ARC : Les syndics bénévoles/ 21 12 05 / ©

Les syndics bénévoles et " Intérêts Privés "


Dans une chronique très pertinente de son numéro de décembre 2005, le journal " Intérêts Privés " décrit la situation plutôt noire en matière de " syndics de copropriété " qui est celle de notre pays.

Nous vous invitons vivement à lire cette chronique que nous reproduisons dans un article intitulé " Les grands groupes de syndics étrillés par Intérêts Privés ".

Le chroniqueur du journal commet cependant une erreur dans son article. Il dit en effet ceci :

Certains rêveurs pensent que le syndic bénévole ou coopératif est une solution. Mais c’est oublier que la technicité des textes et de la tâche transforme cette voie en impasse, sauf pour les immeubles de cinq ou six lots, et encore ".

Le chroniqueur " d’Intérêts Privés " connaît visiblement bien les grands groupes de syndics et le monde des syndics professionnels. Mais, visiblement aussi, il connaît moins biens les syndics bénévoles.

Nous sommes heureux donc de revenir sur le problème.

    I. " Certains rêveurs " dit-il

Ce terme, même, montre que son auteur connaît peu le monde des syndics bénévoles pourquoi ?

Tout simplement parce que le choix de la gestion directe n’est JAMAIS un choix " idéologique " mais, au contraire, un choix rationnel dicté par la réalité.

Les personnes qui décident de gérer elles-mêmes leur copropriété le font :

  1. parce qu’elles ne supportent plus de courir après un syndic fantôme ;
  2. parce qu’elles ne supportent plus la hausse continue des charges ;
  3. parce qu’elles ne supportent plus la dégradation de l’entretien de leur immeuble.

Les " rêveurs " comme il dit sont d’abord des personnes qui essayent d’échapper à un certain cauchemar ; le contraire de rêveurs, précisément.

    II. La technicité des textes et de la tâche " dit-il

    Technicité " n’est pas du tout le mot.

    Le problème est plutôt un problème de " complexité " : la copropriété est d’abord un univers " complexe ". Or, la " complexité ", " c’est comme un nœud multiple : pour le défaire il ne s’agit pas de " technicité ", mais de patience et de temps. Et le temps c’est d’une part ce dont dispose le moins (et de moins en moins) les professionnels, d’autre part en premier lieu (mais pas uniquement…) les " bénévoles ".

    Prenons un exemple de " complexité " : la gestion de l’eau dans une copropriété : rien de vraiment " technique " là-dedans, mais " complexe ", certainement ; complexe le relevé des compteurs ; complexe l’exploitation minutieuse des listings, le suivi des évolutions, des différences entre les consommations générales et le total des consommations individuelles et le repérage des dysfonctionnements qui sont non techniques, etc.

    Or chacun sait que les professionnels de la gestion immobilière sont vite dépassés par la " complexité " de cette gestion, alors même que des bénévoles - parce qu’ils connaissent les gens, les lieux, les usages et suivent les problèmes sur place - s’en sortent merveilleusement bien.

    Le reste, c’est-à-dire la complexité " réglementaire " (car c’est cela qui est sous entendu dans l’article d’Intérêts Privés) ou juridique est résolu facilement par la lecture de bons ouvrages de vulgarisation (comme ceux de l’ARC) et de bons conseils associatifs (comme ceux de l’ARC).

    III. Une impasse "  dit-il

    L’étude complète que l’ARC a conduite sur les syndics bénévoles et que nous vous invitons à lire montre non seulement que la gestion directe n’est pas une " impasse ", mais que c’est une voie efficace, sécurisante souvent et surtout, " pérenne " (60 % des immeubles concernés sont en gestion directe depuis plus de dix ans).

    Alors pourquoi parler d’impasse ?

    IV. Un paradoxe, disons-nous

Curieux, tout de même. Le chroniqueur " d’Intérêts Privés " démontre que les syndics actuels sont phagocytés par les grands groupes et sont caractérisés par la cherté de leurs honoraires (base + particuliers) d’une part et la baisse de qualité de service d’autre part, mais dans le même temps il traite " d’impasse " une alternative non seulement crédible, mais, dirons-nous, de plus en plus crédible.

Conclusion

De même que l’énergie solaire devient plus crédible avec l’augmentation du prix du fioul et la diminution des ressources naturelles, de même le syndic non professionnel devient de plus en plus crédible au fur et à mesure :

- de la concentration économique dans ce secteur dont les effets sont justement dénoncés par le chroniqueur " d’Intérêts Privés " ;

- de la dégradation du service.

Pour aller plus loin : notre " enquête sur les syndics bénévoles ".et notre guide : " Gérer soi-même sa copropriété et son ASL " qui remet à sa place bien des fariboles qui courent sur ce sujet délicat.

 

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