Nous
ne résistons pas au plaisir de publier de larges extraits
d’une interview accordée par le Président de l’ANAH,
Philippe PELLETIER et concernant les économies d’énergie
en copropriété.
Nous
constatons que les idées de l’ARC - qualifiées il n’y
a pas si longtemps d’utopiques par certains, voire d’infaisables
- font aujourd’hui école ; c’est bien.
Voici
l’interview (Le MONDE du 21 octobre 2007).
« Il faudra diviser
la consommation énergétique par quatre d’ici à 2050
PHILIPPE Pelletier est avocat, président de
l'Agence nationale de l'habitat, et auteur du rapport
« Amélioration énergétique du parc de logements existants
», préparatoire au Grenelle de l'environnement lancé
par le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo. Une vingtaine de mesures devraient
être annoncées.
Que peut faire une copropriété pour améliorer
sa performance énergétique ?
Cette amélioration est une nécessité, car la consommation énergétique
moyenne du parc actuel de logements est estimée entre
250 et 260 kilowattheures par mètre carré et par an.
Il faudrait arriver à la diviser par quatre d'ici à
2050. Mais il y a urgence à agir pour les ménages les
plus fragilisés, concernés par le « mal-logement » :
habitat dégradé et « passoires thermiques ». Des économies
sont possibles : traitements de l'enveloppe du bâtiment
et des équipements, rationalisation de la fourniture
de chauffage collectif... Toute rénovation passe par
le diagnostic préalable des performances énergétiques
de l'immeuble : programme de travaux adaptés, échéancier
d'intervention, plan de provisions spéciales travaux.
Différentes règles d'ordre public régissent les relations
entre propriétaires et locataires,qui influent sur l'intérêt
qu'un copropriétaire aura à supporter un investissement.
Faut-il changer la loi pour le permettre ?
L'inadaptation de la loi de 1965 participe
de la déshérence de copropriétés confrontées à l'insolvabilité
des copropriétaires ou à l'impossibilité de décider
certains travaux. Des améliorations ont été apportées
par les lois des 13 décembre 2000 et 13 juillet 2006
: assouplissement de la majorité pour certains travaux,
licéité des accords collectifs de location portant
sur le développement durable. Cependant, des blocages
subsistent. Notre rapport propose de lever les freins
juridiques, techniques et économiques.
Il s'agit de sécuriser les décisions de l'assemblée
générale, faciliter l'accès aux parties privatives.
Il faut créer un livret « développement durable »,
favoriser la constitution de provisions affectées aux
travaux d'amélioration énergétique et de les attacher
aux lots de la copropriété, et enfin adapter la distinction
entre parties communes et parties privatives.
Comment aider les copropriétés ?
Nous proposons un diagnostic de performance
énergétique de l'immeuble, « DPE bâtiments collectifs
», à systématiser à partir de 2012.
L'assistance technique ou financière
pour conduire des travaux doit être favorisée, surtout
en cas de chauffage collectif. La constitution de réserves
financières qui appartiennent à l'immeuble, non aux
copropriétaires, permettra de pérenniser les provisions
lors des ventes. La création d'un livret « développement
durable » déplafonné dédié aux copropriétés permettra
de constituer une épargne défiscalisée et de financer
des projets de développement durable.
Mais
lutter contre la précarité énergétique requiert des
aides spécifiques pour les ménages modestes et les
copropriétés dégradées. C'est le cœur de mission de
l'Agence nationale de l'habitat. Ses modalités d'intervention
sont en cours d'adaptation, dans le cadre notamment
des opérations programmées d'amélioration de l'habitat
(OPAH) à volet énergétique qui vont se développer ».
Voilà
quelques pistes. Si vous lisez les « 14 propositions de l’ARC » pour
favoriser les économies d’énergie, vous retrouverez
certaines d’entre elles.
Disons
que certaines de nos idées ont fait du chemin…