Tous
ceux qui sont intéressés par les difficultés
en matière de rénovation énergétique
des copropriétés seront sans doute aussi
intéressés par les deux articles qui
suivent :
1.
Une présentation très pessimiste (mais
réaliste) de la situation par le site
UNIVERSIMMO.
2.
Une réponse de l’ARC en forme de rappel
des conditions indispensables à mettre
en place pour sortir de la relative
impasse où nous sommes.
I. Article d’UNIVERSIMMO
Si
le gouvernement est sûr de gagner son
pari concernant la construction neuve,
où le coût de mise en œuvre des objectifs
de performance énergétique - 15-20%
de surcoûts de construction dit-on -
sera dilué dans celui du foncier et
en fin de compte pris en charge par
les acquéreurs, l'atteinte des objectifs
du Grenelle de l'environnement est plus
problématique dans le bâtiment existant,
et plus particulièrement dans le parc
résidentiel des maisons et immeubles
privés. A preuve le décollage raté de
l'Eco-prêt à taux zéro (Eco-PTZ), qui
n'a concerné pour le moment que la maison
individuelle et les propriétaires plutôt
aisés, et qui révèle en creux les multiples
difficultés du passage à l'acte...
Méconnaissance de la performance thermique
actuelle
Premier
obstacle dans la réflexion des propriétaires
quant aux économies d'énergie envisageables,
la connaissance des différents coûts
énergétiques - chauffage, eau chaude,
éclairage - et leur appréciation : fondus
dans des factures souvent globales,
notamment d'électricité, pour les propriétaires
de maisons, dans un relevé de charges
de copropriété pour les propriétaires
d'appartements, il faut souvent un travail
d'analyse "pointue" pour faire
la part des différents postes et les
situer par rapport à ce qu'ils pourraient
être par rapport au type de construction,
permettant ainsi d'estimer les gains
qui pourraient être réalisés.
Pour
les maisons, le diagnostic de performance énergétique (DPE) pourrait être
un outil. C'est un état des lieux des
caractéristiques thermiques du logement,
et il met en exergue les points faibles
du logement et préconise une liste de
travaux d’amélioration utiles pour remédier
aux défaillances thermiques. Le résultat,
exprimé en kWh d’énergie primaire par
mètre carré et par an, apparait sur
une échelle graduée allant de l'étiquette
énergie A (mois de 50 kwhep/m2.an) à l'étiquette G (> 450). Actuellement, en
France, la consommation moyenne des
logements se situe autour de 240 kwhep/m2.an, ce qui correspond à une étiquette E.
Obligatoire lors d’une vente, il doit être effectué par un professionnel certifié.
Hors ce contexte, il représente un coût,
et les propriétaires n'y pensent pas
spontanément. De plus, ses résultats
peuvent s'avérer décevants ou imprécis
: la disponibilité des informations
précises sur les consommations n'est
que rarement assurée, et les calculs
sont effectués à partir de modèles plus
ou moins adaptés aux types constructifs
auxquels on les applique...
Pour
les copropriétés,
c'est encore pire : un travail d'analyse
doit être effectué sur les relevés de
charges - recueil des factures, ventilation
des éléments de charges, redressement
au moyen des DJU (degrés-jours unifiés
de la météo) pour tenir compte des variations
de climat d'une saison de chauffe à
l'autre, etc. - pour lequel les syndics
n'ont pour le moment ni la formation
- malgré la mobilisation de certaines
fédérations professionnelles comme la FNAIM et l'UNIS - ni la disponibilité,
en tous cas à grande échelle. Les conseils
syndicaux et les copropriétaires sont
appelés à la rescousse. Les associations
telles l'ARC (Association des responsables
de copropriété), très en pointe sur
le sujet, mettent à leur disposition
des "Eco-bilans"
en "do it
yourself",
dont un "bilan énergétique simplifié
et deux éco-bilans
"eau" et "électricité"
(1). Les fédérations professionnelles
mettent à la disposition de leurs syndics
adhérents le "Carnet de développement
durable", mis au point dans le
cadre du "Chantier copropriété"
du "Plan bâtiment Grenelle",
dans le même esprit. Une campagne nationale
"Un éco-bilan
pour tous" devait avoir lieu avec
l'appui du "Plan bâtiment Grenelle",
mais n'a pas vu le jour pour le moment
suite au remaniement gouvernemental...
Multiplicité des approches techniques
Au
delà, les propriétaires individuels,
les copropriétaires et conseils syndicaux
d'immeubles collectifs, et même la plupart
des syndics de copropriété s'avouent
un peu perdus quand il s'agit de déterminer
les travaux envisageables et les hiérarchiser.
Pour les premiers, l'ANAH a édité un
guide pratique des travaux de rénovation
thermique les plus efficaces (2), abordant
successivement les "classiques"
comme l'isolation des combles et toitures,
l'isolation des murs par l'intérieur
ou l'extérieur, l'isolation des planchers,
le changement du système de chauffage,
ou le remplacement des fenêtres, et
préconisant les meilleures associations
de travaux.
Pour les copropriétés les choses
sont plus complexes car elles dépendent
du type de construction, des travaux
déjà réalisés et de l'état d'entretien
et de vétusté de l'immeuble et de ses
équipements, notamment de production
de chaleur et d'eau chaude. La loi "Grenelle II" du 12 juillet 2010 a créé pour les syndics
des copropriétés dotées de chauffage
collectif l’obligation dans les 5 ans
à compter du 1er janvier 2012 de réaliser
: soit un "diagnostic de performance
énergétique" (qui n'a en fait rien
à voir avec le DPE mentionné plus avant
car concernant l'immeuble dans son ensemble),
soit pour celles qui comportent plus
de 50 lots (lots principaux ou tous
types de lots confondus ?) et dont la
date de dépôt de la demande de permis
de construire est antérieure au 1er
juin 2001, un "audit énergétique".
Ni l'un ni l'autre ne sont pour le moment
définis : les textes d'application sont
encore en chantier, mais par la force
des choses ces diagnostics ou audits
devront être rigoureux et approfondis,
car la loi Grenelle II a créé derrière
une deuxième obligation pour les
syndics, d’inscrire à l'ordre du
jour de l'assemblée générale des copropriétaires
qui suit l'établissement d'un diagnostic
de performance énergétique ou de l’audit
énergétique "la question d'un plan
de travaux d'économies d'énergie ou
d'un contrat de performance énergétique".
Tôt ou tard, les assemblées générales
devront être saisies et les discussions
s'annoncent animées !
Incertitudes sur les temps de retour
Le premier écueil auquel se heurtent ceux qui passent à l'acte est le choix des professionnels à qui
s'adresser pour les études et le plan
de travaux : seront-ils compétents,
seront-ils indépendants des fabricants
et prestataires - chauffagistes, fournisseurs
d'énergie, entreprises de gros oeuvre
? Pour les particuliers en maison individuelle,
le réseau des 235 "Espaces Info
Energie" (EIE) déployé par l'ADEME
(3) ou les Associations locales de l'énergie
(ALE) mises en place par certaines communautés
urbaines peuvent être d'un bon secours.
Pour les copropriétés, les syndics membres
de fédérations telles que la
FNAIM auront accès
à des partenaires sélectionnés ; les
copropriétaires pourront aussi avoir
accès aux sélections des associations
de consommateurs telles l'ARC. Des plaquettes
réalisées par l’ADEME sont disponibles
en ligne, comme celle mise à jour en
novembre 2010 sur la "Rénovation
énergétique en Copropriété" (4).
La question cruciale sera aussi le
temps de retour des investissements
envisageables, et le niveau de confiance
que les propriétaires ou copropriétaires
pourront avoir dans les promesses des
professionnels. Certains opérateurs
proposeront des "contrats de performance
énergétique" (CPE) : bien que des
contrats de ce type aient déjà été pratiqués
dans le passé par des chauffagistes,
c'est en fait une nouveauté dans l'esprit
de rénovations énergétiques plus ambitieuses.
Des premières expériences - englobant
des travaux sur le bâti et sur l'outil
de production de chaleur et d'eau chaude
- voient le jour dans l'immobilier tertiaire
(bureaux et centres commerciaux) et
dans le logement social. Leur négociation
n'est pas simple et demande une grande
technicité que les copropriétés et a
fortiori les particuliers n'auront pas.
Une difficulté particulière résidera
dans la nécessité de définir à la fois
ce qui doit être mesuré avant et après
travaux et comment on peut évaluer l'impact
des travaux en neutralisant les paramètres
extérieurs : climat, évolutions du mode
d'utilisation du bâtiment et autres
travaux réalisés simultanément. Les
protocoles devront inspirer confiance
à la fois à ceux qui commandent les
travaux, à ceux qui paient les dépenses
énergétiques et à ceux qui réalisent
les travaux.
Les groupes de travail du "Plan
bâtiment Grenelle", et notamment
le "Chantier copropriété",
et l'association "Planète copropriété"
qui en est issue ont identifié l'utilité
d'un nouveau métier à inventer : l'assistance
à maîtrise d'ouvrage (AMO). Un groupe
de travail "Innovations" préconise
une variante : la création d'un nouveau
métier d' "intégrateurs de services
à la performance énergétique".
Ces derniers devront fournir la préconisation
des travaux à réaliser, un plan de financement,
la sélection des entrepreneurs, et le
suivi des consommations.
En fait, l'offre globale mais avec en plus une garantie totale de
résultat se traduisant par un engagement
contractuel.
Problème : il s'agit d'un intervenant
de plus, s'ajoutant au maître d'œuvre,
et aux bureaux d'études et de contrôle
éventuels, qu'il faut rémunérer, et
les solutions qui évitent un alourdissement
des coûts d'investissement ne sont pas
encore trouvées...
Des aides et financements complexes et éparpillés
Aides et financements ne manquent pas,
mais là aussi ne règne pas la simplicité
:
- aides fiscales : le crédit d'impôt développement durable pour la résidence principale
; il est de plus en plus "raboté",
mais permet de récupérer encore de 13
à 36% du coût de certains équipements
;
-
L’Eco-prêt à taux zéro
(ou Eco-PTZ) :
il permet de financer jusqu'à 30.000
euros de travaux d'amélioration de l'efficacité
énergétique d'une maison ou d'un immeuble
collectif (dans ce cas il finance la
quote-part du copropriétaire des travaux
sur les parties et équipements communs
ainsi éventuellement que des travaux
dans le logement privatif).
Les opérations sont éligibles : si elles
mettent en oeuvre
un "bouquet de travaux", d'au
moins deux types ;
- subventions de l'ADEME, en
général aux études et diagnostics, plus
rarement aux travaux.
- les aides de l'ANAH, sous conditions
de ressources (travaux subventionnables jusqu'à 20.000 euros HT, taux de subvention
de 20% pour les ménages aux ressources
modestes et de 35% pour les ménages
aux ressources "très modestes".
A ces aides s'ajoutent celles du programme
national "Habiter Mieux" de
lutte contre la précarité énergétique,
également sous plafonds de ressources
;
- les aides prévues localement,
du conseil régional (région), du conseil
général (département), ou des communes
ou EPCI (communautés de communes, communautés
urbaines, communautés d’agglomération)
;
- les aides dites "sociales"
pour les propriétaires occupants modestes
: celles des centres communaux d’action
sociale (CCAS), des caisses de retraite
principales (soit retraité du régime
général de la Sécurité sociale
ou d’autres régimes spécifiques), des
caisses de retraite complémentaires
(ARRCO, AGIRC…), de la Mutualité sociale agricole (MSA), ou des caisses
d’allocations familiales (CAF).
Par ailleurs, les prêts bonifiés
peuvent constituer dans certains cas
un complément financier : différents
organismes peuvent les proposer : les
"Sacicap"
(Crédit immobilier de France), les collectivités
locales, les caisses de retraite, la MSA...
Sans oublier
les "Certificats d'économie d'énergie"
(CEE) : les grands fournisseurs
d’énergie (que la loi appelle les "obligés")
doivent, en application des directives
européennes prises dans le cadre de
l'application des accords de Kyoto,
faire faire des économies à leurs clients
selon des objectifs qui viennent d'être
fixés pour une deuxième période triennale
2011-2013. Ceux qui ne rempliront pas
leur objectif devront "acheter
des économies" réalisées par d'autres
; un consommateur tel qu'une copropriété
qui fait des travaux d'économie pourrait
théoriquement se faire délivrer des
certificats les attestant et les "vendre"
aux "obligés" qui en ont
besoin pour éviter de payer d'importantes
pénalités. Il y a donc un "marché"
des kWh économisés qui va devenir de
plus en plus actif et où les certificats
vont prendre de la valeur au fur et
à mesure que les objectifs deviennent
plus contraignants.
Dans
la pratique c'est un peu plus compliqué : depuis la mise en place de la seconde période de ce dispositif, suite
à la loi Grenelle II, les CEE ne
sont plus accessibles directement aux
copropriétés ; elles doivent négocier
la "valorisation" de leurs
économies avec leurs fournisseurs ou
les collectivités locales. Il se
met en place également des "courtiers"
qui peuvent négocier pour leur compte
cette valorisation contre rémunération...
Se posera par ailleurs le moment venu
le problème de la connaissance de
la valeur de marché des certificats
: les intervenants dans le dispositif
joueront-ils spontanément la transparence
?
A noter que les propriétaires de maisons individuelles
peuvent aussi en bénéficier : soit directement
de la part de leur fournisseur d'énergie
qui peut proposer des "primes"
pour travaux d'économie d'énergie, ou
via les chaînes de grande distribution
telles Leclerc et Auchan (d'autres suivront
certainement) qui offrent des primes
pour l'achat d'équipements tels que
pompes à chaleur, chauffe-eau solaires,
etc.
Le problème est la complexité de
tous ces dispositifs et l'absence de
guichet unique comme cela se pratique
notamment en Allemagne : il faut savoir
où aller les chercher, monter des dossiers
souvent complexes, combiner plusieurs
types de travaux en une fois, ce qui
suppose un audit et des études rigoureuses,
et un volontarisme à toute épreuve,
pas vraiment de mise par les temps actuels...
Difficulté supplémentaire en copropriété : l'essentiel des travaux est collectif et les financements
individuels, rendant nécessaire une
information et une coordination que
peu d'acteurs - syndics et conseils
syndicaux - sont à ce jour prêts à mettre
en œuvre.
Le poids du dilemme : pour gagner de l'argent, il
faut en dépenser...
Devant
des dépenses certaines et immédiates
et des bénéfices futurs plus hypothétiques,
le choix de l'attente est le plus fréquent,
d'autant que les approches, techniques,
méthodologies et compétences - voire
nouveaux métiers - sont encore loin
d'être à maturité ! Les énergies sont
encore bon marché, l' "Eco-taxe"
est pour le moment aux calendes grecques,
et l'attention portée à l'étiquette
énergétique par les acquéreurs et candidats
locataires encore récente. Certes, les
maisons énergivores ou les appartements
dans des immeubles "passoires thermiques"
vont progressivement décoter
par rapport aux "BBC" (bâtiments
basse consommation), neufs ou anciens
rénovés qui vont se multiplier.
Mais
beaucoup plus lentement dans les zones
de marché immobilier ou locatif "tendu",
où les prix et les loyers sont tirés
par une offre insuffisante !
Les forums
Internet tels que celui d'Universimmo
témoignent à longueur de sujets du scepticisme
- voire même de la méfiance - ambiant,
qui tranche avec le volontarisme affiché
par les animateurs du "Grenelle"
! Le pessimisme actuel des français
n'aide pas non plus à faire des paris
sur l'avenir. L'Etat, qui réduit les
moyens et s'épuise à proposer des "usines
à gaz", devrait en tenir compte
et s'alerter peut-être plus qu'il ne
le fait des premiers échecs tels que
celui de l'Eco-PTZ, en ne l'attribuant
pas à la seule crise économique...
II.
Réponse de l’ARC
Commentaire
posté par ARC (Association des Responsables
de Copropriété ,
le 24/1/2011
Monsieur le Président,
Nous avons lu avec beaucoup d’attention
et d’intérêt votre analyse très noire
de la situation des copropriétés face
au défi de la rénovation énergétique.
Nous ne pouvons qu’approuver vos constats,
à savoir :
1.
faible sensibilisation des copropriétaires
sur ces thèmes, faute, en particulier,
de renchérissement sensible des prix
de l’énergie ;
2.
grande complexité technique de la rénovation
thermique en copropriété ;
3.
mobilisation difficile d’aides financières,
par ailleurs non toujours adaptées ;
4.
à quoi s’ajoutent bien sûr les freins
traditionnels liés à la décision en
matière de gros travaux en copropriété.
Nous
sommes néanmoins très surpris que vous
n’indiquiez pas quelles pourraient être
les solutions à cette inertie potentiellement
dangereuse (car les problèmes sont devant
nous), solutions qui sont pourtant bien
connues de tous ceux qui s’occupent
de ces problèmes au quotidien, y compris
de vous-mêmes et de vos collaborateurs,
comme nous allons le voir.
Permettez-moi de revenir sur ces solutions
et de vous demander de bien vouloir
faire partager les réflexions suivantes
à vos visiteurs.
I. Le fonds travaux, point de levier
indispensable
a)
Pour qu’il y ait des décisions concernant
des travaux de rénovation ambitieux
et adaptés des copropriétés, il faut
impérativement d’abord et avant tout
mettre en place (par l’incitation ou
l’obligation) des fonds travaux dans
chaque copropriété, fonds affectés aux
lots. C’est d’ailleurs précisément ce
que montre et démontre le « livre
blanc » sur ce problème porté
par votre site.
b) En effet dès le moment où une copropriété a commencé d’épargner
pour les gros travaux, l’essentiel est
fait car les copropriétaires vont ensuite
forcément (quelle que soit leur stratégie
et situation) VOULOIR utiliser l’argent
épargné, ce qui va donc inciter les
copropriétés à programmer des travaux
adaptés et efficaces puis à les voter,
(c’est d’ailleurs ce qu’ont bien compris
d’autres pays comme le Québec, les Pays-Bas,
l’Allemagne, etc.).
c)
La mise en place de fonds travaux passe
par trois conditions :
1)
une mini-réforme fiscale : il suffit
que les intérêts générés par les placements
des copropriétés soient exonérés d’impôt
;
2)
une clarification concernant les frais
de syndic : il faut que ceux-ci ne puissent
prélever des frais (au titre de la garantie
des fonds mandants) sur les placements
sécurisés ;
3)
l’affectation des sommes épargnées au
lot et non à la personne ; à défaut
les copropriétaires refuseront d’utiliser
les fonds en espérant les récupérer
lors de la vente de leur lot.
Tous
les acteurs conscients du monde de la
copropriété l’ont compris qu’était LÀ le point de levier de toute politique
de dynamisation des copropriétés et
que rien d’efficace ne serait fait sans
cela.
Il faut donc - de toute urgence - agir
ensemble pour que les Pouvoirs publics
aillent dans ce sens et mettent en place
les trois conditions évoquées. A défaut,
en effet, rien ne sera possible en copropriété.
II.
Les financements collectifs eux aussi
indispensables
L’autre
condition indispensable (point aveugle
malheureusement des Pouvoirs publics)
concerne le problème des financements
et aides collectives.
Chacun sait bien qu’il faut mettre en
place des plans de financements des
travaux qui reposent d’abord non
sur la mobilisation individuelle des
aides, mais sur des financements collectifs.
D’où l’importance qu’il y aurait de
créer - à côté d’un éco-prêt individuel
qui marche très faiblement en copropriété
- un éco-prêt collectif, ce que nous
sommes nombreux à réclamer depuis dix-huit
mois.
D’où aussi l’idée de mobiliser MIEUX
et d’avantage les CEE (Certificats d’Economie
d’Energie) au profit des syndicats de
copropriétaires, comme vous le dites
également.
Ajoutés aux sommes qui seraient mobilisables
grâce aux « fonds travaux » ces
financements doperaient les montages
financiers et permettraient alors aux
aides individuelles et sociales de jouer
pleinement de leur efficacité, alors
qu’elles restent aujourd’hui des déclencheurs
insuffisants.
III. Une fonction incontournable et essentielle : celle d’accompagnateur
à la rénovation énergétique
Dernière condition indispensable
: il faut mettre en avant, voire financer,
une nouvelle fonction qui est celle
« d’accompagnateur à la rénovation
énergétique dans les copropriétés
» ; cette fonction se caractérise ainsi
:
-
aider
les copropriétés à accoucher
de programmes pluriannuels de travaux
;
-
aider
les copropriétés à mobiliser les fonds
nécessaires ;
-
aider
les copropriétés à sélectionner des
équipes de maîtrise d’œuvre apportant
des garanties de résultats.
Telles sont les tâches de cet accompagnateur
qui ne peut être ni le syndic ni un
des acteurs traditionnels de la rénovation
(thermicien ou architecte).
Il faut non seulement valoriser
cette fonction nouvelle (en en montrant
le caractère incontournable) mais montrer
aussi son caractère efficace d’un point
de vue économique.
Or
aujourd’hui, ceux qui en parlent (et
vous en parlez à juste titre dans votre
article) se contentent trop souvent
de déplorer qu’il s’agit d’un acteur
supplémentaire, induisant donc de nouveaux
frais, ce qui clôt trop vite le débat
et ferme ainsi la porte à la rénovation
énergétique efficace des copropriétés.
Résumons :
- Fonds travaux
adaptés.
-
Financements
collectifs.
-
Mise
en place d’accompagnateur de rénovation
énergétique.
Telles sont les trois conditions, en
fait assez simples, qui permettraient
de passer de la situation actuelle (pessimisme
; atonie, absence de projet) à la situation
économique, sociale et écologique nécessaire,
celle de la rénovation énergétique globale
adaptée et efficace.
Nous pensons qu’il faut parler davantage
de ces trois conditions et agir pour
que des décisions politiques claires
en accompagnent la mise en œuvre.
Vous
remerciant de l’attention portée à notre
réaction et à nos suggestions, je vous
prie de recevoir, Monsieur le Président,
l’assurance de mes salutations distinguées.
Fernand Champavier
Le
Président de l’Arc.