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Dans une chronique très
pertinente de son numéro de décembre 2005, le journal
" Intérêts Privés "
décrit la situation plutôt noire en matière
de " syndics de copropriété "
qui est celle de notre pays.
Nous vous invitons vivement
à lire cette chronique que nous reproduisons dans un article
intitulé " Les
grands groupes de syndics étrillés par Intérêts
Privés ".
Le chroniqueur du journal commet
cependant une erreur dans son article. Il dit en effet ceci :
" Certains rêveurs
pensent que le syndic bénévole ou coopératif
est une solution. Mais c’est oublier que la technicité des
textes et de la tâche transforme cette voie en impasse, sauf
pour les immeubles de cinq ou six lots, et encore ".
Le chroniqueur " d’Intérêts
Privés " connaît visiblement bien les
grands groupes de syndics et le monde des syndics professionnels.
Mais, visiblement aussi, il connaît moins biens les syndics
bénévoles.
Nous sommes heureux donc de
revenir sur le problème.
I. " Certains rêveurs "
dit-il
Ce terme, même, montre
que son auteur connaît peu le monde des syndics bénévoles
pourquoi ?
Tout simplement parce que le
choix de la gestion directe n’est JAMAIS un choix " idéologique "
mais, au contraire, un choix rationnel dicté par la réalité.
Les personnes qui décident
de gérer elles-mêmes leur copropriété
le font :
- parce qu’elles ne supportent plus de courir
après un syndic fantôme ;
- parce qu’elles ne supportent plus la hausse
continue des charges ;
- parce qu’elles ne supportent plus la dégradation
de l’entretien de leur immeuble.
Les " rêveurs "
comme il dit sont d’abord des personnes qui essayent d’échapper
à un certain cauchemar ; le contraire de rêveurs,
précisément.
II. " La technicité
des textes et de la tâche " dit-il
" Technicité "
n’est pas du tout le mot.
Le problème est plutôt
un problème de " complexité " :
la copropriété est d’abord un univers " complexe ".
Or, la " complexité ", " c’est comme
un nœud multiple : pour le défaire il ne s’agit pas de
" technicité ", mais de patience
et de temps. Et le temps c’est d’une part ce dont dispose le moins
(et de moins en moins) les professionnels, d’autre part en premier
lieu (mais pas uniquement…) les " bénévoles ".
Prenons un exemple de " complexité " :
la gestion de l’eau dans une copropriété :
rien de vraiment " technique " là-dedans,
mais " complexe ", certainement ; complexe
le relevé des compteurs ; complexe l’exploitation
minutieuse des listings, le suivi des évolutions, des différences
entre les consommations générales et le total des
consommations individuelles et le repérage des dysfonctionnements
qui sont non techniques, etc.
Or chacun sait que les professionnels
de la gestion immobilière sont vite dépassés
par la " complexité " de cette
gestion, alors même que des bénévoles - parce
qu’ils connaissent les gens, les lieux, les usages et suivent
les problèmes sur place - s’en sortent merveilleusement
bien.
Le reste, c’est-à-dire
la complexité " réglementaire "
(car c’est cela qui est sous entendu dans l’article d’Intérêts
Privés) ou juridique est résolu facilement par la
lecture de bons ouvrages de vulgarisation (comme ceux de l’ARC)
et de bons conseils associatifs (comme ceux de l’ARC).
III. " Une
impasse " dit-il
L’étude complète
que l’ARC a conduite sur les syndics bénévoles et
que nous vous invitons à lire
montre non seulement que la gestion directe n’est pas une
" impasse ", mais que c’est une voie efficace,
sécurisante souvent et surtout, " pérenne "
(60 % des immeubles concernés sont en gestion directe depuis
plus de dix ans).
Alors pourquoi parler d’impasse ?
IV. Un
paradoxe, disons-nous
Curieux, tout de même.
Le chroniqueur " d’Intérêts Privés "
démontre que les syndics actuels sont phagocytés par
les grands groupes et sont caractérisés par la cherté
de leurs honoraires (base + particuliers) d’une part et la baisse
de qualité de service d’autre part, mais dans le même
temps il traite " d’impasse " une alternative
non seulement crédible, mais, dirons-nous, de plus en plus
crédible.
Conclusion
De même que l’énergie
solaire devient plus crédible avec l’augmentation du prix
du fioul et la diminution des ressources naturelles, de même
le syndic non professionnel devient de plus en plus crédible
au fur et à mesure :
- de la concentration économique
dans ce secteur dont les effets sont justement dénoncés
par le chroniqueur " d’Intérêts Privés " ;
- de la dégradation du
service.
Pour aller plus loin :
notre " enquête
sur les syndics bénévoles ".et notre
guide : " Gérer
soi-même sa copropriété et son ASL "
qui remet à sa place bien des fariboles qui courent sur ce
sujet délicat.
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