre à 220
kWh/m2 par an en 2012, soit une baisse
de 40 kWh/m2 par an. Puis, atteindre
les 160 kWh/m2 par an, ce qui représente
une baisse de la consommation de 38 % avant 2020.
Tandis que l'objectif pour 2050 -50 kWh/m2
par an- est de moins 80 % !
Pour les copropriétaires qui ont vécu,
difficilement, la rénovation de leurs ascenseurs
- un marché global de 8 milliards d'euros de travaux
sur 15 ans - le coût global de la rénovation thermique
devrait, lui, être 100 fois supérieur : de 600
à 800 milliards d'euros ! On évoque les 20 000
euros en moyenne par appartement.
Des chiffres qui donnent le tournis !
Il faut les rapprocher de l'augmentation du coût
de l'énergie. Si elle est de 15 % par an, pour
un logement de 65
m2, la facture
de chauffage qui était de 550 euros en 2007, atteindra
les 1100 euros en 2012.
Un exemple concret
C’est à Grenoble,
dans une copropriété de 34 logements sur 9 étages
construite en 1954. Les 2 600
m2 équipés
de chauffage individuel gaz et électricité atteignaient
une consommation de 347 008 kWh par an.
Après l’isolation par l’extérieur des façades
nord et sud, avec 8
cm de polystyrène et un
ravalement pour un coût de 189 000 euros
TTC (dont 66 000 pour l’isolation), la
consommation d’énergie a baissé de 37 % (127 442
kWh par an), les rejets de CO2 ont été réduits
de 25 234 kg par
an et l’économie moyenne de charge par logement
et de 290 euros.
L’ARC
L'Association des Responsables de Copropriété
(ARC), première association de syndics bénévoles,
représente 12 000 immeubles en France. Elle a
participé activement aux travaux des commissions
sur l'habitat privé dans le cadre du Grenelle
II avec de nombreuses propositions parmi lesquelles :
-
Créer un statut spécifique pour les fenêtres qui seraient
classées comme "partie privative
d'intérêt commun" lorsqu'il s'agit de
travaux d'isolation, dans les copropriétés avec
chauffage collectif.
-
Imposer l'entretien obligatoire des chaudières.
-
Publier les classements DPE dans les annonces immobilières
de vente ou de location...
Elle entend maintenant livrer bataille
sur l'énergie et le développement durable, autant
pour des raisons écologiques qu'économiques,
car elle estime que "les
coûts de l'énergie et de l'eau vont rapidement
devenir intolérables pour un nombre croissant
de copropriétaires".
Fort de son expérience, L'ARC vient de
publier le livre "Copropriété
; le temps des économies d'énergie et du développement
durable " qui permet de dresser le bilan
et de trouver les solutions pratiques adaptées
aux fonctionnements très particuliers des copropriétés.
Ça
coince !
Suite à une enquête auprès des professionnels
et des copropriétaires, de multiples blocages
ont été révélés :
Surconsommation
et désintérêt :
1)
Un constat de surchauffe. Les personnes âgées demandent
22/23°. Les syndics et chauffagistes "poussent les fourneaux" pour ne pas être trop souvent sollicités.
Et pour la régulation, on ouvre les fenêtres plutôt
qu'on ferme les radiateurs...
2)
Le chauffage est considéré comme une charge parmi d'autres.
Il ne suscite donc pas beaucoup d'intérêt.
3)
Les inquiétudes pour le chauffage sont surtout liées
aux risques de panne plutôt qu'à l'abaissement
des charges.
4)
Faible sensibilité des copropriétaires à l'environnement.
5)
De nombreuses priorités passent avant : travaux d'urgence,
entretien courant, éléments visibles (cage d'escalier)
et travaux obligatoires (ascenseur).
Individualisme
et méfiance :
1)
Nombreux désaccords entre copropriétaires sur les
niveaux de températures acceptables, entre personnes
âgées et jeunes, entre retraités, Inactifs et
actifs.
2)
Intérêts divergents pour engager des gros travaux liés
au chauffage. Les propriétaires bailleurs ne veulent
pas faire de frais sans augmenter les loyers,
car c'est le locataire qui bénéficiera de la baisse
des charges. Divergence aussi pour les propriétaires
occupants, entre ceux qui veulent vendre et ceux
qui restent, sur l'intérêt de réaliser des travaux.
3)
Situations financières différentes des copropriétaires.
4)
Manque de solidarité entre celui qui ne vit pas sous
les combles au nord et qui donc ne veut pas isoler
les pignons nord et les combles...
S'ajoutent
un fatalisme des syndics, des manques de confiance,
de clarté, de compétence, entre professionnels,
exploitants de chauffage, syndics, architectes...
Les
dispositions pour économiser.
42 % des copropriétés sont en chauffage
collectif. Mais plus l'immeuble comporte de logements,
plus il a recours au chauffage collectif : à 80
% pour les immeubles supérieurs à 100 logements,
à 60% de 30 à 99 logements, et 32% pour les moins
de 30 logements. Quand le problème des économies
d'énergie se pose, les moyens se limitent à ce
qui coûte le moins cher, avec une préférence pour
l'individualisation. Les principales dispositions
prises sont la renégociation du contrat avec l'exploitant
du chauffage, l'amélioration de la régulation
de la température, la baisse de la température,
le désembouage et la
vérification de l'équilibrage des tuyauteries,
le changement du brûleur, l'individualisation
des charges avec répartiteur. Mais la volonté
d'individualisation du chauffage se heurte souvent
à des difficultés d'ordre juridique, car elle
requiert l'unanimité de vote.
Les
travaux sur les parties communes.
Les problèmes sont d'ordre financier
et juridique, car les investissements sont lourds
et rentables qu'à long terme (notamment l'isolation),
alors que les obligations de travaux sont de plus
en plus nombreuses (ascenseur, amiante, plomb...).
Juridiquement, les règles de vote sont
peu favorables aux gros travaux. Il n'y a pas
de possibilité de résolution collective sur les
fenêtres qui restent privatives, pas non plus
de possibilité légale du contrôle des travaux
faits individuellement par les propriétaires dans
leurs appartements. Et le processus de décision
est très lent.
Comptage.
Pour qu'une logique d'économie d'énergie
fonctionne, une des étapes préalables est la mise
en place d'appareils de mesure et de gestion individuelle
des consommations. Car, on apprend ainsi que le
problème N° 1 est le relevé effectif des compteurs
d'eau froide et chaude. Entre l'absence des habitants
et la falsification des déclarations, l'application
des forfaits par le syndic est sur ou sous-évaluée.
Autre
surprise : les compteurs s'usent et, avant de se bloquer, sous-comptent.
Quand, en Allemagne, les compteurs d'eau
froide sont changés tous les cinq ans, tous les
sept ans pour l'eau chaude, rien de tel en France.
Pourtant, si les données des compteurs individuels
sont faussées, le compteur général, lui, est contrôlé
par la compagnie des eaux locale, il est donc
juste... Les différences constatées se trouvent
affectées en charges générales qui ne cessent
d'augmenter. Alors que certains propriétaires
pensent qu'ils consomment moins, la réalité est
tout autre !
Chauffage.
L'ouvrage analyse les différents éléments
existants dans une copropriété et propose de façon
très détaillée des solutions pour améliorer les
performances et la gestion des installations.
Pour le chauffage et l'eau chaude, il
donne les clefs de la renégociation des contrats,
les problèmes particuliers de l'électricité, l'individualisation
des frais de chauffage et même de la suppression
du chauffage collectif pour des modes de production
d'énergie individuels, il s'attache ensuite à
expliquer le fonctionnement d'un chauffage urbain
et même à en faire baisser le prix, car les éléments
de la facturation sont extrêmement complexes.
Ils ne prennent pas en compte les seuls
mégawatts heures relevés sur un compteur, mais
des prix fixes et variables composés du coût du
combustible (mais il peut y avoir différentes
énergies sur le même réseau), du rendement annoncé
par le fournisseur, du pouvoir calorifique, de
l'exploitation et l'entretien du réseau. Devant
cette complexité, entretenue à dessein, les copropriétés
mesurent une incapacité de contrôle fort dommageable.
Parmi les abus les plus fréquents, une
puissance d'installation souscrite surévaluée,
une surface habitable fausse, ou un prix de l'eau
chaude forfaitaire et non pas au kWh consommé.
On trouvera aussi différents conseils pour améliorer
l'isolation depuis les fenêtres jusqu'aux toits.
À noter que l'isolation extérieure des parois
n'est pas simple dans les immeubles anciens, car
certains matériaux imperméables à la vapeur peuvent
accentuer les problèmes d'humidité, quand les
logements sont dépourvus de ventilation mécanique.
Les
énergies renouvelables en copropriété.
Le
chauffe-eau solaire.
II peut être installé sur le toit et
limité à quelques propriétaires habitants au dernier
étage avec un usage en eau chaude sanitaire et
en chauffage. Pour un usage collectif, bien souvent
la surface de toiture disponible ne permet d'envisager
que de chauffer l'eau sanitaire. Les besoins en
chauffage sont beaucoup trop importante
par rapport à la surface de capteurs disponibles.
Pour rassurer les propriétaires, le dispositif
"Garantie
des Résultats Solaires (GRS)" lie les
différents professionnels de ce type d'équipement
avec la copropriété et s'engage sur une production
solaire garantie à 90% des prévisions.
Dans certaines régions, la GRS est imposée pour obtenir
des aides publiques. Différentes aides sont accordées
aux installations collectives provenant de l'Ademe,
des régions ou dans le cadre du plan national
"face sud" qui doit permettre l'installation de 200 000 chauffe-eau
solaires et 50 000 toits solaires par an, à partir
de 2010. Avec les aides, le temps de retour sur
investissement (lié à l'énergie d'appoint utilisé)
se situe entre 5 et 9 ans.
Le
solaire photovoltaïque.
Dans le cadre d'une copropriété, deux
voies sont ouvertes :
-
La production d'électricité. Mais elle semble se heurter
aux écueils de la prise de décision, au financement
de l'investissement par des prêts et à la gestion
de ces prêts, dont le remboursement est obtenu
par la vente de l'électricité.
-
La location de la toiture. Elle permet de percevoir
un revenu sans être responsable de l'investissement
et des charges d'entretien. Moins rentable économiquement
que la production d'électricité, cette démarche
intéresse les exploitants surtout pour de grandes
surfaces de toit.
Les
pompes à chaleur.
Elles offrent de belles perspectives
dans la construction de logements neufs, avec
des études thermiques précises. Dans l'ancien,
les captages horizontaux nécessitent de grandes
surfaces de terrain et les captages verticaux
par forage sont onéreux à moins d'atteindre rapidement
une nappe phréatique (soumis à autorisation).
Les pompes à chaleur peuvent s'installer en source
complémentaire et éviter ainsi de remplacer une
chaudière (système bivalent) ou en source d'énergie
principale (monovalent) dans le cas d'une intégration
dès la conception du bâtiment. II existe aussi
une gamme de pompes à chaleur air/air et air/eau
qui sont le plus fréquemment installées en copropriété,
en solution individuelle. Les deux points majeurs
à surveiller sont alors le bruit émis par le bloc
technique posé en extérieur, et l'apparence de
l'immeuble qui voit proliférer des caissons métalliques
de belle taille en façade.
Les
économies d'électricité.
Consommations diversifiées (minuterie
d'ascenseur, chaufferie, ventilation mécanique,
portes, éclairage de parking souterrain, loges
de gardien...), croissantes et réparties en multiples
contrats et compteurs plus forcément adaptés,
avec, très souvent des puissances surdimensionnées.
Comme bien d'autres points, la maîtrise des économies
d'énergie passe par un état des lieux et une renégociation
des contrats. Pour l'éclairage des parties communes,
minuteurs et détecteurs de présence s'imposent,
mais pas les ampoules à basse consommation qui
ne sont pas adaptées aux allumages fréquents.
Elles le sont par contre pour les garages et jardins.
Les
aspects financiers.
On l'a vu précédemment, le budget de
la rénovation thermique est estimé à 20 000 euros
en moyenne par logements. Pour financer de tels
investissements, les copropriétaires bénéficient
des aides personnelles classiques (crédit d'impôt
pour travaux d'économie d'énergie), les prêts
personnels (PEL, 1 % logement, prêt Pass-travaux,
prêt d'accession sociale, prêt à l'amélioration
de l'habitat, prêt conventionné et le tout nouveau
"Prêt
à taux zéro").
Ils disposent aussi des prêts "verts" dans le cadre du Livret de
Développement Durable (LDD - Voir Guide Pratique
de la Maison Positive N°
4). Mais d'autres moyens de financement se mettent
en place, avec le rôle actif des banques qui font
de plus en plus souvent l'acquisition de syndics
de copropriétés- II s'agît des prêts collectifs,
soit à adhésion individuelle facultative, soit
à adhésion obligatoire. Ces derniers présentent
l'énorme avantage d'être des "facilitateurs
de décisions de travaux", car ils
permettent de contourner les problèmes de la prise
de décision, du vote des gros travaux par l'ensemble
des copropriétaires et du recouvrement des quotes-parts
et des impayés.
II suffit de faire voter en assemblée
générale un prêt qui correspond au montant des
travaux, ce qui permet de réunir tout de suite
la somme nécessaire à la commande. Si les intérêts
du syndic sont bien vite compris (décision facilitée,
sommes placée chez lui, honoraires de gestion
du prêt), il n'en va pas de même pour les copropriétaires
qui s'exposent aux risques, avec des frais financiers
élevés et une solidarité obligatoire des copropriétaires
en cas d'impayés de certains. L'une des solutions
préconisées par l'Association des Responsables
de Copropriétés est la mise en place d'une épargne
collective préalable obligatoire, comme c'est
le cas au Québec où 5 % minimum du montant annuel
des charges doit être épargné.
Voir
grand !
Les auteurs du livre mettent en avant
deux grands principes pour mener à bien une stratégie
de développement durable en copropriété :
1)
Voir grand ! Il faut être radical et ambitieux pour
passer de 260 à 50 kWh/m2 par an en quarante ans.
Il faut agir sur l'isolation, la ventilation et
l'installation d'énergies renouvelables.
2)
Ne pas manger son pain blanc ! Ne pas faire les travaux
les plus simples en premier ! Par exemple, refaire
l'isolation avant de changer la chaudière, c'est
rester 20 ans avec une chaudière surdimensionnée.
Ils proposent une méthodologie de travail,
avec un ordre précis, la mise en place de tableaux
de bords, d'un "écoplan",
l'amélioration continue des installations et l'entrée
des énergies renouvelables ».
Pour
concilier économie et écologie, l'association
incite les copropriétaires à créer des "écosyndicats", qui s'attacheront
à suivre tout autant les charges classiques d'un
immeuble que des éléments écologiques comme le
tri des déchets, la récupération des eaux de pluie
et, bien sûr, l'intégration des énergies renouvelables.
À
lire : « Copropriété : Le temps des économies d'énergie et du développement durable ».
Edité par ARC-Vuibert.