L’Assemblée
Nationale a examiné au pas de charge la loi
Grenelle
2, loi qui devait (soit disant) nous permettre
de relever les grands défis énergétiques et
écologiques.
Pour
nous, le compte n’y est pas vraiment.
I.
Deux modifications à la loi de 1965 acquises depuis longtemps.
En
fait, l’Assemblée Nationale n’a, pour l’essentiel,
fait qu’intégrer ce qui était déjà acquis depuis
longtemps (et déjà voté par le sénat).
-
La majorité,
pour voter les gros travaux d’économie d’énergie
(amortissables sur plus de 10 ans) est abaissé
(ce sera la majorité de l’article 25 et non
plus la double majorité).
-
Certains travaux
sur parties privatives (dès lors qu’ils ont
des incidences sur les consommations de chauffage) pourront être décidés par l’assemblée également
à la majorité de l’article 25 ; ce sont les travaux dits d’«intérêt collectif»
(exemple : changement de fenêtre).
Néanmoins
la loi prévoit que cela n’est possible que si
des travaux équivalents n’ont pas été effectués
dans les 10 dernières années. Il faudra un décret
pour y voir plus clair.
II.
La substitution de l’audit énergétique au DPE pour les
copropriétés de plus de 20 lots.
On note une seule vraie nouveauté : le fait
d’obliger les copropriétés de plus de 50 lots
principaux à effectuer un « audit énergétique »
en lieu et place du DPE (Diagnostic de Performance
Énergétique) collectif institué par le sénat.
Cette
nouveauté n’est pas négligeable (le DPE coûte
cher et ne sert À RIEN) mais les députés l’ont
un peu vidé de son sens en instaurant un seuil
élevé.
Nous
espérons que la commission paritaire sénateurs-députés pourra abaisser ce seuil.
III.
Retour sur les répartiteurs de chaleur.
Enfin
les députés ont introduit dans la loi une phrase
pour préciser que la majorité requise pour poser
des répartiteurs de chaleur (le décret ne date
QUE de 1991…) était celle de l’article 25 ;
c’est à ce genre de détail qu’on mesure
le côté révolutionnaire du Grenelle 2…
Conclusion
« Beaucoup
de bruit pour pas grand-chose ».
Nous
sommes déçus car le Grenelle 2 n’apporte, en
effet, pas grand-chose.
Nous pensions que ce « défi économique
et écologique » serait l’occasion de voter
des dispositions pour sortir les copropriétés
de l’ornière en matière :
-
de plan pluriannuel
et travaux (y compris des travaux de
rénovation énergétique)
-
de mise en place
d’outils financiers nouveaux
Rien
de tout cela. (Voir
nos propositions : « Éco-plan
- Éco-fond »).
Nous
reviendrons sur le sujet lorsque la commission
paritaire se sera réunie et que la loi sera
définitivement votée.
Mais les derniers réglages ne se feront
qu’à la marge, malheureusement.