Lorsque nos
adhérents nous disent : « La
justice est inefficace, lente et chère », nous leur
répondons souvent : « Oui
et non. Certes, le Tribunal de Grande Instance est souvent lent
et parfois décevant, mais la justice d’instance peut être -
au contraire de ce qu’on pense, généralement à tort - rapide
et efficace ».
Voici un
nouvel exemple particulièrement étonnant puisqu’il met en scène :
-
La
société OTIS, géant de l’ascenseur (premier groupe mondial) ;
-
Un
syndic bénévole adhérent à l’ARC ;
-
un juge de proximité.
Lisez, braves
citoyens, et réconciliez-vous avec cette « justice de paix » (le joli mot, quand on y pense) qui est la
nôtre et malencontreusement rebaptisée « justice de proximité ».
Ah !
À propos. Admirez aussi, au passage, la détermination de notre
adhérente syndic bénévole.
« Monsieur le Président,
Je vous envoie le compte rendu du procès verbal de la procédure qu' en tant que syndic non professionnel de ma
copropriété, j'ai engagée à l'encontre d' « Otis » , pour des
prestations réglées mais non effectuées par ce prestataire.
Le nombre des visites non effectuées se portait à cinq.
Comme,
à son habitude, cet ascensoriste, restait sourd à mes réclamations.
J'ai donc engagé
auprès du juge
de proximité du Tribunal d'Instance, une assignation.
Puisque le contrat
a été résilié au 30/09/2005, je demandais le remboursement de
ces visites.
L'audience s'est tenue le mardi 21/02/2006.
« OTIS »,
représenté par une personne de son service juridique, se proposait
de rembourser sur 600 € (le montant des cinq visites), seulement 340 € ! En effet, curieusement, OTIS estimait qu’une
visite d’entretien ne se calcule non pas sur
le montant annuel des prestations divisé par 12, mais sur
18, prix sur lequel on applique ensuite
(selon OTIS, toujours) un coefficient minorateur (0.73).
Je n'ai pas
accepté et vous comprendrez pourquoi !
Alors, d'un commun accord, la représentante d'« Otis » et moi, nous nous
sommes entendus sur le remboursement, à savoir:
-
600 € pour les cinq visites non effectuées et remboursées dans
leur totalité ( 3ème trimestre 2005 et deux visites 2004);
- 300 € en dédommagement.
Soit un total de 900 € à régler au plus tard avant le
5 mars 2006.
Le PV a été rédigé le jour même et le chèque m'est parvenu la semaine
dernière.
Voilà une bonne
nouvelle !
Je tiens à préciser trois points :
1)
Oui, le Tribunal d'Instance est bien
le Tribunal compétent pour un syndicat de copropriétaires dans
une affaire comme celle-ci et c’est le tribunal du lieu où est
située la copropriété. Dans mon cas, ça a été le TI
de Palaiseau, dans l'Essonne (91), alors qu’Otis se trouve dans
les Hauts de Seine (92).
2)
La juridiction de proximité du TI est
compétente dans un conflit entre un syndicat de copropriétaires
et un tiers, et le syndicat est bien sûr représenté par son
syndic ;
3)
Malgré la taille de l'entreprise, elle
ne s'est pas faite représentée par un avocat.
La
personne présente, du service juridique, a été à mon étonnement,
très agréable et très conciliante.
À aucun moment
elle n'a nié les torts sur les carences constatées et a même
cherché à résoudre ce désaccord sitôt l'audience ouverte.
Le but de ma
démarche a été purement dans le sens de me faire rembourser
la totalité des visites non réalisées.
Je me suis présenté au Tribunal, sans avocat, avec juste mes convictions
et un peu d'espoir.
Un petit mot de remerciement à M.
Aubry, qui préside la Commission Ascenseusr de l’ARC, sans qui,
dans un moment d'hésitation, je ne serais peut être pas allée
jusqu'au bout.
Veuillez recevoir,
Monsieur le Président, mes sincères salutations ».
Bravo donc au juge mais aussi, naturellement,
à notre adhérente syndic bénévole.