Le
numéro de septembre 2007 du Dossier Familial a consacré un article
au syndic bénévole et prouve qu’avec un peu d’aide (celle de l’ARC)
l’exercice est non seulement facile, mais, comme on dit « payant »
dans tous les sens du terme.
Voici l’article :
« Difficile
de trouver un syndic professionnel qui prenne en charge une petite
copropriété. Faire appel à un volontaire choisi parmi les copropriétaires
peut être une solution. Avec des économies à la clé.
Ravalé de frais,
ce petit immeuble,
situé dans le XX" arrondissement de Paris, paraît bien entretenu.
« C'est un des chantiers les plus importants que j'aie
eu à suivre, confie Yves, syndic non professionnel. Heureusement, ce genre de tâche est exceptionnelle. ».
Le « mandat
» d'Yves prendra fin lors de l'assemblée générale appelée à se
prononcer sur les comptes de l'exercice 2007. En effet, une des
règles de cette petite copropriété, un appartement par étage sur
cinq niveaux - « et un petit jardin », précise-t-il
- est de faire assumer par chacun à tour de rôle la responsabilité
de syndic. « Cette règle
ne connaît que quelques exceptions », continue-t-il.
« C'est le cas lorsque la fonction devrait échoir à un copropriétaire
nouvellement arrivé. On lui laisse alors le temps de s'installer ».
Pour Yves,
cette rotation est une des clés du succès : après avoir assumé la responsabilité
de syndic, chaque copropriétaire se sent davantage concerné par
la marche de la maison et, de plus, il est indulgent avec l'actuel
titulaire de la fonction.
« Même si cette pratique se développe, ce n'est
pas la règle générale », précise Patrick Pollantru, juriste à l'Association des
Responsables de Copropriété (ARC) « dont un adhérent sur
cinq est syndic non professionnel. Il
faut en effet que les copropriétaires aient envie d'assumer ces
responsabilités et qu'ils en aient les capacités. Il faut également
qu'ils puissent s'appuyer sur une structure telle que la nôtre
qui les aide en cas de besoin. Pour la gestion du personnel, par
exemple, nous proposons d'établir les feuilles de paie et d'effectuer
les déclarations sociales dans le cadre de notre coopérative Copropriété-Services ».
« Restent à
gérer tous les problèmes quotidiens. Et les éventuels recrutements
ou licenciements du personnel pour le nettoyage, qui font choisir
à certains - même si le coût est plus élevé - un prestataire de
services ».
Une demi-journée par semaine.
C'est en effet
l'une des responsabilités du syndic bénévole : il doit payer
les différents fournisseurs et tenir la comptabilité, une charge
qui demande environ une demi-journée par mois mais qu'il faut
accomplir régulièrement. D'autant plus que la législation impose
aux copropriétés de nouvelles règles comptables (décret du 14
mars 2005) applicables depuis le 1er janvier 2007
: une comptabilité en partie double - avec cependant une dérogation
pour les copropriétés de moins de dix lots avec moins de 15 000
€ de budget.
Le
travail le plus important se situe en fin de mandat, lorsqu'il
faut préparer les documents pour l'assemblée générale. Temps fort
de l'année, celle-ci s'inscrit dans un formalisme strict. « La
totalité des millièmes est représentée à chaque fois »,
se réjouit Yves. « Cela
demande juste un peu de coordination pour dénicher la date qui
convient à tout le monde ».
Ensuite,
la convocation doit être remise contre émargement ou envoyée
par lettre recommandée avec avis de réception dans les délais
(vingt et un jours avant au minimum), accompagnée des documents
requis : situation financière et trésorerie en fin d'exercice,
état des dettes et créances, détail des charges et produits pour
opérations courantes (sur budget), par poste (électricité, eau...)
et par nature de charges (générales, bâtiment, escalier...) ainsi
que des charges et produits pour travaux et autres opérations
exceptionnelles (hors budget), état d'avancement des travaux (votés,
appelés, réglés, soldes), propositions de résolutions et budget
prévisionnel.
Dans le courant
de l'année, la liste des tâches est rythmée par les appels trimestriels
de charges. Sans oublier la résolution des mille et un problèmes
de la vie quotidienne. Côté recettes, il doit faire parvenir aux
copropriétaires les appels trimestriels de charges et s'assurer
de leur règlement. Côté dépenses, il doit payer les factures
: contrats d'entretien (chauffage collectif, électricité, eau,
ascenseur, extincteurs, désinsectisation, porte automatique de
parking, etc.), assurances, factures pour le ménage, la sortie
des conteneurs à ordures, etc. Il doit faire intervenir les entreprises,
et suivre les travaux votés lors de l'assemblée générale. « Finalement, nous gérons notre immeuble comme un particulier gère une
maison individuelle, le formalisme en plus », conclut
Yves ».
Les voies de la réussite
Quatre facteurs facilitent
la réussite de la gestion par un non-professionnel
d'une copropriété :
►un faible
nombre de lots (jusqu'à vingt-cinq dans une configuration simple selon l'ARC)
;
►une bonne entente entre
les différents copropriétaires, qui peut déboucher
sur une fonction de syndic, tournante ;
►l'adhésion quasi obligatoire
à une association de copropriétaires (telle l’ARC - qui inclut une assurance de syndic non professionnel dans
sa cotisation) (assistance juridique, comptable, gestion du ' personnel, technique, achat
produits...);
► une majorité
de copropriétaires occupants.
Préparer l’état daté
Réunir les documents
demandés par le notaire en cas de vente d'un lot est l'une des
tâches demandées au syndic bénévole. Ce sont les diagnostics
concernant les parties communes (plomb, amiante), les états
financiers (du vendeur par rapport au syndicat et du syndicat
par rapport au vendeur) et une copie du carnet d'entretien de
l'immeuble. La nouvelle législation (septembre 2004) prévoit
que seules les charges appelées, dites exigibles (et non plus
toutes les charges votées à l'AG précédente), sont dues par
le copropriétaire vendeur.