Nos
adhérents nous adresse à nouveau des courriers en nous
disant :
« Comment échapper aux contrats-termites imposés
sans vote d’assemblée générale ? Nos syndics ne veulent
rien savoir. Ils se moquent des réponses ministérielles
et des jurisprudences. Que faire ? Que répondre ? ».
Nous
allons donner ci-dessous deux documents :
- un argumentaire de
syndic répondant aux arguments de l’ARC ;
- la contre-réponse
de l’ARC à ces contre-arguments.
Mais
si, la vie est un long fleuve tranquille… Mais si.
I-
La lettre d’ORALIA :
Paris, le
29 Octobre 2007
Monsieur,
Nous accusons réception de votre courrier recommandé en date du 5 octobre
et reçu le 8 octobre 2007 qui a retenu toute notre attention.
Nous ne sommes pas en contradiction avec l'extrait du bulletin de l’ARC
ainsi qu'avec
l'arrêt de la cour de Cassation accompagnée de la réponse
ministérielle.
Nous confirmons leur position. Néanmoins plusieurs textes réglementaires
viennent en contradiction.
La loi n0 99-471 du 8 juin 1999 tendant à protéger les acquéreurs
et propriétaires d'immeubles contre les termites et
autres insectes stipule dans son article 2 « Dès qu'il
a connaissance de la présence de termites dans un immeuble
bâti ou non bâti, le syndicat des copropriétaires de
l'immeuble contaminé en fait la déclaration en mairie-
La déclaration incombe au syndicat des copropriétaires
en ce qui concerne les parties communes des immeubles
soumis aux dispositions de la
Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant
le statut de la copropriété des immeubles bâtis. ».
Dans la mesure où cette déclaration termites ne serait pas effectuée,
et que les immeubles mitoyens seraient infestés, la
responsabilité du syndicat des copropriétaires et du
syndic pourrait être engagée (nomination d'Expert, etc...),
En conséquence, le syndic ne peut avoir connaissance des termites que
s'il fait une recherche termites.
D'autre part, le règlement sanitaire du département de Paris, Arrêté n°
82-104687 du 4 juin 1982 précise que toutes les précautions
de surveillance et d'entretien doivent être prises pour
prévenir l’infestation par les termites,
Nous attirons votre attention sur le fait que les dommages causés par
les termites ne sont pas couverts par les assurances.
Considérant la nécessité d'éviter la propagation des termites, le contrôle termites annuel permet la
mise en place d'une mesure de surveillance préventive.
En conséquence, le syndic a un devoir de surveillance et d'entretien.
Compte tenu de tous ces éléments, nous vous informons que nous ne pouvons
pas donner suite à votre demande.
Nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de nos salutations dévouées ».
II-
la réponse de l’ARC :
« ORALIA
Griffaton & Montreuil
Madame
Hélène AUFFRET
129, rue de l’Université
75343 PARIS CEDEX 07
Paris, le 8 Novembre 2007
|
V/Réf : …………
Imm : ……….. PARIS.
Madame,
Nos adhérents collectifs du syndicat des
copropriétaires référencé nous ont transmis votre réponse
concernant le « contrat termites » que vous
avez conclu sans autorisation de l’assemblée générale
et dont ils vous demandent à juste titre le remboursement.
À notre tour nous nous permettons de vous
apporter notre éclairage juridique.
1.
Le fait que la loi oblige le syndic à signaler toute
présence de termites dès que ceux-ci ont été repérés
ne peut pas signifier que le syndic soit autorisé à
procéder de son propre chef à la recherche des
termites.
Cela veut tout
simplement dire ce que cela veut dire, à savoir que
le syndic a une obligation d’alerte dès lors que lui-même
est informé de la présence de termites.
À noter, d’ailleurs,
que cette information peut provenir elle-même des acquéreurs
qui « bénéficient » d’un état parasitaire
sur partie privative.
Votre lecture
de la loi est donc NON-CONFORME.
2.
Les obligations du règlement sanitaire ne vise pas la recherche mais la prévention (« précautions »).
Un syndic qui
voudrait vraiment respecter la lettre et l’esprit
du règlement sanitaire doit se préoccuper :
-
de vérifier que les sous-sols ne sont pas humides ;
-
d’empêcher tout stockage de matériaux cellulosiques.
L’avez-vous
fait ? Si oui, c’est très bien et justifiera votre
respect du règlement sinon…
3.
Autre question : avez-vous interrogé - comme le
font nos adhérents syndics bénévoles - les services
de la Ville de Paris pour savoir
si des immeubles voisins sont ou non contaminés ?
Si oui, alors
il vous faut agir en conséquence (exemple : soumettre
une expertise au vote de l’assemblée générale). Sinon…
Conclusion :
1)
La loi n’oblige
nullement à faire une recherche sur parties communes
(d’ailleurs souvent inutile du fait de l’absence de
pénétration dans les caves).
2)
Mieux :
elle prévoit désormais explicitement qu’il n’y a aucune
obligation.
3)
Les dispositions
visées par le règlement sanitaire visent des mesures
préventives et nullement des « observations »
incomplètes (voir plus bas).
4)
En tout état
de cause il vous appartient - si vous le souhaitez -
de proposer au syndicat la signature d’un contrat ;
le syndicat, lui seul, peut ou non décider d’y souscrire.
Vous voudrez bien, en conséquence, annuler
la facture correspondante et soumettre au vote de l’assemblée
générale ce contrat.
Pour finir nous voudrions préciser ceci :
nous ne sommes pas assez « inconscients »
pour permettre qu’une copropriété (de surcroît adhérente)
se laisse envahir sournoisement par les termites.
Notre position « hyper légaliste »
tient à ceci :
a)
les chercheurs de termites avec qui vous passez des
contrats sont très souvent incompétents et certains
n’ont même jamais vu de termites de leur vie ;
b)
les visites sont 99 fois sur 100 faites en dépit du
bon sens, les caves n’étant pas visitées intégralement.
Conséquence : les
copropriétaires payent un service souvent inexistant,
alors que - peut-être - pendant ce temps les termites
font leur œuvre.
Certes, VOUS aurez assuré votre sécurité juridique aux frais de
vos clients, mais EUX ne sont pas assurés
d’être à l’abri de ces parasites. Vous répondrez :
la société prestataire est assurée,etc.
À quoi nous répondrons que les assurances
ne jouent QUE judiciairement et à l’issu d’un long et
aléatoire procès qui ne dispensera pas les copropriétaires
de faire face aux frais de ce sinistre (et de payer
en plus des honoraires considérables d’avocat, d’expertise,
etc).
La solution ? Nous vous la rappelons :
a)
vérifier auprès
des services de la
Ville ce qu’il en est de la progression
éventuelle des termites dans le quartier ;
b) informer les
copropriétaires des précautions à prendre ;
c)
inciter les
copropriétaires à examiner eux-mêmes - systématiquement
- la présence ou non de cordonnets de terre en sous-sols ;
d)
en dernier
ressort leur proposer de faire procéder à un examen
parasitaire par un vrai spécialiste.
Voilà ce qu’il faut faire et voilà pourquoi
nous ne pouvons laisser imposer une facture illégale
dont le but essentiel est de satisfaire votre exigence
de sécurité… judiciaire de syndic.
Recevez, Madame, l’assurance de nos salutations
distinguées.
Bruno DHONT
Le Directeur ».
Voilà.
Vous avez maintenant tout en main pour résister aux
factures intempestives et aux contrats non votés.